L'élection de François Mitterrand met un terme à 83 ans de règne de la droite
Francis SITEL
Giscard a été battu ! François Mitterrand, candidat du Parti socialiste (PS), soutenu par l'ensemble des forces politiques et syndicales du mouvement ouvrier français, a été élu président de la République. C'est évidemment un événement de grande ampleur dont les conséquences, tant au plan français qu'européen, sont d'ores et déjà sensibles.
D'autant qu'il s'agit d'un succès incontestable, puisque, avec 51,75% des voix (plus de 52% en France métropolitaine), François Mitterrand l'emporte de plus d'un million de voix sur son concurrent, alors que tout le monde pronostiquait que le résultat se jouerait - comme en 1974 — dans un mouchoir de poche (1).
Dans la France entière, dès le soir du 10 mai, cette victoire fut saluée par une formidable explosion de liesse populaire. Spontanément, cortèges et rassemblements se sont multipliés dans toutes les villes. A Paris, ce sont sans doute plus de 200 000 personnes qui sont descendues dans la rue pour fêter leur victoire et manifester leur joie. TROIS ANNEES DE DIVISION...
On était alors bien loin du climat de scepticisme et du sentiment d'impuissance qui régnaient il y a quelques mois encore, quand beaucoup considéraient que la droite ne pouvait être délogée du pouvoir. Il faut dire que le régime ne s'est pas fait faute d'user au maximum des immenses moyens qui étaient à sa disposition pour assurer la pérennité de son pouvoir. Mais, surtout, l'échec de la gauche aux élections de mars 1978 - conséquence de l'éclatement de l'Union de la gauche (2) provoqué par le Parti communiste français (PCF) -, et les polémiques virulentes entre PC et PS, avaient laissé au cœur des travailleurs un sentiment d'écœurement profond. Or, depuis 1978, la division n'a fait que s'approfondir et multiplier ses ravages. Et ce, à un moment où la crise capitaliste et la politique d'austérité du gouvernement Raymond Barre frappaient de plus en plus durement les travailleurs. Ainsi, tandis que la classe ouvrière voyait son pouvoir d'achat baisser, le chômage prendre une ampleur de plus en plus dramatique, tous ses acquis menacés, les syndicats et partis traditionnels donnaient le spectacle lamentable de leurs polémiques et de leur impuissance à organiser la moindre riposte.
Pourtant, ceux qui refusaient cette logique infernale de la division et de l'impuissance, pouvaient trouver des raisons
La mobilisation qui s'était opérée au cours de l'année 1980 en défense de la Sécurité sociale (3) avait montré que combativité ouvrière restait forte ; le vote massif pour les syndicats ouvriers lors des élections prud'hommales (4) révéque, malgré la désyndicalisation, la conscience de classe des travailleurs n'était pas entamée ; quant aux élections législatives partielles intervenues au cours du mois de novembre 1980, elles montraient que les rapports de forces électomaintenaient malgré la division. Et partout, dans les entreprises, les syndicats, à travers l'affirmation du courant « Union dans les luttes » qui regroupe des militants de diverses organisations ouvrières, apparaissaient la vigueur de l'aspiration unitaire et les résistances de plus en plus fortes - au sein même de la classe ouvrière - à la politique de division des
Une classe ouvrière qui n'a pas subi de défaite majeure depuis mai 1968 pour laquelle l'expérience de l'échec de mars 1978 et de la division qui s'en est suivie constitue un capital politique dont elle tire progressivement les leçons.
C'est pourquoi le résultat de l'élection présidentielle est, avant tout, l'expression de la volonté de changement qui existe parmi les travailleurs. Celle-ci, sous pression durant sept ans de giscardisme, bridée par la politique de division — mais
-, s'est exprimée avec une force formidable le 26 avril et le 10 mai.
Beaucoup de commentateurs tentent, 1. Au second tour de l'élection présidentielle de 1974, le 19 mai, Valéry Giscard d'Estaing l'avait emporté avec 13 396 203 suffrages (50,81 %) sur Francois Mitterrand qui n'avait recueilli que 12 971 604 voix (49.19 % des suf-
2. La rupture de l'Union de la gauche est formellement intervenue en septembre 1977. lors des discussions sur « l'actualisation du Programme commun ». Cette rupture avait été précédée au cours du premier semestre 1977, d'une escalade dans la polémique du PCF contre le
La rupture de l'Union de la gauche et surtout la politique de division qui devait s'ensuivre, avec le refus du PCF de s'engager par avance au désistement en faveur des candidats ouaux élections législatives de mars 1978 l'ancienne majorité de droite, qui avait été massivement défaite un an plus tôt aux élections municipales.
3. Aprês l'échec de la gauche aux législatives de 1978, la division s'est accentuée, notamment sur le terrain syndical, au moment où le gouvernement et le patronat ont multiplié les attaques contre les acquis sociaux des travail-
FRANCE à présent, de réduire la portée de l'événement aux dimensions d'un échec personnel de Giscard qui aurait été provoqué par son arrogance et son autoritarisme. Incontestablement, un phénomène de rejet a joué, faisant apparaître l'élection de François Mitterrand comme un moyen de renvoyer à ses châteaux ce monarque républicain devenu insupportable et discrédité par les multiples et sordides scandales qui sont venus éclabousser le régime. Il s'agit là d'une aspiration démocratique profonde que François Mitterrand a su exprimer dans une formule qui ne pouvait que rencontrer un écho profond : « 7 ans, c'est déjà beaucoup, 14 ans c'est tellement
Mais ce facteur ne saurait, à lui seul, expliquer ce qui s'est passé. D'une part - à la différence de 1974 —, le débat politique a essentiellement porté sur les questions liées à la crise, en premier lieu le chômage. Et si François Mitterrand a gagné, c'est que, tout en cultivant le flou sur ses propositions et tout en refusant de prendre des engagements clairs, il s'est appuyé sur un mécontentement populaire très profond, en dénonçant les effets de sept ans de giscardisme sur les conditions de vie des travailleurs, et en préconisant une « autre politique » donnant la priorité à la question de l'emploi.
D'autre part, la • de François Mitterrand, ce qui lui a permis d'éliminer sans appel son concurrent au sein du PS, Michel Rocard, c'est qu'il est apparu comme celui qui, après avoir été le candidat de la gauche en 1965(5) et 1974, s'est efforcé de maintenir, malgré leurs. Mais le maintien de la forte combativité ouvrière, qui se concrétisa dans des manifestations de rues organisées par la CFDT et la CGT en mai 1980, contraignait le gouvernement à retirer le projet de loi Berger visant à démanteler la Sécurité sociale, une conquéte arrachée par la classe ouvrière à la Libération.
4. Les prudhommes sont des tribunaux du travail. composés paritairement de représentants du patronat et des organisations syndicales.
5. En 1965, François Mitterrand, dirigeant de la Convention des institutions républicaines, un club politique bourgeois, devenait président de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui regroupait, avec les conventionnels, le Parti socialiste et le Parti radical. Candidat aux élections présidentielles où il devait mettre De Gaulle en ballotage au premier tour, Mitterrand reçut le soutien inconditionnel du PCF qui renonca à présenter son propre candidat et à défendre son point de vue. C'est pour s'être opposés à ce ralliement que des oppositionnels de gauche au sein de l'UEC et du PCF furent exclus. Ils fondèrent la Jeunesse communiste révolutionnaire. Mais c'est une autre histoire..
cette crise interne du régime, qui n'a fait au second tour apparaissait comme possiles attaques du PCF, la ligne d'Union de la gauche. Ainsi, il a pu donner une image de marque unitaire au PS, face au PCF qui déchaînait la division, pouvant ainsi compter sur les voix communistes quelles que soient les consignes de la direction du
C'est dire que la victoire de François Mitterrand, dans une situation d'usure extrême du régime de Giscard et de crise profonde de la majorité RPR-UDF (6), est le produit direct de l'aspiration unitaire et de la volonté de changement des tra-
Ces deux facteurs sont d'ailleurs liés : c'est parce que Giscard s'est heurté à la combativité et à la radicalisation ouvrières, qui résistaient à la division, qu'il a échoué dans son projet de marginalisation d'affirmation comme parti bourgeois hégémonique. Et Le PCF a payé électoralement au prix fort sa politique de division. (DR)
RENAUM
Ta glé du
NON A LA
changement
un parti
communiste
plus fort
que s'aggraver ces derniers mois, a rendu possible la victoire de François Mitter-
Ces données se sont manifestées très clairement au soir du premier tour.
« président sortant avec tout ce que cela implique », comme l'a dit pudiquement un commentateur bourgeois -, ne recueillait que 28% des suffrages, contre 32,6% en 1974. La droite dans son ensemble rassemblait 49 % des voix, contre 52% en 1974. Tandis que François Mitterrand atteignait 26 % et la gauche dans son ensemble 47 % (contre 46 % en 1974). Et les écologistes faisaient près de 4 % des voix.
C'est dire que, malgre la division, la que la droite régressait et que Giscard était très clairement en perte de vitesse.
Dès lors, une victoire de Mitterrand
RENAULT
Trava de F ble. Tout étant fonction de la façon dont s'effectueraient les reports de voix ; d'une part, des voix communistes sur François Mitterrand, d'autre part, des voix gaullistes sur Giscard.
DE GEORGES MARCHAIS
Or, c'est là qu'est intervenu un des faits fondamentaux du premier tour : le recul massif du score électoral du PCF. Alors que celui-ci visait à préserver un résultat avoisinant les 20%, il subissait avec 15,35 % des voix un échec monumental, perdant environ un quart de son élec-
C'était le prix de sa politique de division qui ne visait à rien de moins qu'à assurer la réélection de Giscard. Après avoir proclamé, dès septembre 1980, que le désistement automatique était « une formule périmée », la direction du PCF s'était acharnée pendant des mois à approfondir la division. Dirigeant toutes ses attaques contre le PS et François Mitterrand, annonçant qu'une élection de celui-ci ne changerait rien à la situation — voire l'ag-
→, elle pimentait le tout des scandaleuses opérations anti-immigrés de Vitry et de Montigny-lès-Cormeil (7).
Fin mars 1981, la direction du PCF a tenté d'infléchir sa campagne afin de lui donner une apparence plus unitaire en mettant en avant l'exigence de ministres communistes, ce qui supposait une volonté de battre Giscard et de s'inscrire dans une future perspective d'union. Au moment où la direction du PS refusait de s'engager sur cette question des ministres communistes et faisait des ouvertures en direction de la droite — prenant ainsi sa
6. Le Rassemblement pour la république (RPR) est la nouvelle appellation du parti gaulliste, hériter de l'UNR et de PUD Ve République. Après l'échec électoral de Chaban-Delmas aux présidentielles de 1974, c'est Jacques Chirac, qui avait soutenu dans cette confrontation Giscard et qui avait été son Premier ministre, qui prit la direction du mouvement gaulliste.
L'Union pour la démocratie française (UDF) est un cartel des diverses formations centristes bourgeoises (Parti républicain, Centre démocratique et social, Parti radical-socialiste) qui soutenaient * l'action du président la République Giscard d'Estaing ». Les diverses composantes ont cependant toujours réfusé de fusionner en un parti unique.
7. C'est a Vitry, en pleine campagne présidentielle, que des militants du PCF, avec à leur téte le maire de cette municipalité communiste, attaquerent au bulldozer un foyer de travailleurs immigrés maliens pour les contraindre à quitter la commune. La direction du PCF, qui prône l'arrêt de l'immigration, devait totalement cautionner cette action chauvine et diviseuse.
Quelques semaines plus tard. le maire et les militants communistes de Montigny-lès-Cormeilles, dans la banlieue ouest de Paris, dénonçaient publiquement, par la voie de tracts et de manifestation, une famille de travailleurs immigrés marocains dont l'un des fils était accusé d'être un revendeur de haschich.
Les deux affaires de Vitry et de Montigny devaient soulever un tollé général contre les méthodes du PCF, accentuer le malaise en son sein sans pour autant empêcher le PCF de voir son nombre de voix baisser fortement dans les « banlieues rouges », ses fiefs traditionnels où il avait crû flatter le besoin d'« ordre moral ».
part dans la division —, cette inflexion unitaire PCF pouvait apparaître payante. Pourtant, cette correction tardive n'a pas été suffisante, et la ligne suivie par la direction Georges Marchais depuis plus de deux ans a été spectaculairement désavouée par l'électorat communiste.
Dès lors, la direction du PCF, frappée de plein fouet par la volonté unitaire de chasser Giscard, s'est trouvée contrainte de s'adapter à celle-ci. Oubliant ses déclarations antérieures, le Comité central du 28 avril appelait à voter pour François Mitterrand, et, sans mener réellement campagne, la direction du PCF se mettait en situation de pouvoir revendiquer sa part dans la défaite de Giscard.
Le résultat fut que, à quelques rares exceptions près, et malgré de fortes tensions dans certains secteurs du parti, le report des voix communistes sur François Mitterrand s'est très largement opéré.
LE JEU DU RPR En même temps, cette situation favorisait François Mitterrand dans son effort pour gagner des voix à droite, puisqu'elle lui permettait de se revendiquer d'un vrai succès dans son entreprise visant à minoriser le PCF. Ce qui rendait aussi quelque peu ridicule le thème favori de la droite selon lequel François Mitterrand serait l'« otage des communistes » !
D'autant que la perspective de la défaite de Giscard amenait certains politiciens bourgeois à appeler à voter pour François Mitterrand — au nom de l'alternance ! —, tels Michel Jobert, ex-ministre des Affaires étrangères de Georges Pompidou, Joël Le Tac, député RPR, ou Philippe Dechartre, gaulliste « historique ». Marie-France Garaud, ancienne éminence grise de Georges Pompidou et de Jacques Chirac, qui s'était présentée au premier tour avec l'objectif avoué de « démolir Giscard », appelait au vote nul.
Quant à la direction du RPR, Jacques Chirac en tête, malgré les criailleries des députés gaullistes apeurés à l'idée de perdre leur siège en cas d'élections lé. gislatives en juin, elle ne dissimulait pas que, bien que votant pour Giscard, elle ne verrait pas d'un mauvais œil une défaite de ce dernier. Elle a été entendue puisqu'une partie de l'électorat RPR s'est abstenue, voire a voté pour François Mitterrand.
Le but de Chirac dans cette opération était de se débarrasser de Giscard, afin de redonner une crédibilité au RPR en plaçant celui-ci en situation de constituer la principale force d'opposition face a François Mitterrand, et done comme le « recours » une fois l'expérience mise en échec.
MOBILISATION UNITAIRE CONTRE GISCARD Ainsi, au moment où la crise du régime éclatait au grand jour et qu'elle se traduisait par une détérioration de l'image de marque du président sortant, à l'inverse, toute une série de facteurs se combi-
naient pour rendre possible ce qui semblait hors de portée il y a quelques mois : l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la République.
Ce qui ne veut pas dire, comme cherchent à le faire croire aujourd'hui les commentateurs de droite, que le succès de François Mitterrand a simplement été le fruit des erreurs de Giscard et des divisions de la majorité.
Les manigances et les opérations politiciennes de certains secteurs gaullistes ont existé et ont pesé. Ce qui doit inviter les travailleurs à être vigilants par rapport à de futures combinaisons entre le PS et des politiciens bourgeois, et à s'opposer à toute alliance avec ces derniers. Mais celles-ci n'ont joué qu'un rôle secondaire et qui n'a été rendu possible que parce que la candidature de François Mitterrand était portée par un élan populaire : la volonté de réaliser cette unité minimum qu'est le rassemblement de toutes les voix ouvrières pour chasser Giscard et ouvrir la voie au changement.
C'est pourquoi, un rôle décisif a été joué par le courant unitaire qui s'est affirmé ces derniers mois contre la politique de division des appareils et au sein duquel les militants de la LCR ont pris toute leur place et n'ont pas ménagé leurs efforts.
La LCR, en tant qu'organisation, à travers la campagne menée par Alain Krivine, a popularisé très tôt le thème : « Battre la division pour battre Giscard ! », expliquant que Giscard pouvait être battu, que pour cela il fallait organiser une mobilisation unitaire suffisamment forte pour contraindre le PC et le PS à s'engager clairement au désistement réciproque et à former un gouvernement de leurs deux partis en cas de victoire.
Ces thèmes ont été également ceux de nombreux travailleurs et militants ap partenant aux différents partis et syndicats. Les collectifs « Union dans les luttes » ont fait signer des milliers de pétitions pour l'unité contre Giscard, le désistement et la perspective d'un gouvernement d'Union, s'opposant ainsi au double chantage du PC et du PS sur le désistement et les ministres communistes. Dans les syndicats, des militants ont lancé des appels invitant leurs directions à s'engager fermement dans la bataille pour battre Giscard en appelant au vote ouvrier au premier et au second tour (8). En effet, la direction de la centrale syndicale CGT, considérant qu'il n'existait pas de débouché politique, estimait que l'échéance présidentielle n'était pas celle de la CGT, et que, dans ces conditions, le problème du vote s'arrêtait au premier tour. sant fi de toute préoccupation concernant la défense du caractère de masse du voter Georges Marchais au tour, tout en refusant de se prononcer sur le second tour. De la même façon, la direction de la CFDT concédait qu'un président de serait souhaitable, mais se refusait à s'engager réellement dans cette bataille décisive. Quant à la direction social-démocrate de FO et celle du syndicat étudiant l'UNEF-ID (9), cette dernière composée majoritairement par des militants de rOCI (10), elles refusaient, au nom l'« indépendance syndicale », de prendre
Dans tous ces syndicats, les prises de position en faveur du vote ouvrier ont rencontré un écho très important, en particulier au sein de la CGT.
Cette volonté unitaire s'est affirmée, dans la rue, le ler mai, qui, cette année, se situait entre les deux tours de l'élection. Alors que la division dominait et que chaque syndicat organisait son propre cortège ou son propre rassemblement, 10 000 militants unitaires - membres de la CGT, de la CFDT, de la FEN, de FO et de l'UNEF —, après avoir affirmé dans le cortège de leur organisation l'exigence volonté que se réalise l'unité pour battre
Le résultat de l'élection présidentielle confirme avec éclat la justesse du combat mené par ces milliers de travailleuses et de travailleurs qui, durant des mois, ont refu-
8. Face à l'alignement presque total de la majorité de la direction de la CGT derrière le candidat du PCF, Georges Marchais, et devant le refus de la direction de la CFDT de s'engager à fond dans la campagne électorale pour faire battre Giscard, un certain nombre de syndicalistes dans ces deux syndicats devaient lancer des appels publies pour que leurs directions confédérales respectives appellent au premier tour à voter pour les candidats ouvriers, sans discrimination, et au deuxième tour pour le candidat ouvrier le mieux placé pour battre Giscard (lire à ce propos Inprecor numéro 99, du
9. L'UNEF-indépendante et démocratique est le principal des deux syndicats étudiants qui
« Les ennuis commencent (François Mitterrand, 21 heures, 10 mai 1981)... (DR) sé la démoralisation et la division, ont affirmé la nécessité de la mobilisation et de l'unité pour battre Giscard.
Ce n'est pas un des moindres atouts de la classe ouvrière dans la situation nouvelle qui s'ouvre, que cette bataille ait été menée. L'ancrage de ctte volonté unitaiconcrétisation sous forme de regroupements de militants de toutes les organisations, voire des comités unitaires de base, peut, en effet, constituer une garantie majeure pour que les travailleurs ne soient pas spoliés des fruits de la victoire qu'ils viennent de remporter. Pour que, au contraire, ils puissent aller de l'avant, afin que ce premier succès débouche sur de nombreuses autres victoires.
Parce que, comme le criaient ceux qui sont descendus dans la rue par centaines de milliers le soir du 10 mai : « Giscard battu, ce n'est qu'un début, le combat continue! »
Francis SITEL Paris, le 13 mai 1981. portent ce signe (le deuxième est une scission de l'UNEF dirigée par les étudiants du PCF). La majorité de sa direction est proche de P'OCI.
10. L'Organisation communiste internationaliste (OCI) est l'organisation en France Comité international. L'OCI, après avoir proposé l'année dernière à la LCR de soutenir la candidature d'Alain Krivine, a fait campagne à la rentrée de septembre 1980 pour une candidature unique du PC et du PS au premier tour. Après une brève manœuvre qui consista à reproposer pendant 15 jours à la LCR une candidature commune, l'OCI, dans la logique de sa position précédente, appela au vote Mitterrand dés le premier tour.