La résistance ouvrière à l'austérité La résistance des travailleurs belges à la politique d'austérité menée par le cinquième gouvernement conservateur dirigé par Wilfried Martens continue à s'étendre, même si c'est de manière inégale entre les régions et les secteurs industriels. Alors que les deux grandes confédérations syndicales, la FGTB (à direction SOcial-démocrate) et la CSC (à direction social-chrétienne) s'engagent de manière hésitante et en ordre dispersé vers des actions à l'échelle nationale de caractère encore limité, divers secteurs ont déjà décidé de se lancer dans des actions d'ensemble :
- Les cheminots ont décidé une grève générale nationale pour le jeudi 25
- Les enseignants ont décidé une grève générale nationale pour le mercredi 31
- Depuis le lundi 22 mars, la direction régionale de la FGTB de Mons-Borinage a appelé à une grève générale interprofessionnelle de durée illimitée sur la région, qui a été largement paralysée de. puis cette date.
- Le lundi 22 mars également, lors de congrès extraordinaires régionaux de la FGTB, à Tournai-Mouscron et à Charleroi, une large majorité de délégués s'est exprimée en faveur de la grève générale illimitée. A Tournai-Mouscron, la bureaucratie a réussi à empêcher le vote sur cette question. A Charleroi, la base a pu imposer un vote qui a été à 80% favorable à la grève générale.
Après la manifestation des 10 000 ouvriers sidérurgistes dans les rues de Bruxelles le lundi 15 mars dernier, qui a été accompagnée de violents heurts entre les manifestants et la gendarmerie, le gouvernement réactionnaire a commencé une campagne de dénonciation de l'aile militante du mouvement, visant particulièrement la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT-RAL), la section belge de la IVe Internationale. L'hebdomadaire de la LRT, la Gauche du 19 mars, rapporte la substance d'un communiqué de la gendarmerie qui a été lu le mercredi 17 mars à 13 heures à la radio, et qui déclarait ceci : « Parmi les manifestants se trouvaient des bandes de jeunes extérieurs aux sidérurgistes. Ce sont eux qui sont responsables des bagarres à la place Rogier. Parmi eux se trouvaient la LRT et le PTB. » Un camarade de la LRT, Daniel Eskenazi, a été arrêté et est depuis lors incarcéré à la prison de Forest. Une campagne unitaire est en train de s'organiser pour exiger sa libé. ration.