PAYS-BAS/USA/RFA D'imposantes manifestations pacifistes Après les 20 000 manifestants de Paris, les 150 000 de Rome et les 10 000 d'Anvers, le 5 juin dernier, puis les 250 000 personnes qui ont répondu à Londres, le 6 juin, à l'appel du comité Campagne pour le désarmement nucléaire (cf. Inprecor numéro 128, du 14 juin 1982), le mouvement international contre la militarisation impérialiste et les interventions américaines en Amérique centrale a connu de nouveau de vastes mobià Amsterdam en Hollande, République fédérale allemande et à New York dans la citadelle impéria-
Aux Pays-Bas, environ 5 000 festants ont participé le 12 juin, à Amsterdam, à une mobilisation contre les missiles nucléaires et l'intervention US en Amérique centrale. Cette mobilisation était soutenue par les formations de gauche, les comités de solidarité avec l'Amérique centrale et les organisations pacifistes. Cependant, ces forces étaient réticentes à impulser une démonstration militante véritable avec un clair caractère anti-Reagan et anti-US. Le week-end prédes concerts « Rock contre Reagan » à Nimègue et à Amsterdam avaient attiré près de 6 000 personnes. L'IKB, la section hollandaise de la IVe Internationale et l'organisation de jeunesse « Rebel » ont formé un contingent combatif de 200 personnes dans la manifestation d'Amsterdam, autour de slogans tels que
«Apais le escar sa to e Amérique
la nôtre, solidarité internationale ! »
En République fédérale allemande, près d'un demi-million de personnes ont manifesté le 10 juin : 400 000 à Bonn en même temps que le sommet de l'OTAN, 40 000 à Berlin et d'autres rassemblements moins nombreux à travers le pays. Ces mobilisations étaient parmi les plus importantes organisées dans ce pays. La manifestation de Bonn était convoquée par une coalition d'organisations pacifistes, chrétiennes, écologistes, tés de solidarité avec l'Amérique centrale et de formations politiques, autour des mots d'ordre : « Non au déploiement des Pershing ! Non à la bombe à neutrons !
avec la révolution coloniale, en Turquie et au Salvador ! ».
Le slogan du mouvement pacifiste d'Allemagne de l'Est (cf. dans ce même numéro d'Inprecor l'article d'Anna Libera sur ce thème), « Transformer les épées en socs de charrues! » était remarqué dans la manifestation. Le cortège du GIM, section allemande de la IVe Internationale, et son groupe de jeunesse, comptait plusieurs centaines de personnes dont de de l'OTAN! Solidarité avec le Salvador, la' Turquie et Solidarnose ! Britanniques hors des Falklands ! » et en solidarité avec le mouvement pacifiste d'Alsion du mouvement pacifiste. Les syndicats qui étaient antérieurement très hostiles au mouvement ont commencé à faire marche arrière. Par exemple, ils n'ont pas, comme ils l'avaient fait en octobre dernier, interdit à leurs membres de participer à la manifestation de Bonn. Ces derniers mois, il y a même eu de nombreuses initiatives syndicales autour du mot d'ordre : « Des emplois, pas des bom-
Aux Etats-Unis, c'est un million de personnes qui se sont rassemblées à New York devant le siège des Nations Unies, pour clôturer en apothéose cette semaine de mobilisations internationales contre Reagan-la-Guerre et le militarisme impérialiste. Ainsi était réaffirmé dans la citadelle impérialiste la plus puissante, avec force et nombre, le poids du mouvement pour la paix et l'inquiétude de nombreux américains face à la marche à la guerre du gouvernement Reagan.
La manifestation a été très large et très hétérogène. Nombre de participants qui se trouvaient pour la première fois dans une manifestation de rue, y avaient été poussés, en quelque sorte, par leur crainte des armes nucléaires et leur désir de mettre fin à la course aux armements.
Un courant minoritaire mais significatiL, comprenant le Socialist Workers Party (SWP), organisation américaine que des lois scélérates empêchent d'être une section de la IVe Internationale, était organisé autour de mots d'ordre qui s'opposaient directement aux menées guerrières présentes des USA, tels que : « Pas une personne, pas un centime pour les guerres de Washington! USA hors d'Amérique centrale ! Halte à la guerre contre le Nicaragua, le Salvador, Cuba, Grenade ! Israël hors du Liban ! ». L'écho rencontré par des slogans du genre de celui revendiquant « Des emplois, pas des bombes ! » illustrait l'inquiétude ressentie face à l'ofdu gouvernement Reagan, et un début de compréhension de ses rapports avec la marche à la guerre.
L'Amérique centrale était un thème important de la mobilisation. Toutes les références au Salvador étaient largement saluées, comme le fut le représentant du FDR salvadorien qui prit la parole devant le bâtiment de l'ONU. Parmi intervenants, Isabel Letellier, l'ancien gouvernement Allende au Chili, assassiné aux Etats-Unis lors de son exil, rappela les efforts du département d'Etat américain pour abattre le gouvernement chilien et leurs efforts actuels pour en faire de même au Nicaragua.
Des représentants du mouvement des Noirs américains, dont le révérend Ben Chavis du parti politique national indé. pendant des Noirs et porte-parole du Front uni national noir, qui se sont opposés aux guerres dans lesquelles l'impérialisme US est investi en Amérique centrale et au Liban, ont aussi pris la parole.