Inprecor 1974–2004

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MEXIQUE

Les oscillations du PSUM

Inprecor n° 119, 22 février 1982 · p. 33-34 · 908 mots

Mexique Pologne

MEXIQUE Les oscillations du PSUM

Les déclarations et les démentis qui se sont succédés dans les premiers jours qui ont suivi le coup de force du général Jaruzelski illustrent l'embarras du Parti socialiste unifié mexicain (PSUM), organisation récemment formée par la fusion du Parti communiste mexicain (PCM) avec des formations nationalistes (cf. Inprecor numéro 115, du 21 décembre 1981). C'était là la première grande épreuve pour la nouvelle organisation.

Le dimanche 13 décembre, alors que les dirigeants de Solidarité étaient déjà incarcérés, la direction du PSUM ne parvenait même pas à adopter une résolution. A titre individuel, le député et dirigeant

L'INTERNATIONALE du PSUM, Gilberto Rincon Gallardo devait déclarer que les Polonais devaient résoudre leurs problèmes « sans ingéren-

Le lundi 14 décembre, alors que les généraux polonais annulaient toutes les conquêtes ouvrières, la direction du PSUM se trouvait toujours incapable de prendre officiellement position. De façon officieuse, le PSUM faisait savoir que les Po-

« doivent décider eux-mêmes de leur propre avenir », formulation aussi ambiguë que celle utilisée par Gilberto Rincon Gallardo. Le PSUM a alors tenté de se tirer d'affaire par de timides décla contre une éventuelle intervention militaire soviétique directe. Le député Valentin Campa, PSUM, a même admis l'existence d'une bureaucratie parasitaire en Pologne, ennemie des travailleurs et s'est prononcé contre toute intervention des Soviétiques Antonio Gershenson, dirigeant du Syndicat national des travailleurs de l'industrie nucléaire (SUTIN) et d'autres membres du PSUM ont, de leur côté, attribué les problèmes de la Pologne « à l'orientation erronée du POUP », mais sans condamner le coup de force et en reprenant le couplet sur les « ingérences étrangères ».

Le mercredi 16 décembre, le PSUM n'avait toujours pas de position officielle, mais le député Alejandro Gascon Mercado, coordinateur de la direction du PSUM, déclarait au quotidien Uno mas uno : « Il paraît logique à tout le monde qu'un Etat socialiste puisse se défendre de ses ennemis historiques en ayant recours aux normes constitutionnelles pour défendre le pays (...). Aucun gouvernement ne peut supporter des provocations continuelles ni des actions tendant à miner ses structures. » Par cet aval clair et limpide donné au coup de force militaire en Pologne, Alejandro Gascon Mercado ne faillissait guère à ses traditions, lui qui, à l'époque où il était membre du Parti populaire socialiste (PPS) approuvait, en 1968, la répression gouvernementale contre le mouvement étudiant et le massacre de Tlate-

Enfin, le jeudi 17 décembre, Arnaldo Martinez Verdugo, candidat du PSUM à la prochaine élection présidentielle et l'un de ses principaux dirigeants, affirmait que la direction du parti allait se réunir pour prendre position. A titre individuel, il signalait que ce n'était pas par le biais de mesures répressives qu il serait possible de résoudre la crise polonaise et que l'on devait permettre « une plus grande intervention des ouvriers dans la conduite du pays » ; mais il se gardait bien de se pro-

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noncer pour une solidarité plus concrète avec les ouvriers polonais.

Le vendredi 18 décembre, plusieurs membres du PSUM participaient à la manifestation de solidarité organisée par le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT),. la section mexicaine de la IVe Internationale. Le lendemain, samedi 19 décembre, Rolando Cordera, membre de la Commission politique du PSUM, publiait un article contradictoire avec la position d'Alejandro Gascon Mercado. Le même jour, une nouvelle réunion de la Commission politique du PSUM était annoncée pour discuter du problème de la Pologne.

Le dimanche 20 décembre, lors de la fête de son journal Unidad au palais des Sports, un groupe de plus de 200 militants du PSUM a manifesté devant le stand de l'ambassade polonaise. Ce fut l'occasion de quelques affrontements en-

Le lundi 21 décembre, Arnoldo Verdugo annonçait parti n'était toujours pas parvenu à se mettre d'accord sur une position mais il manifestait sa confiance dans le fait que le PSUM adopterait une position favorable aux ouvriers polonais. Le lendemain, mardi 22 décembre, plusieurs dirigeants du PSUM se prononçaient contre le coup de force du général Jaruzelski et appelaient leur parti à se solidariser avec les ouvriers polonais.

Le mercredi 23 décembre, soit dix jours après les événements de Pologne, la déclaration officielle du PSUM était enfin publiée. Son texte montre clairement que c'est la position des Alejandro Gascon Mercado et compagnie qui a été reprise et que les anciennes directions du PCM et du Mouvement d'action populaire (MAP) avaient capitulé sur toute la ligne. définitive, le PSUM n'a pas condamné le coup de force, il s'est seulement prononcé pour la levée des mesures d'exception. Le coup de force est présenté comme une pé. ripétie puisque « l'état de guerre décrété le 13 décembre n'avait fait qu'introduire des éléments d'aiguisement de la crise ». En plus des rituelles allusions « agents extérieurs » et « infiltrés », la direction du PSUM y affirme : « Nous sommes sûrs que le socialisme polonais remportera de nouveaux succès grâce à une plus grande participation du peuple travailleur dans l'Etat. » Voilà qui ne manque pas de culot et d'aveuglement complice lorsqu'il s'agit de caractériser une situation de guerre où sont abolies toutes les conquêtes arrachées par les travailleurs polonais au cours de leurs 18 derniers

Le PSUM, qui se vantait d'être un parti fort et vigoureux et totalement différent des « vieux PC », a donc fait la démonstration, tout au contraire, fragilité, de son inconséquence et de se ses contradictions à l'heure de la pratique et, surtout, de son attachement au stali-

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