Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PORTUGAL

Soutien aux prisonniers politiques en grève de la faim

Inprecor n° 129, 28 juin 1982 · p. 35 · 395 mots

Portugal Syndicalisme

Men grève de la faim Onze militants du Parti révolutionnaire du Prolétariat (PRP), placés depuis quatre ans en régime de détention préventive, ont entrepris une grève de la faim pour obtenir leur libération. Certains restent détenus alors que les jugements les condamnant ont été annulés. Une loi d'amnistie ne leur a pas été appliquée. Parmi eux se trouvent les deux principaux dirigeants de l'organisation : Isabel do Carmo et Carlos Antunes.

S'inspirant de l'exemple tragique des prisonniers politiques irlandais, tants du PRP ont décidé d'entrer en grève de la faim, un par un tous les dix jours. Amilcar Romano a commencé sa grève le 21 mai. Il a été rejoint, le ler juin par Joao Santos, et le 10 juin par Carlos An-

Les avocats dénoncent les conditions de détention auxquelles sont soumis ces prisonniers politiques, parmi les derniers du pays : visites limitées, courrier censuré, manque de soins médicaux qui a suscité une prise de position de l'Ordre des médecins.

Ce traitement contraste avec l'indulgence dont bénéficient les anciens agents de la dictature salazariste. Aujourd'hui, sur plus de 5 000 agents de la police politique illustre pour ses tortures, la PIDE, deux ou trois seulement sont encore détenus. Le chef de la PIDE a eu droit, à sa mort, à des obsèques avec honneurs militaires. Le général Spinola lui-même, chef du coup reactionnaire du 11 mars 1975. a été fait maréchal sur proposition du pre sident Eanes et du « Conseil de la Révolution ».

A plusieurs reprises, le gouvernement a fait pression sur les députés pour repousser l'adoption de lois d'amnistie. Un projet d'amnistie a encore été déposé le 15 juin par le président du groupe socialiste, Salgado Zenha, et rejeté par la majorité de l'Assemblée, le 18 juin.

Les militants du PRP ont annoncé leur détermination à lutter jusqu'à leur libération ou jusqu'à la mort.

Une campagne se développe au Portugal, animée principalement par le groupe d'origine maoïste UDP, le Parti socialiste révolutionnaire (PSR), section portugaise de la IVe Internationale, et par les familles des prisonniers. Cette campagne doit recevoir le plus large soutien internacional. C'est d'autant plus urgent que l'alerte doit être donnée avant les mois d'été, où il est plus difficile de maintenir une mobilisation. Les motions, déclarations ou informations sur ce problème doivent étre communiqués d'urgence au CSPA, rua Alexandre Herculano, 55, Lisboa, Portugal.

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