Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

Derniers résultats de la campagne électorale du PRT

Inprecor n° 131, 26 juillet 1982 · p. 36 · 833 mots

Mexique

Résuitats de la campagne électorale du PRT

MEXIQUE

C'est par un imposant rassemblement populaire de 50 000 personnes que s'est clôturée. à Mexico, la campagne pectorale révolutionnaire des travaill , la section mexicair ionale. La nature c ne du PRT — qui présentait Rusano Ibarra de Piedra aux élections présidentielles, une personnalité très connue de la lutte pour la défense des prisonniers politiques et la réapparition des disparus - n'e ~ manqué de s'exprimer très clairement lor 'assemblement, où les principaux clamés par les dizaines de milliers de personnes présentes étaient : « Rosario Ibarra, candidate du prolétariat ! » et « Lutte, lutte, lutte, n'arrête pas de lutter pour un gouvernement ouvrier, paysan et populaire ! » Les manifestants, parmi lesquels se trouvaient un cortège de plusieurs centaines de paysans, ainsi que des travailleurs de diverses entreprises et des membres des organisations politiques et populaires qui appuyaient la candidature de Rosario Ibarra de Piedra, étaient venus de 30 des 32 Etats du pays. La plus grande partie des participants à la marche qui précéda ce rassemblement défilèrent dans le cortège du PRT que coloraient des milliers de drapeaux rouges.

Les « une » des journaux du lende. main ne faisaient pas mystère de l'importance de cette manifestation et, partant, de l'impact de la campagne du PRT. Tous les sondages électoraux accordaient au PRT un score largement supérieur aux 1,5 % nécessaires pour lui assurer, selon la loi, une légalisation définitive. Cela ne pouvait être pour plaire au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) gouvernemental, dont la réforme politique de légalisation d'un certain nombre de partis était surtout conçue comme un moyen pour tenter de canaliser la montée des revendications populaires dans un cadre légal et parlementaire.

Après les élections du 4 juillet dernier, les pointages effectués par les organisations d'opposition attribuaient au PRT et aux autres formations des résultats supérieurs aux estimations gouvernementales. Les formations d'opposition, d'après leur décompte aux présidentielles, créditaient le PRI de 60 % des voix, le Parti d'action nationale (PAN, opposition de droite traditionnelle) de 15 %, le Parti socialiste unifié mexicain (PSUM, fusion d'organisations nationalistes et du PC local) de 6 %, et le PRT de 3,5 % des voix.

Il était évident que le pouvoir ne l'entendrait pas de cette oreille. Les différentes irrégularités lors des votes (urnes bourrées avant l'ouverture des bureaux de vote, scrutateurs du PRT expulsés des bureaux de vote, soldats et marins votant en groupe sous la surveillance de leurs officiers...) laissaient déjà imaginer les manœuvres gouvernementales. En effet, le PRI a lancé sa machine à fraude électorale, qui a disposé d'une douzaine de jours pour opérer le décompte des voix. Et, le 16 juillet, le gouvernement rendait publies ses résultats : 71,63 % des suffrages, soit 16 145 254 voix, pour le PRI ; 3 700 045 voix pour le PAN, 821 995 voix pour le PSUM, 433 886 voix pour le petit Parti démocrate mexicain (PDM) et, enfin, 416 448 voix pour la candidate du PRT, soit autour de 2 % des suffrages exprimés.

ROSARIO IBARRA-

CANDIDAT DE LA INO •OBRERO"CAMPESINA" POPULA"

EL 4 DE JULIO

VOTA AS

Il est clair que le gouvernement a tout employé pour parvenir à ce résultat qui, grâce au coup de pouce du dépouillement, propulse le groupuscule démocrate PDM devant le PRT. Il n'empêche que la section mexicaine de la IVe Internationale est véritablement apparue, lors de ces élections, comme la quatrième force politique du pays. Si, avec le dépouillement des législatives le pouvoir tentera de limiter sa représentation parlementaire, il ne parviendra pourtant pas à la supprimer. De plus, le PRT se trouve maintenant of. ficiellement et définitivement légalisé par ce résultat. Enfin, le PRT a étendu et renforcé son implantation tout au long de cette campagne électorale. A telle enseigne même qu'un secteur du PSUM regrette maintenant la division électorale entretenue par la direction de son parti et se déclare favorable à des discussions entre les deux partis pour parvenir à l'élaboration d'un plan d'unité d'action pour les mois à venir.

Parce qu'elle était conçue aussi comme le moyen de faire avancer concrètement le degré d'organisation et de mobilisation des masses au cours même de cette campagne électorale, l'activité du PRT a mis en évidence, au cours de ces derniers mois, l'efficacité du Parti. Le soutien à la candidature de Rosario Ibarra de Piedra a permis de regrouper une fraction des masses populaires et d'approfondir l'unification et l'organisation du prolétariat et des masses mexicaines opprimées. Des formes d'organisation de travailleurs et de la population ont vu le jour là où elles n'existaient pas. Elles ont déjà pris leurs responsabilités dans la lutte des classes quotidienne et continueront à le faire. Quel que soit donc le nombre exact de députés que le gouvernement acceptera de reconnaître au PRT, cette campagne électorale fera date dans l'histoire de la section mexicaine de la IVe Internationale, à laquelle elle ouvre des opportunités politiques de construction qu'il faudra savoir, dès à présent, mettre pleinement à profit.

19 juillet 1982.

Une erreur sur cette page ?