Manifestations contre la guerre et le nucléaire Dans la première semaine du mois d'avril, de fortes mobilisations anti-guerre, les plus importantes depuis l'époque des manifestations contre la guerre du Vietnam dans les années 1970-1971, ont eu lieu en Australie. A travers plusieurs villes, plus de 100 000 personnes au total se sont mobilisées pour manifester leur opposition aux dangers de guerre et réclamer le désarmement nucléaire.
Regroupant un large éventail de sensibilités, depuis syndicalistes jusqu'aux organisations religieuses, ces mobilisations ne représentaient pas seulement la reprise d'activité de personnes ayant déjà milité contre la guerre du Vietnam. Des dizaines de milliers de manifestants faisaient là leur première expérience de mobilisation contre la guerre. tions, de forts contingents dénonçaient aussi les menaces d'intervention directe de l'impérialisme US en Amérique centrabanderoles proclamant « USA hors du Salvador ! USA, bas les pattes devant le Salvador ! El Salvador, peuple vaincra ! »
La plus importante de ces manifestations a rassemblé environ 40 000 personnes, le 4 avril à Sydney. Le même jour, une manifestation identique réunissait 30 000 personnes à Melbourne, 8 000 personnes à Adélaïde le 3 avril, 5 000 à Brisbane le 7 avril, 4 000 à Perth et plusieurs centaines à Newcastle ; ces chiffres donnent une idée du caractère national de ces mobilisations.
D'autre part, ces mobilisations ont reflété plus qu'un simple désir de paix. L'hebdomadaire socialiste australien Direct Action, qui exprime les vues du Socialist Workers Party (SWP), section australienne de la IVe Internationale, précise dans son numéro du 21 avril que, lors de la manifestation de Sydney, « les plus forts applaudissements pour le discours de l'auteur Patrick White ont salué sa demande de fermeture des bases américaines ; mais quand il a essayé de prononcer une condamnation identique dans la responsabilité dans la course à la guerre de l'Union soviétique, ce fut le silence ».
Cette campagne du mois d'avril a été menée à l'initiative d'une coalition dénommée « Australiens pour le désarmement nucléaire » (AND). Un rôle politique déterminant y est tenu par les parlementaires du Parti travailliste australien (ALP) et des forces liées à l'Association pour la coopération internationale et le désarmement (AICD) qui est aussi appelée « Congrès pour la coopération internationale et le désarmement » à Victoria.
Ces groupes se sont toujours refusés à présenter pour s'opposer réellement à la course à
ils se sont opposés à ce que les mots d'ordre officiels des récentes manifestations réclament la fermeture des bases US, le retrait des contingents australiens de la force du Sinaï, ou l'arrêt de l'intervention US en Amérique centrale. « Le slogan officiel était seulement Pour
Get "Contre la guerre nucléaire" aucune proposition de concrètes nécessaires pour atteindre ces objectifs louables », note Direct Action. cela le plus souvent en disant que gens ordinaires » ne comprendraient pas des mots d'ordre « trop radicaux ».
Les principaux slogans repris par les dizaines de milliers de personnes prouvent pourtant l'inverse. tions n'étaient nullement effrayées de ré. clamer l'arrêt des manœuvres US contre l'Amérique centrale par exemple.
Mais, de plus, comme le note Direct Action, « il y a quelque chose d'encore plus important que la question de savoir combien de gens peuvent être mobilisés pour manifester pour cette revendication ou ce slogan. La question réelle est de savoir si le mouvement anti-guerre va être capable de réduire le danger de guerre.
Pas de guerre nucléaire" est un sentiment pur, mais seulement un sentiment. Pour faire quelque chose contre le danger de guerre nucléaire, nous devons savoir qui est à l'origine de ce danger et la meilleure manière de le combattre ». Après avoir précisé que l'impérialisme le plus agressif et dangereux est celui des USA, Direct Action note que l'Australie collabore avec les USA. « C'est pour cela qu'il y a des bases US en Australie, des troupes australiennes au Sinai. C'est pourquoi le Premier ministre Malcom Fraser soutient la politique de Ronald Reagan au Salvador, et pourquoi le gouvernement austradépense des centaines de millions pour acquérir un porte-avions. » Le mouvement anti-guerre en donc, d'après Direct Action, « diriger son tir contre l'impérialisme australien aussi bien que contre celui des USA ».
Mais, à ce combat anti-impérialiste, les forces de l'ALP-AICD dans l'AND préfèrent une stratégie de soutien aux processus de négociations pour un désarmement bilatéral aux Nations Unies ou d'autres forums internationaux, ces négociations font partie de la stratégie impérialiste de course aux armements, en essayant de la dissimuler derrière le faux argument de la prétendue supériorité militaire soviétique.
Prenant le cas de l'Australie qui n'est nullement menacée militairement, Direct Action propose : « Les revendications du vraient être pour le désarmement total de l'impérialisme australien ; pas de dépenses militaires ; pas de troupes outre-mer ; pas d'armée permanente ; pas de bases mili-
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