Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AMERIQUE DU NORD

Canada et Québec : Congrès de la RWL/LOR

Inprecor n° 13, 29 septembre 1977 · p. 25-26 · 843 mots

IVe Internationale

Du 25 juillet au 6 août se sont tenus à Montréal et à Toronto, les congrès du Revolutionary Marxist Group (RMG), du Groupe marxiste révolutionnaire du Québec (GMR) et de la League for Socialist Action/Ligue socialiste ouvrière (LSA/LSO). Les militants des trois organisations ont décidé de mettre fin à l'existence de trois organisations trotskystes séparées, pour unir leurs forces au sein de la nouvelle section pancanadienne de *la lVème Internationale. Le congrès de fusion et de création de la Revolutionary Workers League/Ligue ouvrière révolutionnaire a eu lieu le 7 août à Montréal. Il a élu la direction de la nouvelle organisation, enregistré l'élection d'un nouveau bureau national par la conférence des militants du Québec et adopté plusieurs résolutions politiques. Nous publions ici quelques extraits de l'allocution prononcée par le camarade Yves Desjardins, au nom du Comité politique de la RWL/LOR, lors du 29ème congrès du SWP des Etats-Unis. "La création de la RWL/LOR met fin à la scission qui en 1972/73, a divisé le mouvement trotskyste au Canada et au Québec. La scission était étroitement liée à la lutte fractionnelle, qui, à cette époque, faisait rage dans l'Internationale.

Nous reconnaissons tous aujourd'hui que notre incapacité à surmonter l'esprit fractionnel à travers une discussion politique franche et loyale, nous a empêchés de construire une direction forte, c'est-à-dire enrichie par les points de vue de courants différents coexistants dans une même organisation. Le résultat - et c'est la logique inévitable du sectarisme -fut une tendance à caricaturer et à exagérer nos différences. Selon les uns, les autres étaient opportunistes à l'égard des masses ou bien s'adaptaient de façon ultra-gauche à l'avant-garde. Nous comprenons tous désormais qu'il ne s'agit pas d'opposer les préoccupations de l'avant-garde aux besoins objectifs des masses. Notre tâche, au contraire, est de combiner un travail en direction des masses dans leur ensemble avec le développement d'une orientation et d'une tactique particulière en direction des éléments et des courants qui évoluent vers nous. Les organisations qui ont donné naissance à la RWL/LOR sont encore très jeunes. Nous avons encore beaucoup à apprendre de la lutte des classes. Face à des questions très compliquées, nous avons tous commis des erreurs. Le GMR avait une attitude ultra-gauche sur la question de la constitution d'un parti ouvrier basé sur les syndicats au Québec. Il en était de même pour le RMG en ce qui concerne le NDP (1). Quant à la

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AMERIQUE DU NORD LSA/LSO, elle développa des positions erronées sur le national isme québecois en 1972 et traversa des débats très difficiles sur la question du NPD et du nationalisme canadien. Le dénouement positif que nous connaissons aujourd'hui fut rendu possible par le fait que les trois organisations adhéraient à la IVème Internationale et que celle-ci s'est constamment battue pour maintenir son unité, malgré les violentes luttes de fractions et les scissions nationales. Il est clair que notre fusion n'est pas un phénomène isolé, mais qu'elle s'inscrit dans l'évolution actuelle de l'Internationale. C'est notre capacité à tirer les leçons et les bilans de notre expérience concrète dans la lutte des classes qui démontre que tous les courants de l'Internationale se situent dans un cadre programmatique commun. A cet égard, la création de la RWL/LOR est un pas en avant important non seulement pour l'accomplissement de nos tâches au Canada et au Québec, mais aussi pour la IVème Internationale dans son ensemble. C'est pourquoi nous apportons notre soutien total à la dissolution des tendances et fractions existant aujourd'hui dans l'Internationale et également à la création d'un organe public unique de la IVème Internationale, résultant de la fusion des publications internationales actuelles. C'est la lutte des classes, la grève générale du 14 octobre 1976 et la victoire du Parti québecois aux élections provinciales, le 15 novembre 1976 (2), qui a accéléré notre fusion. Notre analyse et notre réponse communes à ces évènements centraux ont été le moteur essentiel du processus de fusion.

La réponse à la lutte nationale du Québec constitue aujourd'hui le test décisif pour tous les révolutionnaires qui mi- . litent dans l'Etat canadien. La plupart des tendances qui se disent socialistes ont misérablement échoué sur cette question. Seules les organisations de la IVème Internationale ont lancé une campagne pour le droit inconditionnel des Québécois à l'autodétermination, y compris leur droit à la séparation. Seuls les trotskystes du Québec se sont clairement prononcés pour l'indépendance nationale, tout en liant évidemment cette perspective à la lutte pour le socialisme. La nouvelle organisation compte 350 membres. Plus de 500 personnes ont participé aux travaux des congrès. Un tiers des militants sont syndiqués. 40% sont des femmes. Avec 90 membres, nous nous trouvons dans la meilleure situation que le trotskysme ait jamais connu au Québec. L'essor de la lutte des classes cofhcide avec la formation d'une nouvelle organisation révolutionnaire, mieux préparée à réaliser les possibilités qui s'offrent désormais aux militants trotskystes du Canada et du Québec." NOTES 1) NDP : New Democratic Party, Nouveau parti démocratique, le parti social-démocrate auquel adhèrent d'importants syndicats canadiens. 2) Voir "Inprecor" n° 64 du 9 décembre 1976.

USA : Congrès du SWP

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