250 000 métallos contre la politique salariale du gouvernement Le vendredi 26 mars, s'est déroulée à Rome l'une des plus puissantes manifestations ouvrières de ces dernières années en Italie. Quelque 250 000 métallos provenant de toutes les régions de la péninsule ont défilé dans les rues de la capitale avant de participer à un rassemblement monstre sur la place San Giovanni. La grève des métallos avait été lancée par leur fédération unitaire, la FLM, pour protester contre la politique économique du gouvernement et les manœuvres d'obstruction du patronat qui veut repousser aux calendes grecques la négociation du nouveau contrat national catégoriel. Le meeting de la place San Giovanni a été marqué par un épisode significatif. Le secrétaire général de la UIL (Confédération à majorité socialiste avec la participation des sociaux-démocrates et des républicains), Benvenuto, a été bruyamment sifflé et n'a pas pu se faire entendre par la masse des travailleurs. Il avait été, dans les jours qui avaient précédé la manifestation, le principal porte-parole du courant opposé à la proclamation par les trois centrales syndicales d'une grève générale nationale contre la politique du gouvernement (auquel participent les socialiscompromis avait été finalement : pour le vendredi 2 avril, on décidait non pas une grève générale, mais un arrêt de travail de deux heures, donc assez symbolique.
La mobilisation de Rome indique que les couches décisives du prolétariat italien maintiennent un potentiel de lutte considérable. Mais il ne faut pas oublier qu'au cours du mois de mars un coup dur a été subi par les ouvriers des usines Alfa Romeo, bastion du prolétariat milanais, avec la mise à la Cassa integrazione (chômage technique) de 5 780 travailleurs jusqu'à mars 1983, ce qui implique, entre autres, une épuration massive de tous les cadres et militants les plus combatifs. Par ailleurs, la grève des métallos du 26 mars a été marquée par un échec à Turin. Cela explique pourquoi l'esprit de ceux qui ont défilé dans les rues de Rome n'était pas le même qu'à d'autres occasions : le sentiment d'incertitude, voir d'angoisse face à un avenir incertain et au manque de perspectives était assez répandu.
La Ligue communiste révolutionnaire (LCR), la section italienne de la IVe Internationale, a participé à la manifesta-
tion des métallos de Rome avec les mots d'ordre suivants : « Arrêt des licenciements ! 35 heures tout de suite pour l'emploi ! Retrait du PS du gouvernement ! Unité PC-PS pour une alternative ouvrière de gouvernement ! »