Déclaration du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale adoptée
Un nouveau pas est franchi dans l'intervention impérialiste en Amérique centrale. Les Etats-Unis sont directement engagés dans la lutte contrerévolutionnaire au Salvador, harcèlement militaire contre le Nicaragua, dans les menaces de toutes sortes contre Cuba et les mouvements de libération dans la Caraibe.
C'est la réponse du gouvernement Reagan aux progrès de la lutte de libération nationale et sociale dans l'ensemble
Les dictatures du Salvador et du Guatemala sont en pleine banqueroute économique. La terreur, les massacres et la torture apparaissent plus que jamais au grand jour comme leur seul moyen d'imposer leur pouvoir aux travailleurs et paysans en proie à la misère et à l'oppression. Les élections du 7 et du 28 mars au Guatemala et au Salvador sont des mascarades, pius que jamais dominées par la manipulation et la fraude, incapables d'apporter une quelconque légitimité démocratique
En revanche, les organisations révolutionnaires ont affirmé ces derniers mois leur autorité et renforcé leur initiative. Au Salvador, le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) a non seulement résisté à des opérations militaires d'envergure de la Junte, mais a encore porté des coups de plus en plus précis et efficaces aux forces de la dictature. Au Guatemala, le regroupement des quatre principales organisations politico-militaisein de l'Unité révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG) crée les conditions favorables à des initiatives politiques et militaires supérieures.
L'internationalisation de la révolution en Amérique centrale s'approfondit.
C'est pourquoi les porte-parole du gouvernement Reagan mènent une campagne active afin de préparer l'opinion américaine à un engagement militaire de plus en plus massif, jusques et y compris une intervention directe centrale et dans la Caraibe.
Expliquant la différence entre le d'Etat américain Alexander Haig déclarait : « Il s'agit d'un profond défi à notre sécurité dans notre hémisphère. Nous voulons parler de la vulnéracroissante des autres Etats du complexe centro-américain. Nous sommes, en effet, au cœur même des intérêts
Halte à l'intervention in
américains dans l'hémisphère. » Et encore : « Nous devons être prêts à augmenter notre assistance économique taire au Salvador autant que nécessaire. » (New York Times, 8 février 1982).
Il n'y a pas une minute à perdre ! démocratiques doivent se mobiliser pour arrêter l'entreprise criminelle de l'impérialisme en Amérique centrale.
FAILLITE DE LA JUNTE AU SALVADOR Les élections du 28 mars au Salvador s'annoncent d'ores et déjà comme une sinistre farce et un Comment faire croire à la validité démocratique de ces élections, en soixante jours de campagne officielle, sous la contrainte de la loi martiale et de l'état de siège en vigueur, sans la participation d'aucune force significative d'op-
La Junte militaire et démocrate. chrétienne au gouvernement a publiquement rejeté toutes les propositions de dialogue du FMLN et du Front démocratique révolutionnaire (FDR). Dans une lettre du 17 décembre au secrétaire de l'Organisation (OEA), sont obligés de reconnaître eux-mêmes l'illégitimité de ces dernières : « En mettant de côté le projet de loi provisoire approuvé par les partis politiques, et en imposant la thèse démocrates-chrétiens, le gouvernement du Salvador a perdu complètement la confiance des institutions politiques de
Pour tenter de justifier veaux plans d'intervention économique et militaire, Ronald Reagan a eu le culot d'affirmer devant le Congrès, le 28 janvier, que le Salvador avait rempli les conditions requises par l'accord de développement et de sécurité internationale de 1981 pour poursuivre l'aide.
Dans leur déclaration du ler février, le FMLN et le FDR n'ont aucun mal à réfuter point par point ces prétentions.
Dans son discours, Ronald Reagan s'est particulièrement avancé en annonçant que la restauration des libertés était en bonne voie ! L'ancien ambassadeur américain au Salvador, Robert White, a aussitôt démenti son président : « Malheureusement pour le peuple du Salvador
AMERIQUE CENTRALE périaliste lors de sa réunion du 12 et pour la réputation du président Reagan, c'est exactement le contraire qui est vrai. » (Miami Herald, 7 février 1982). Ronald Reagan ment sur toute la ligne, et complaisamment diffusés par la presse bourgeoise monde entier.
D'après les sources religieuses Salvador, il y a eu, en 1981, 12 501 assassinats recensés de civils, contre 9 239
1980 et 1030 en 1979 (avant la de la Junte) ! Les libertés tion, de mouvement, demeurent suspendues en vertu de l'état de siège. Le décret 507, en vigueur depuis le 3 décembre 1980, autorise les autorités à garder un prisonnier au secret pour seize jours et à suspendre son droit à une défense légale pendant 195 jours. Le décret 544 du 5 janvier 1981 prive les travailleurs de leurs droits syndicaux en interdisant la négociation collective ...
Pas plus tard qu'en décembre 1981, l'Assemblée des Nations Unies a adopté une résolution dénonçant « la persistance paramilitaires gouvernementales et autres groupes continuent à agir au total mépris de la vie, de la sécurité et de la tranquillité des populations civiles ». avoir l'indécence d'annoncer des progrès en la matière, au moment même où plus de 1 000 paysans de la province de Morazan sont assassinés en décembre pendant les opérations de la brigade d'élite Atlacatl, quand l'armée assassine 472 personnes en rasant le village d'El Mozote, quand plus de 400 civils trouvent à la mort en février lors des actions de représailles dans la région d'Usulutan, occupée fin janvier pendant plus d'une semaine par le FMLN, quand les officiers et soldats trop compromis qui avaient été épurés après le coup d'Etat d'octobre 1979, sont pour la plupart
OU EN EST LA « POURSUITE
DU PROGRES DANS L'APPLICATION DES REFORMES»?
Trois phases étaient prévues par la Loi fondamentale de réforme agraire au Salvador. La première touchait les propriétés supérieures à 500 hectares, et elle a commencé en mars 1980. La seconde devait concerner les propriétés entre
constat constitue une condamnation de pendant près d'une semaine la ville
Le quotidien de la répression au Salvador. (DR) 150 et 500 hectares, c'est-à-dire le secteur de la production de café, décisif pour l'économie salvadorienne. Dès mars 1981, le président de la Junte, Napoleon Duarte, a annoncé la suspension sine die de cette phase. En revanche, la Commission des restitutions, mise sur pied par le gouvernement, a décidé de rendre 45 propriétés expropriées à leurs précédents propriétaires. Dans un rapport de la fin 1981, l'Union communale salvadorienne, qui a impulsé In programme de réformes à la campagne, déclare que plus de 25 000 familles ont été illégalement chassées de leurs terres et qu'une nouvelle vague de spoliations est en cours : « Ce qui a été entrepris en mars 1980 comme une grande promesse et qui restait prometteur jusqu'à la fin 1980 menace de devenir maintenant un cauchemard bureaucratique, de spoliations et d'assassinats ... »
Malgré les aides extérieures, produit intérieur brut (PIB) a chuté de 13% en 1980, la production industrielle de 16% et la production agricole de 6,6 %. L'investissement privé a reculé de
15% en 1979 et de plus de 38 % en 1980. A la fin 1980, le chômage touchait officiellement 23 % de la population active et le sous-emploi 38,9 %. Sur les 8 milliards de dollars qui ont fui au cours des cinq dernières années d'Amérique centrale vers les Etats-Unis, le Salvador entre pour 2 à 3 milliards environ, d'après la Commission économique l'ONU pour l'Amérique latine (CEPAL).
Rien d'étonnant, au vu de ce bilan, à ce que le président mexicain José Lopez
Wait publiquement reconnu la non-validité des élections organisées au Salvador : « On imagine difficilement que des élections puissent avoir lieu alors que la guérilla et laffrontement se poursui-
Nous pensons que préalablement aux élections, il faut parvenir à ce que j'appelle un accord constituant garantissant l'authenticité du processus électoral. » (Le Monde, 27 février 1982). Ce fait de la politique américaine et de ses resultats.
Il est significatif que, sur les soixante pays sollicités pour envoyer des observateurs garantissant la validité des élections du 28 mars, presque tous - y compris le Brésil et le Canada -, se soient récusés. En Europe, le gouvernement britannique de Margaret Thatcher est le seul à apporter sa caution à cette mise en scène.
Il n'est même plus assuré aujour d'hui que les élections auront lieu. La possible victoire de l'extrême droite sur la Démocratie chrétienne créerait pour Ronald Reagan une situation inextricable.
RENFORCEMENT
ET OFFENSIVE DU FMLN Alors que la faillite politique et économique de la Junte salvadorienne est chaque jour plus évidente, le FMLN a renforcé ces six derniers mois sa pression militaire. Le 2 février, le ministre de la Défense de la Junte, le colonel Guillermo Garcia, déclarait que les élections ne sont peut-être pas la solution. Et le 15 février, le président sommes en train de perdre le bat avec la guérilla dans les campagnes. »
Après l'échec partiel de l'offensive insurrectionnelle de janvier 1981, le FMLN est entré dans une période de réorganisation et de consolidation. Dés
1981, il reprenait une campagne d'envergure avec sabotage du réseau électrique et des voies de communication, mi-octobre, il réussissait pont d'Or qui relie les parties orientale et
Malgré les massacres de paysans, l'opération lancée par l'armée en décembre dans la région de Morazan n'a pas brisé l'élan des organisations révolutionnaires. Fin janvier, le FMLN occupait d'Usulutan. Il occupait également la cité dortoir de Teconotepeque, à dix kilomètres seulement de la capitale. Il renforçait sa pression sur les axes stratégiques, la grande route panaméricaine et celle de la côte Est.
La lutte armée revient vers les centres urbains désormais arrières solides. Dans les zones contrôlées par le FMLN, qui couvrent un quart du pays, des « écoles de guerre » de la guérilla fonctionnent en permanence. La capacité de récupération d'armes l'adversaire a considérablement augmenté.
de communication diffusion par radio s'est perfectionné. Deux jours après l'arrêt des opérations militaires de la Junte destinées à faire taire Radio Venceremos, les émissions ont repris, tandis qu'apparaissait au nord du pays la voix de Radio Farabundo Marti.
L'attaque réussie de la base aérienne d'Ilopango, fin janvier, et la destruction au sol d'une part importante de la force de frappe aérienne de la dictature, illustre l'audace croissante du FMLN et la désagrégation de l'armée officielle. Après cette attaque, une enquête a été ouverte sur les complicités dont auraient disposé les assaillants au sein même de l'armée.
Face à la décomposition de Junte, aux divisions de la bourgeoisie, aux signes de démoralisation au sein même de l'armée, le FMLN-FDR renforce de jour en jour son autorité et affirme sa candidature à la prise du pouvoir.
L'INTERNATIONALISATION
DE LA LUTTE
S'ELARGIT DE PLUS EN PLUS
La portée de cette évolution du rapport des forces au Salvador s'inscrit dans le contexte régional. - Au Guatemala, les forces révolutionnaires désormais réunies au sein l'URNG sont actives dans dix-huit des vingt-deux départements du pays. Prolongeant les progrès de l'unité sur le plan
une intensification du harcèlement mili- tion des effectifs militaires nicaraguayens décision inébranlable.
militaire, la constitution d'un Comité d'unité patriotique (CUP) a été annoncée fin février depuis déclare que ses analyses coïncident avec celles de l'URNG qui regroupe les quatre organisations de la guérilla, et il proclame que la guerre révolutionnaire est le seul chemin laissé au peuple guatémaltèque.
La situation économique ne d'empirer. Les capitaux s'évadent à un rythme accéléré. Seulement population active peut compter sur un
D'après la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), vingt-six années de dictature militaire ont fait plus de 50 000 morts. Elle estime entre 30 et 60 la moyenne des assassinats quotidiens ces derniers mois, soit environ 5 000 pour l'année 1981. Entre juillet et août de cette même année seulement, plus de paysans ont cherché refuge au Mexique. La réponse du chef d'état-major consiste à proposer l'augmentation des de 20 000 à 50 000 hommes pour la seule armée régulière.
Pour la dictature, toute la population est considérée comme suspecte de subversion, comme combattante active ou potentielle, ce qui permet de présenter les assassinats de civils comme des « pertes farce électorale du 7 mars accentue le discrédit du régime. A peine s'est-il proclamé vainqueur que trois concurrents contestent le résultat et appellent à une action nationale de protestation.
pouvoir ne tient que par la terreur. Au Guatemala et au Salvador, comme au Nicaragua hier, les bourgeoisies rachitiques pour soutenir un développement économique et sauver même un si-
Le coup de force et l'appui sur les cliques militaires locales demeurent les seuls recours pour sauvegarder l'ordre impérialiste.
Au Nicaragua, la révolution les menaces de plus en fortes de l'impérialisme à l'extérieur et les pressions de la bourgeoisie à l'intérieur. Les organismes internationaux comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque interaméricaine pour le développement (BID), ou les Etats-Unis, se chargent de mettre la révolution en état de siège économique, en suspendant leurs offensive d'envergure est orchestrée par l'impérialisme pour isoler et discréditer le Nicaragua révolutionnaire. Son cheval de bataille est la campagne orchestrée sur les persécutions dont seraient victimes les indiens Miskitos. L'ambasauprès de l'ONU, l'ultra-réactionnaire Jane Kirkpatrick, n'a pas hésité à affirmer que plus de « 250 000 Miskitos étaient internés dans des camps de concentration », alors que les Miskitos représentent au plus 100 000 personnes.
Cette campagne sert de prétexte à taire et des raids frontaliers partir du Honduras contre la révolution nicaraguayenne. Au Nicaragua complots et attentats se multiplient. Dans zaines de miliciens sandinistes ont trouvé la mort dans des accrochages.
Ces attaques contre la révolution nicaraguayenne trouvent à l'intérieur le la bourgeoisie. La malgré les prêts du service de la dette extérieure a absorbé cette même andes revenus de l'exportation. soldats et le coût d'une milice de 200 000 hommes et femmes, pour faire face à des agresseurs enragés, lourd sur une économie par les destructions de la guerre civile et la fuite des capitaux.
Malgré ces agressions et ces difficultés, le peuple nicaraguayen et le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) n'ont pas baissé les bras et n'ont jamais renoncé à leur solidarité avec la révolution salvadorienne.
de cette internationalisation irrésistible de la lutte de classe, l'impérialisme a parrainé la mise en place, le 19 janvier, d'une coordination tripartite regroupant le Honduras, le Salvador et le Costa Rica, baptisée sans ironie « Communauté démocratique centro-américaine » (CDCA) ! Les Etats-Unis ont présenté cette communauté comme « un premier pas vers des actions de sécurité collective ». Ils se sont engagés, de même que la Colombie et le Venezuela, à venir en aide à n'importe lequel de ses membres en cas d'agression. L'une des conditions d'adhésion à la CDCA réside dans le soutien au processus électoral en cours au
La mise en place de cette communauté constitue un maillon de plus dans le dispositif contre-révolutionnaire de l'impérialisme en Amérique centrale. Elle fournit un nouveau canal « légal » pour une future intervention au Salvador, en même temps qu'elle renforce l'encerclement du Nicaragua révolutionnaire. Elle
June série tendant à isoler et à écraser le Nicaragua, telle la formation du « Triangle Nord » qui a pour objectif de coordonner les armées du Honduras, du Guatemala et du
L'« APPEL DE MANAGUA »
ET LA REPONSE DE CUBA C'est pour tenter de répondre à cette évolution de la situation que le président mexicain José Lopez Portillo a lancé, le 21 février, son « appel de Managua ». Il s'agit d'un plan de paix global visant à résoudre par « des canaux séparés » mais «convergents » trois types de conflits : celui du Nicaragua, celui du Salvador et celui des rapports entre les Etats-Unis et Cuba. Pour le Nicaragua, José Lopez Portillo propose une réducen échange du renoncement aux menaces militaires de la part des Etats-Unis et du désarmement des groupes réactionnaires opérant à partir du Honduras. Concernant le Salvador, il offre sa médiation pour trouver un compromis entre « des élections sans négociations et des négociations sans élections », sans plus de précision. Enfin, il encourage la poursuite des contacts entre les Etats-Unis et Cuba dans la voie ouverte par la rencontre, qui était censée demeurer secrète, entre Rafaël Rodriguez et Alexander Haig, qui a eu lieu en novembre à Mexico.
Si difficile et aléatoire soit-elle, la recherche d'une issue négociée répond pour la bourgeoisie mexicaine au souci de protéger ses propres intérêts économiques, en tentant de rétablir la stabilité dans le Golfe du Mexique, et de prévenir les risques de crise politique que pourrait provoquer au Mexique même une intervention américaine massive en Amérique centrale.
NO
INTERVENTIO
IN'EL, SALVADOR
Manifestation de protestation aux USA. DRI
Quelles que soient ses visées et ses intentions, lancé à la veille du discours de Ronald Reagan sur l'Amérique centrale et
Caraibe (et en connaissance de son contenu, puisque d'après José Lopez Portillo les deux discours ont été échangés avant d'être rendus publies), l'« appel de Managua » a le résultat objectif de rendre plus difficile une intervention condamnant préventivement: une telle action serait « une erreur historique qui provoquerait une convulsion continentale et la résurgence d'un profond sentiment anti-nord-américain chez les meilleurs hommes de toute l'Amérique latine ».
C'est dans cette mesure que Fidel pu saluer chaleureusement l'« appel de Managua » sans reculer d'un pouce sous les menaces de l'impérialisme et sans renoncer aux engagements révolutions d'Amé. « (...) Le ton de ses menaces monte de jour en jour et la campagne de mensonges et de calomnies contre notre pays atteint des extrêmes sans précédent. Les principales personnalités du gouvernement nord-américain persistent à voir dans l'agression militaire une des options sans la moindre légitimité et au mépris total du droit international, leur permettraient de "châtier" Cuba et de le détruire, si possible, pour avoir osé indépendance avec une
«C'est donc nom du droit légitime, sacré et inaliénable à l'auto-défense, que le peuple cubain s'organise et se prépare militairement en masse. Pour les pays frères d'Amérique latine et de la les armes cubaines tueront jamais un danger, mais le symbole d'une décision exprimée en son temps par José Marti, celle d'empêcher à temps, par l'indépendance de Cuba, que les EtatsUnis ne s'étendent dans la région et ne fondent avec cette force supplémentaire sur nos terres d'Amérique. tituons en fait une tranchée irréductible contre l'expansionnisme qui a cher aux peuples de cet héFAES L'armée salvadorienne en poste dans les rues de San Salvador. (DR) misphère et auquel l'héroïque nation mexicaine, qui l'a connu dans sa chair, a lourd tribut de sang, d'humi« Si le gouvernement des Etats-Unis - unique source de tous les maux qui affectent aujourd'hui l'Amérique latine et
- s'engage à ne pas agresser ses voisins et à mettre fin à ses menaces continuelles, s'il cesse de mettre ses armes et ses ressources économiques au service de régimes génocides, terme à ses activités subversives qui sont toutes dépourvues de la plus élémentaire légitimité, Cuba est prêt à collaborer aux nobles efforts que vous avez évoqués à Managua pour instaurer dans la région un climat de paix, de respect mutuel et de transformations nécessaires auxquelles Lopez Portillo, 25 février 1982).
Mais, si les propositions Lopez Portillo ont pour premier effet de freiner le bras de l'impérialisme quant à une intervention militaire directe, n'ont rien d'un soutien désintéressé à la révolution en Amérique centrale. visent au contraire à éviter un embrasement généralisé de la région en ouvrant la possibilité d'une solution négociée à moyen terme.
Cette fonction est d'autant plus claire que le président mexicain, au lieu de reconnaître l'URNG et d'accueillir les réfugiés guatémaltèques comme des réfupolitiques, envisage la création d'une force armée spéciale pour la défense de sa frontière méridionale et de ses champs de pétrole. Au journaliste qui lui demandait pourquoi le Mexique n'avait pas pris sur le Guatemala la même position que sur le Nicaragua ou sur le Salvador, José Lopez Portillo répondit laconiquement : « Il s'agit de situations différentes. » (Le Monde, 27 février 1982).
Pour le FMLN, il est tout à fait légitime de tirer parti des contradictions
EPU 2BDD de l'adversaire en proposant de négocier sans renoncer à son indépendance politipropositions de négociations de José Lopez Portillo ont un sens différent. En réclamant une d'ensemble pour toute la région, elles marchandage global et à fixer le prix à payer pour éviter l'intervention militaire américaine : un arrêt du processus révolutionnaire en Amérique centrale.
En appuyant une stabilisation de la situation telle qu'elle est au Nicaragua, elles constituent un encouragement à la bourgeoisie nicaraguayenne dans l'attente d'une solution globale pour la région.
En misant sur l'impossibilité dénouement des forces au Salvador, elles cherchent à provoquer des divisions et des différenciations dans la résistance sur la conception des négociations.
A l'issue des élections au Salvador, elles peuvent offrir une porte de sortie à l'impérialisme américain pour éviter un enlisement accru. L'« appel de Managua » dès l'origine, le soutien de la social-démocratie européenne. Dès les premiers jours mars, la diplomatie britannique, l'une des rares diplomaties européennes à soutenir jusque-là la politique américaine, a modifié sa position en mettant en relief les différences au sein du FDR et la possibilité rencontrer des interlocuteurs responsables. Enfin, les discussions engagées directement entre les responsables américains et mexicains vont dans le même sens.
José Lopez Portillo et la Ile Internationale ont tiré les leçons du Nicaragua. Ils feront tout pour éviter une victoire militaire du FMLN et des guérillas guatémaltèques.
LE PLAN DE REAGAN
COUVRE UN ENGAGEMENT
MILITAIRE ACCRU Trois jours après l'« appel de Managua », Ronald Reagan rend public, le 24 février, son Plan de développent et d'aide militaire à l'Amérique centrale et à la Caraibe. José Lopez Portillo est alors obligé d'en conclure que les chances de réussite de ses propres propositions de paix « sont moindres, dans la mesure où le président Reagan a été très dur avec Cuba et le Nicaragua. Les chances de détente se réduisent. » (Le Monde, 27 février 1982).
Le Plan de Ronald Reagan, qualifié par la presse de « mini plan Marshall », constitue en effet une nouvelle escalade militaire introduite par un discours de croisade anticommuniste, contre " le poids de plus en plus ecrasant de la gauche totalitaire à Grenade et au Nicaragua, et l'extension des violences révolutionnaires soutenues par Moscou organisées par Cuba en Amérique centrale. (...) Si nous n'agissons pas rapidement et avec décision pour défendre berté, de nouveaux Cuba vont surgir des ruines et des conflits d'aujourd'hui... »
Il consiste essentiellement en un supplément d'aide de 350 millions dollars (ce qui porte à 823 millions l'aide totale à la région pour l'année en cours), en des facilités fiscales accordées aux entreprises impérialistes investissant dans ces pays, en aides techniques au secteur privé. Présentées sous un jour humanitaire pour endormir Congrès américain et l'hostilité de l'opinion à un engagement accru en Amérique centrale, ces aides sont très sélectives. Destinées en priorité au Salvador, au Costa Rica et à la Jamaïque, elles excluent le qués par la corruption, les inégalités les plus criantes, leurs effets seront lents et limités, dans le meilleur des cas. Dans le
Get le plus probable, elles alimenteront la spéculation, comme ce fut le cas pour les aides reçues par le Nicaragua après le tremblement de terre moza, sans stimuler l'investissement.
prétendue aide Reagan se réduit à faire de la Caraibe une meilleure base pour l'investissement des monopoles américains, et à proposer à ces pays une politique économique identique à celle qui se traduit aux Etats-Unis par le chômage et l'austérité.
RAMOSEN HUELGAS HAM BRE
Il est trop tard pour les pansements économiques : pour l'impérialisme américain, le redressement de la situation passe par l'écrasement de la révolution.
En fait, le Plan Reagan constitue donc une couverture pour un nouvel effort militaire. Sur les 350 millions de dollars débloqués, 60 sont explicitement réservés à l'aide militaire. Ils ne font que s'ajouter aux 26 millions déja inscrits au budget régulier, et aux 55 millions débloqués le ler février pour remplacer au plus vite le matériel aérien détruit par la guérilla salvadorienne trois jours plus tôt, lors de son opération contre la base aérienne d'Ilopango. La rapidité de ces largesses comparée à la lenteur des tractations interminables pour l'octroi de crédits (finalement annulés) au Nicaragua,
Elles s'incrivent dans un des Etats-Unis sans précédent, porté début février à la somme colossale de 216 milliards de dollars, au moment comptent 10 millions chômeurs, et où Ronald Reagan décréte une réduction des dépenses sociales de 41 milliards pour les trois années à venir !
Cette aide militaire crée déjà les conditions pour la présence de multiples conseillers qui sont le premier pas de l'intervention directe.
Elle se combine avec l'aide militaire intense d'Israël et la présence, désormais publiquement admise, des militaires argentins, notamment au Salvador et au Honduras. Lors de son passage à Buenos Aires, T'envoyé de Ronald Reagan, Thomas Enders, jadis responsable bardements américains au Cambodge, a déclaré sans détours qu'il attendait de
«une participation active dans toute action entreprise en Amérique
En affirmant dans une conférence de presse, le 18 janvier, que les Etats-Unis « n'ont aucun plan pour envoyer des troupes de combat où que ce soit dans le monde », Ronald Reagan a une fois de mesure du possible, les USA feront en sorte que d'autres se battent pour eux. Ils leur en offriront les moyens matériels et financiers. La presse américaine n'a cessé, tout au long du mois de février, de révéler, en plus de l'aide militaire directe, les crédits « spéciaux » prodigués à la CIA, tels ces 19 millions de dollars destinés à encourager la formation d'une opposition politique large et d'équipes paramilitaires au Nicaragua.
Mais, en dernier recours, les EtatsUnis ne renonceront jamais à intervenir
Le débat porte non sur la nécessité de l'intervention, mais sur sa forme. Il y a la possibilité de soutenir une régionale menée de fait par le Honduras, le Guatemala et le Salvador contre le avec l'appui Argentins, des Chiliens et des dollars et aides techniques américains. Il y possibilité de susciter une guerre civile au Nicaragua même. marines. Il y a la possibilité de combiner
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ces hypothèses à des degrés Les Etats-Unis sont déjà engagés de fait dans la guerre contre-révolutionnaire en Amérique centrale : par les livraisons d'armes, par la présence de leurs conseillers militaires, par l'organisation en cours des manœuvres maritimes de l'OTAN, par l'ouverture de camps d'entraînement pour former les troupes de choe de l'armée salvadorienne. Cette agression vise à l'écrasement de la révolution en Amérique centrale et, peuples de Cuba et de Grenade.
En Amérique centrale, la possibilité de la conquête du pouvoir et de l'instauration de nouveaux Etats ouvriers est aujourd'hui à l'ordre du jour
Dans le monde, un vaste mouvepeut prendre corps contre les menaces d'intervention impérialiste.
La solidarité militante à la révolulimitée. Elle doit s'élargir et s'amplifier, s'élever à la hauteur des réels enjeux, renouer avec la tradition internationaliste de défense de la révolution vietnamienne.
La mobilisation contre la guerre, aux Etats-Unis même, occupe une place centrale pour faire obstacle à l'intervention impérialiste. L'opinion publique, toujours sous le coup de la défaite subie
Vietnam, reste hostile à un engagement militaire direct, malgré les appels à croisade lancés par Ronald Reagan, consorts. D'après de récents sondages, plus de la moitié de la population rejetterait l'idée que les Etats-Unis auraient la mission d'arrêter le communisme Amérique latine, si cela doit signifier le soutien à des gouvernements qui nient les droits de l'homme les plus élémentaires ; plus de 80 % de l'opinion seraient hostiles à une intervention militaire au Salvador. Cette opposition s'est également exprimée à travers les manifestations syndicales contre les budgets d'austérité.
La conférence épiscopale s'est déclarée opposée à la livraison d'armes au scandalisée par la diffusion de reportages montrant des conseillers américains en
Manifestation syndicale au Guatemala (DR) armes aux côtés des troupes gouvernementales salvadoriennes.
En Europe et en Amérique latine, mobilisations de grande ampleur sont à l'ordre du jour. Deux millions de syndicalistes et de jeunes se sont mobilisés à l'automne en Europe contre la militarisation, les missiles nucléaires et les menaces de guerre. Une guerre déjà engagée de fait en Amérique
L'impérialisme américain intervient déjà. Son intervention peut franchir de nouveaux pas qualitatifs d'un jour à l'autre.
La mobilisation contre la guerre avec la mobilisation contre l'intervention impérialiste en Amérique centrale. De grandes mobilisations sont mars aux Etats-Unis, le 28 mars au Mexique et dans plusieurs pays d'Europe. Au mois de mai, une caravane anti-impérialiste et « anti-interventionniste » va parcourir douze pays avec des représentants FSLN, du FMLN-FDR et de l'URNG. Ce sera loccasion de grandes mobilisations. De nouvelles manifestations sont préparées pour le 12 juin aux Etats-Unis. la-peste » visitera l'Europe, le 5 à Paris, le 7 en Grande-Bretagne, le 9 en Allemagne, notamment pour assister au sommet de l'Alliance atlantique. Cette visite doit être l'occasion de nouvelles et mobilisations contre les méfaits de l'impérialisme en Amérique centrale et contre le déploiement de ses engins de mort en
Les sections de la IVe Internationale jetteront toutes leurs énergies dans ces
- contre l'intervention impérialiste en Amérique centrale ;
des révolutions cubaine, nicaraguayenne et de l'ile de
- pour la victoire du FMLN au Salvador et de PURNG au Guatemala.
Secrétariat unifié (SU) de la IVe INTERNATIONALE 12 mars 1982.