Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

USA

500 000 manifestants à Washington contre le budget d'austérité de Ronald Reagan

· Inprecor n° 110, 12 octobre 1981 · p. 3-5, 5 · 3 036 mots

États-Unis Syndicalisme

800 000 manifestants à Washington contre le budget d'austérité de Ronald Reagan

ES son accession à la présidence, Ronald Reagan a pro-

Dait» Dans son discours & retroie ton, latmalt vouvail ». Dans son discours d'intronisation, il affirmait vouloir « supprimer un certain nombre d'obstacles » qui ralentissent la productivité économique pour réveiller le « géant industriel » américain. Le programme d'austérité et de réarmement qu'il présenta à cette occasion se fondait sur une diminution des dépenses budgétaires — « épargnant » le ministère de la Défense - et sur une réduction des impôts, notamment pour les grosses fortunes et les entreprises capitalistes. Tout cela était présenté comme devant permettre de réduire le chômage, de juguler l'inflation et d'obtenir une relance de l'activité économique à partir de 1982. Le gouvernement américain promettait aussi d'équilibrer le budget fédéral en 1984 et même de dégager l'année suivante un surplus de 7 milliards de dollars. Sentencieux, Ronald Reagan avertissait les travailleurs et la population américaine : « Nous sommes arrivés

Vincent KERMEL

Le programme économique de l'administration Reagan s'est trouvé encore

- compte tenu de l'aggravation de la situation économique dans les derniers mois - accentué par de nouvelles mesures de réductions budgétaires qui constituent autant de coupes claires dans les différents programmes sociaux. Celles-ci s'élèveront d'ici à l'année fiscale 1984, à 145 milliards de dollars, essentiellement dans les programmes sociaux alors que, dans la même période, le budget militaire progressera en valeur réelle de 7% par an.

Pour la seule année fiscale 1982, ces restrictions atteindront 43 milliards de dollars. Cela va entraîner la disparition de toute une série de

«mesures sociales».

programme d'aide alimentaire des food stamps (tickets d'alimentation distribués aux familles les plus défavorisées)

sera réduit de 1,4 milliards de dollars. Un million de personnes déshéritées en seront entièrement privées, tandis que 22 millions d'autres n'en bénéficieront plus que partiellement.

Pour la fois première depuis quelque 46 ans, le système de sésociale est lui aussi attaqué. Les prestations sociales devraient être rognées de près de 2 milliards de dollars. Ainsi, certains retraités ne se verront plus attribuer le minimum d'allocation de 122 dollars par mois, les bourses d'études pour les enfants des familles démunies seront diminuées ou supprimées, les programmes d'aide médicale Medicaid et Medicare verront leurs crédits fortement amputés, tandis que le Sénat propose la suppression des dispositions qui permettent d'étendre à 13 semaines la durée de l'aide aux chôdès que le chômage atteindra un certain seuil.

plus significative depuis des décennies. à la croisée des che- vernementale depuis très longtemps.

Aucun domaine social ne sera épargné. Le gouvernement fédéral ne subventionnera plus que 175 000 logements sociaux en 1982, contre 260 000 prévus par l'administration Carter. Les 300 millions de dollars du service d'assistance judiciaire aux déshérités sont purement et simplement supprimés. D'après l'ALFL-CIO, toutes ces mesures conduiront à la disparition d'environ 1 260 000 emplois, dont les 340 000 du programme de formation professionnelle CETA dont les crédits sont annulés. C'est jusqu'à la distribution de déjeuners dans les écoles publiques pendant l'hiver et aux rations alimentaires aux familles des travailleurs en grève que le gouvernement s'en prend. Parallèlement, le projet d'allégement fiscal adopté profite largement aux gros salaires et aux entreprises capitalistes. Les 5% de personnes qui gagnent plus de 50 000 dollars par an beneficieront à elles seules de 32% des réductions d'impôts. Le taux maximum d'imposition sur le revenu du capital et sur les dévidendes sera abaissé de 70% à 50 % en 1982. L'impôt sur la fortune ne touchera guère plus que quelques milliers de personnes puisque le palier actuel de 175 000 dollars sera relevé en 1986 à 600 000 dollars. Les travailleurs et les pauvres devront cependant s'acquitter d'impôts locaux toujours plus importants. Car la suppression des subventions fédérales aux différents programmes sociaux poussera les Etats à augmenter leurs propres prélèvements fiscaux. UN PROGRAMME D'AUSTERITE...

C'est donc bien à une attaque d'envergure contre les acquis des travailleurs que l'on assiste. Le nouveau budget fédéral constitue une véritable déclaration de

ETATS-UNIS mins. Nous sommes menacés par un marasme économique de grande envergure et nous ne pouvons y remédier par des mé-

Cet appel pour que les travailleurs abandonnent toute résistance à sa politique d'austérité ne sera pourtant pas entendu. L'annonce récente de l'adoption de nouvelles coupes budgétaires dans les programmes sociaux proposées par Reagan a provoqué une première réponse des travailleurs américains, la

La puissante fédération syndicale ALF-CIO, qui regroupe

14 millions de syndiqués, par delà ses liens avec le Parti démocrate dont nombre de députés ont voté au Congrès le budget de Reagan, s'est vue contrainte d'appeler le 19 septembre à une manifestation de rue. Par son ampleur, cette journée, qui a rassemblé près d'un demi-million de personnes à Washington, représente la plus puissante manifestation ouvrière anti-gouguerre au droit à la santé, à l'éducation et au travail de millions d'Américains. Alors qu'environ 70 millions de personnes bénéficient au moins d'un des avantages sociaux dont les crédits sont aujourd'hui amputés, la politique de Reagan va frap per de plein fouet les travailleurs et les familles les plus déshéritées, notamment les

Noirs. Comme l'a reconnu lui-même le président de l'AFL-CIO, Reagan veut ainsi « démolir des programmes sociaux que nous avons mis quarante ans à obtenir,

"middle faire payer aux pauvres et à la class" une hypothétique relance. C'est du darwinisme économique : la survie des plus riches » (Le Monde, 19 septembre

1981).

... AUX CONSEQUENCES

SOCIALES DESASTREUSES

Les incidences sociales de ces restrictions budgétaires vont venir immédiatement aggraver la situation de millions de personnes dans un pays où le taux de chômage est supérieur à 7% de la population active, où 65 millions de personnes vivent avec moins de 945 dollars par mois (environ 5 000 francs) pour une famille de quatre personnes et où les salaires réels de la classe ouvrière ont déja baissé de 4 % par rapport à leur niveau de 1972.

Mais, dans le même temps, la politil'impérialisme que de réarmement de américain se fonde de façon provocatrice sur une progression impressionnante du budget militaire, qui s'établira à 1 600 milliards de dollars d'ici à 1986, ce qui constitue une croissance jusque là inégalée dans l'histoire des USA en temps de paix. Pour la seule année fiscale 1982, il atteindra 188,8 milliards de dollars, soit

4,4 milliards de plus que les prévisions de

Page 4

Carter et 26,7 milliards de dollars de plus que celui de l'année fiscale en cours. Le budget du Pentagone s'est trouvé épargné par les récentes mesures de restrictions. Une discussion a même traversé le gouvernement à ce sujet. Alors que le directeur du Budget de l'administration Reagan, David Stockman, était partisan d'une diminution de 30 milliards sur les prévisions pour 1982, Reagan suivra en définitive son secrétaire d'Etat à la Défense, Caspar Weinberger, pour ne concéder qu'une baisse de 13 milliards de dollars. Il s'agit done de freiner quelque peu l'augmentation de la progression de ces dépenses et non pas de les réduire. Ainsi, le Pentagone, qui dispose aujourd'hui du quart des dépenses fédérales en disposera du tiers

Depuis quelques mois toutefois, la politique d'austérité du gouvernement Reagan et du patronat américain a été confrontée à des mobilisations sectorielles défensives de la classe ouvrière. C'est par une grève de 72 jours qui a commencé le 27 mars 1981 que les 160 000 mineurs de la « Union Mine Workers Association » (UMWA) ont arraché au patronat un contrat collectif garantissant le maintien des pensions pour les victimes de la silicose que les employeurs cherchaient à supprimer. Cette lutte a été la première épreuve de force sociale de l'ère Reagan.

mouvement ouvrier, depuis le printemps, a engagé une série de mobilisations, certes restreintes : 8 000 mineurs manifestaient à Washington le 9 mars ; le 28 avril c'était au tour de 25 000 cheminots; le 4 mai enfin, les travailleurs du textile organisaient une série d'actions dans tout le pays. Mais la mobilisation anti-gouvernementale s'exprimait aussi sur d'autres terrains comme en témoignent les milliers de personnes qui, le 3 scandaient devant le Pentagone: « De l'argent pour le peuple, pas pour la

», et « Les USA hors du Salvador ! », ou les mineurs qui participaient, le 28 mars, à une manifestation anti-nucléaire à Harrisburg en Pennsylvanie.

DES ATTAQUES

ANTI-SYNDICALES Les récentes réductions budgétaires de l'administration Reagan se sont aussi doublées d'une offensive contre le mouvement syndical. Le meilleur exemple en a été la réaction gouvernementale à la grève des contrôleurs aériens entamée le 3 août à l'appel de leur syndicat, le PATCO, pour exiger l'amélioration des conditions de travail, une diminution des horaires, une modification du régime des retraites et une augmentation salariale de 10 000 dollars par an. A l'aide d'une loi datant de 1947, la Loi Taft Hartley, qui interdit notamment le droit de grève aux fonctionnaires, Reagan n'a pas hésité à licencier d'un coup les 13 000 aiguilleurs du ciel et à faire emprisonner 7 de leurs dirigeants. Applaudi par le patronat qui a salué dans le Wall Street Journal la détermination de Reagan comme un encouragement à tous les capitalistes, cette attaque anti-syndicale a surpris et inquiété la bureaucratie corrompue de l'AFL-CIO. Le NOW (Organisation nationale qui touche plusieurs secteurs économiques, notamment l'automobile, fait fondre depuis quelques années les effectifs syndicaux dans certaines branches. Ainsi, depuis 1979, PUAW (« United Automobile Workers ») a perdu 300 000 membres. D'autre part, les mutations économiques liées à la récession atteignent en profondeur le mouvement syndical.

C'est évidemment parce qu'ils sont sensibles à la fois à la montée du mécontentement populaire et à l'ampleur des attaques anti-syndicales de l'administration Reagan que les bureaucrates syndicaux se sont trouvés entraînés à des actions de riposte dans la rue.

Cela a tout d'abord été, le 7 septembre, la plus grande mobilisation syndicale organisée par les syndicats américains depuis des années à l'occasion du Jour du travail. Elle a regroupé à New York 100 000 personnes, dont un fort contingent de grévistes du PATCO. Les mots d'ordre centraux contre le budget de Reagan étaient accompagnés de slogans contre la bombe à neutron.

UNE LENTE RIPOSTE

OUVRIERE C'est dans ce annoncée l'organisation, le 19 septembre, d'un grand rassemblement de protestation contre le budget de Reagan, le Solidarity Day. Recevant l'appui de plusieurs centaines de structures syndicales, à l'appel de l'AFL-CIO et de plusieurs autres organisations, un tel rassemblement n'a pas de précédent dans les annales de l'histoire du mouvement ouvrier américain. Le président de l'AFL-CIO a d'ailleurs défini cette journée comme « la réponse la plus efficace aux affirmations de l'administration suivant lesquelles elle parle au nom du peuple travailleur d'Amérique » (Intercontinental Press du 24 août 1981).

Pour apprécier pleinement l'évolution que représente cette initiative, il faut se rappeler de l'attitude initiale de la dide l'AFL-CIO au début conflit des aiguilleurs du ciel. Le dirigeant syndical William Winpisinger a récemment raconté que lorsqu'il a proposé d'agir en solidarité avec le PATCO lors de la réunion du Conseil exécutif de l'AFL-CIO de Chicago, il y a eu «un beaucoup de "peut-être" et des "non" purs et simples » (Libération, du 21 septembre 1981). Or, quelques semaines plus tard, c'est sous le signe de la solidarité, en référence explicite à la lutte des travailleurs polonais et en soutien contrôleurs aériens que s'organisait la riposte ouvrière à la politique de Reagan.

L'unité réalisée à cette occasion entre la grande centrale syndicale et de nombreuses organisations représentatives de la lutte des différents secteurs opprimés de la population américaine est un autre fait remarquable . Outre les principaux syndicats, l'initiative du 19 septembre a aussi été préparée par le NAACP (Association nationale pour la promotion des gens de couleur), l'Opération PUSH (organisme anti-raciste), la Ligue urbaine, mes), la Ligue des citoyens latino-américains et l'Association des étudiants des

Cette unité affichée est, elle aussi, sans précédent. En 1963, l'AFL-CIO n'a pas appuyé la manifestation de Washington pour les droits civiques. Lors de la guerre du Vietnam, les dirigeants de la centrale syndicale, qui ont toujours soutepolitique de l'impérialisme américain, se sont opposés aux manifestations anti-guerre. Lane Kirkland, président de l'AFL-CIO, s'en est expliqué d'ailleurs implicitement lorsqu'il a déclaré : « Les temps qui changent appellent des changements de tactique... » Car l'AFL-CIO a pi soutenir la politique impérialiste, à l'époque, que la situation économique permettait alors la garantie de la classe ouvrière Mais, à partir du moment où, dans une conjoncture économique différente, certains acquis sociaux sont brutalement remis en question, la direction de l'AFL-CIO se doit, quoi qu'il lui en coûte, de faire mine de les défendre. Il en va de sa crédibilité, même si cela peut apparaître aujourd'hui comme en opposition à la politique de dépenses militaires et de réarmement conduite par l'équipe au pouvoir. - conscient de son écartèlement entre un alignement sur la politique impérialiste gouvernementale et la défense de ses syndiqués — s'en explique, à sa manière, dans AFL-CIO News du début août : « Le soutien traditionnel et inébranlable de l'AFL-CIO à une défense nationale forte ne devrait pas être interprété comme un "chèque en blanc au Pentagone"», y lit-on. Et le texte poursuit : « La politique de l'administration Reagan menace de briser le consensus national pour un effort de défense important. En augmentant les dépenses militaires aux dépens de programmes sociaux vitaux, l'administration court le risque de voir se créer un nouveau courant anti-défense parmi les travailleurs, les les minorités et les personnes âgées. » Et le Conseil exécutif de la centrale syndicale de conseiller le gouvernement en affirmant : « Un soutien populaire pour une défense et une politique étrangère puissantes ne peut être alimenté par une politique sociale et économique injuste qui engendre des tensions sociales, des conflits de classes et une polarisation politique » (Intercontinental Press, 21 septembre 1981). Ce sont là les termes exacts du débat qui parcourt la classe politique américaine.

A l'évidence, la bureaucratie syndicale corrompue dans le soutien aux différents gouvernements bourgeois a mis de nombreuses limites à l'action du 19 septtembre. Néanmoins, par son ampleur, la

Washington, qui a regroupé près d'un demi-million de personnes, se classe d'emblée parmi l'une des plus importantes de l'histoire des EtatsUnis. Elle a exprimé l'évolution de l'attiouvrière et des masses opprimées face à la politique d'austérité

Page 5

Cinq mille bus, une douzaine de trains et des milliers de voitures ont acheminé vers la capitale fédérale les manifestants venant des quatre coins des USA et qui s'étaient interdit de prendre l'avion en solidarité avec les aiguilleurs du ciel licenciés par Reagan. Pour l'occasion, l'AFL-CIO avait loué le métro de Washington pour la journée. Comme le note un reportage du Militant daté du 2 octobre 1981, le plus fort contingent de la manifestation a été celui des travailleurs de l'Etat et des municipalités derrière l'AFSCME qui a regroupé environ 60 000 personnes. Pour la première fois depuis fort longtemps, des syndicats de l'industrie participaient à une telle action. Mais l'élément sans doute le plus marquant de cette journée a été la participation massive de Noirs, qui sont parmi les plus touchés par la récession économique et les coupes budgétaires dans les programmes sociaux. Ils constituaient de larges portions de différents cortèges, notamment celui de l'UAW (automobile), de l'AFSCME et de l'UFCW (commerce). La solidarité avec la lutte des aiguilleurs du ciel licenciés par Reagan - dont 6 000 environ étaient présents - a aussi été un trait important de moblisation. Mais l'exemple combat des ouvriers polonais planait aussi étrangement sur ce rassemblement.

500 000 A WASHINGTON POUR LE « SOLIDARITY DAY »

L'ampleur des attaques gouvernementales a jeté coude à coude dans la rue, aux côtés des travailleurs, de nombreux secteurs exploités de la société américaine. Ce rapprochement est un élément important dans la maturation de la conscience de la classe ouvrière.Il a jeté les bases d'une prise de conscience plus large de l'unité de lutte contre la politique gouvernementale, que ce soit sur le thème de la lutte anti-impérialiste - l'UAW proclamait « Faites des emplois, pas la guer-

You sur celui du combat le droit des minorités et des femmes. conscience de ces dizaines de milliers de travailleurs, y compris chez les plus conservateurs d'entre eux, comme ceux dont les dirigeants organisaient il y a seulement quelques années des manifestations de soutien à la guerre du Vietnam et des actions de commandos contre les mobilisations pacifistes.

Le caractère ouvertement anti-gouvernemental de cette manifestation s'est aussi exprimé par le fait que, malgré les liens qui unissent les dirigeants syndicaux à ceux du Parti démocrate, aucun politicien bourgeois n'a été invité à prendre la parole dans ce meeting. Il est vrai qu'ils y auraient probablement été pris à partie par les travailleurs pour avoir voté le budget de Reagan au Congres.

Toutefois, malgré son pressionnant, cette mobilisation n'a pas l'administration poursuivre sa politique de réduction des programmes sociaux. Le 24 septembre, Reagan annonçait un nouveau train de réductions drastiques comprenant une diminution de 6,5 % du nombre des fonction-

----- pull-quotes on this page -----

SDLIDARITY AGAINST CUTS. WAR & UNION BUSTING. SOCHLIST WORE ARTY FORA LABOR PARTY! Le cortège du SWP dans la manifestation du 19 novembre à Washington. (DR) Le SWP pour un parti ouvrier

Page 5

naires civils, la réduction de 27 milliards de dollars supplémentaires des crédits de plusieurs programmes sociaux, la réduction de 12% des dépenses des organismes d'Etat et la suppression pure et simple des ministères de l'Energie (parce qu'il ne ferait qu'entraver « les forces du marché ») et de l'Education (ce qui devrait signifier plusieurs milliers de chômeurs supplémentaires) (Le Monde, 25 septembre 1981).

Bien plus que d'ouvrir une « nouvelle ère de bonheur, une époque où les emplois seront abondants et où la richesse du pays profitera à tous ceux qui veulent travailler » comme le promettait Reagan le 3 septembre (Le Monde, 5 septembre 1981), le budget de son gouvernement constitue, comme l'a d'ailleurs reconnu le président du Congrès « un effort délibéré de transférer de l'argent des familles laborieuses vers ceux qui sont déjà fortunés » (Le Monde, 28 juin 1981).

Le prix à payer par le gouvernement américain pour cette politique d'austérité pourrait bien être celui d'une accélération de la polarisation de classe et de la prise de conscience de millions de travailleurs.•

Vincent KERMEL 30 septembre 1981.

Une erreur sur cette page ?