Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

800 000 en Europe contre le surarmement le 25 octobre

Inprecor n° 112, 9 novembre 1981 · p. 36 · 898 mots

Paix et armements France Italie IVe Internationale

contre le surarmement le 85 octobre

La manifestation du 24 octobre a regroupé près de 300 000 personnes à Rome. Elle a été l'une des plus importantes mobilisations des dix dernières années. Particulièrement concernée dans un pays dont le gouvernement a accepté l'installation de 112 missiles de croisière américains, la jeunesse italienne s'est largement mobilisée pour cette initiative. 1 000 autocars, 14 trains spéciaux et même un avion avaient été affrétés pour l'occasion. Déjà le 15 octobre à Rome, 30 000 lycéens avaient défilé aux cris de « Spadolini, apprends que l'on ne fait pas l'histoire contre les masses / »

Le caractère anti-impérialiste de cette initiative, où le mot d'ordre « Italie hors de l'OTAN, OTAN hors de l'Italie ! » a été très repris, tout comme le nombre et la jeunesse des participants, illustrent l'apparition d'une nouvelle génération militante et les possibilités d'organisation d'un vaste mouvement anti-guerre.

Seul de l'ensemble du mouvement ouvrier, le Parti sociaLe Comité national pour la paix et le développement (CNAPD) de Wallonie, l'OCV et la VAKA de Flandres ont organisé le 25 octobre à Bruxelles une manifestation à laquelle nos camarades de la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT-RAL, section de la IVe Internationale) ont appelé sans toutefois accepter de signer la plate-forme d'appel qui réclamait, dans la confusion, un « désarmement multinational négocié ». La LRT a pu regrouper environ un millier de personnes dans son cortège.

Le soutien apporté par les syndicats chrétiens à cette démonstration pacifiste qui a rassemblé environ 200 000

Plus de 200 000 personnes, acheminées par une trentaine de trains spéciaux et des centaines de cars ont manifesté le 24 octobre à Londres à l'appel du mouvement « Campaign for nuclear disarmement » (CND), derrière une banderole proclamant « Ban the cruises ! » (« Bannissez les missiles de croisière ! »). La position du Parti travailliste et des syndicats en faveur d'un désarmement unilatéral et de la fermeture des bases nucléaires a sans aucun doute contribué au succès de cette initiative à laquelle nos camarades de l'International Marxist Group (IMG, section de la IVe Internationale), très actifs dans le CND, ont participé.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté le 25 octobre à Paris pendant plusieurs heures, à l'appel du Mouvement de la paix, du Parti communiste français (PCF), de la Confédération générale du travail (CGT) et d'associations pacifistes ou de comités antinucléaires de base.

Malgré le battage de la presse qui a présenté cette initiative comme étant une manifestation du seul PCF, malgré l'absence du Parti socialiste (PS) et de la Confédération francaise démocratique du travail (CFDT), cette manifestation marque la naissance d'un mouvement anti-guerre en France.

La jeunesse de nombreux participants, tout comme la

800 000 en Europe

ROME : " L'OTAN hors d'Italie |" liste, dont l'actuel ministre de la Défense est membre, s'est tenu à l'écart de la manifestation du 24 octobre. Le Parti communiste, quant à lui, y a adhéré au dernier moment, pour jeter ensuite tout son poids dans sa préparation. Toutefois, les dirigeants du PCI se sont opposés à ce que l'intervention internationaliste au rassemblement de Rome soit celle du représentant du Front démocratique révolutionnaire (FDR) salvadorien, lui préférant un délégué de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). unitaire des travailleurs de la métallurgie (FLM) ait aussi soutenu la manifestation, les cortèges syndicaux étaient rares, mis à part des délégations de conseils d'usines comme celles de la FIAT et d'Alfa-Romeo.

Nos camarades de la Lega comunista rivoluzionaria (LCR, section de la IVe Internationale), qui participaient à cette manifestation, font campagne pour une consultation populaire sur l'installation des missiles à Comisso en Sicile. BRUXELLES : " Donnez une chance à la paix ! " personnes ne manquera pas de provoquer des remous dans les partis bourgeois avec lesquels ils sont liés et qui - eux - sont favorables aux décisions de l'OTAN d'installation des fusées Pershing et des missiles de croisière en Europe.

Pacifiste, opposée aux « missiles nucléaires en Belgique et en Europe », la manifestation de Bruxelles regroupait en majorité des Flamands et, surtout, comme en Italie, des jeunes. Ce rassemblement fut l'un des plus grands rassemblements ayant eu lieu dans la capitale belge depuis des dizaines d'années. LONDRES : " Des emplois et pas des bombes ! "

Tony Benn, le dirigeant de la gauche travailliste, a appelé, contre le Pentagone comme le peuple polonais se dresse contre le Kremlin ».

Face au gouvernement Thatcher qui campe fermement su es positions de soutien à la décision de l'OTAN d'accepte l'installation des missiles américains en Europe, et de dévelop pement d'une politique d'austérité, le slogan « Jobs not bombs ! » (« Des emplois pas des bombes ! ») a rencontré un large écho chez les travailleurs et parmi la jeunesse en proie au chômage. PARIS : Un mouvement naissant banderole de tête qui proclamait « Ni Pershing ni SS-20 ! », reflétaient assez bien le caractère composite du cortège.

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR, section de la IVe Internationale) a participé à cette manifestation sur ses mots d'ordre réclamant notamment le « Service militaire à 6 mois comme promis ! », la réduction du budget militaire, la création d'emplois, et dénonçant la construction d'un septième sous-marin nucléaire par le gouvernement

Les germes d'un mouvement anti-guerre sont maintenant jetés. Il s'agira de les faire pousser tout en avançant vers la centralisation européenne de ces mobilisations.

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