Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ANTILLES

Ve Congrès du GRS

Inprecor n° 129, 28 juin 1982 · p. 32 · 473 mots

France

Ve congrès du Groupe

Révolution Socialiste Le Ve Congrès du Groupe Révolution Socialiste (GRS), section antillaise de la IVe Internationale, vient de se tenir du 29 au 31 mars. Ses travaux se sont déroulés dans la commune de l'Ajoupa-Bouillon, dont le maire est notre camarade Jean Elie. Une partie importante des débats a tourné autour de l'appréciation de la situation politique après la victoire du Parti socialiste (PS) et du Parti communiste (PCF) en France le 10 mai dernier.

Le document adopté à l'unanimité des délégués insiste sur l'ouverture que représente cette nouvelle majorité en France. Certes, si le GRS n'a aucune illusion sur la volonté du gouvernement français de briser le statut colonial, il apparaît cependant que cette majorité PS-PC ne peut se permettre de suivre exactement la politique de Valéry Giscard d'Estaing, notamment en ce qui concerne la répression et le soutien inconditionnel qui était apporté aux forces colonialistes des deux îles.

Dans ce contexte, les travailleurs antillais se sentent plus forts pour imposer leurs revendications. C'est du reste dans cette situation qu'on assiste au dévelop pement d'organisations nationalistes et en même temps à l'exigence d'unité de toutes les forces anticolonialistes aujourd'hui très dispersées. Des appels à l'unité ont d'ailleurs été lancés aussi bien en Martinique par le Parti progressiste martiniquais (PPM) d'Aimé Césaire, qu'en Guadeloupe par une nouvelle formation issue du Groupe de libération armé (GLA), le Mouvement populaire guadeloupéen pour l'Indépendance (MPGI).

En réponse à ces appels, souvent ambigus dans leur contenu, le GRS propose la tenue d'etats-generaux anticolonialistes sur une base «lutte de classes ». Face à la proposition gouvernementale d'élection

Assemblée unique, perspective condamnée par la droite coloniale, le GRS remarque qu'il s'agit d'un projet qui ne rompt pas avec le cadre colonial mais qu'avec les luttes de masses, les travailleurs pourraient s'en servir comme d'un tremplin. Enfin, après avoir adopté une série de résolutions sur les tâches et avoir décidé de se doter de permanents, les congressistes ont décidé de tenir un noucongrès, début novembre pour aborder sur le fond des questions que le manque de temps n'a pas permis

NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE trancher, notamment le projet de construction d'un parti révolutionnaire antillais qui respecte en même temps les différences existant entre la Guadeloupe et la Martinique. Le camarade Alain Krivine, membre du Bureau politique (BP) de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) de France a assisté au Congrès et y a apporté le salut de la IVe Internationale. Il est à noter l'impact public de ce congrès. Signe d'un début de libéralisation des médias après le 10 mai, la télévision et la radio ont présenté le congrès comme l'événement politique du weekend aux Antilles. Pendant toute la journée du mardi ler juin, les dirigeants du GRS se sont succédés sur les ondes pour commenter le congrès, certaines interviews durant près d'une demi-heure.

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