Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Ier Congrès de la Ligue socialiste (SL)

Inprecor n° 142, 31 janvier 1983 · p. 25-26 · 1 003 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme IVe Internationale

Premier congrès de la Ligue socialiste

La section britannique de la IVe Internationale a tenu son congrès, à Londres, du 18 au 21 décembre 1982.

Get invités du mouvement ouvrier britannique et international y participaient. Des groupes appartenant à la IVe Internationale ou sympathisant avec elle ont envoyé des messages, entre autres le Mexique, la Suède, les EtatsUnis, Hong Kong. Le représentant du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale a salué le congrès au nom de la direction internationale.

Le congrès a adopté le changement de nom de la section. Abandonnant l'appellation de Groupe marxiste international (International Marxist Group, IMG), l'organisation se nommera désormais Ligue socialiste (Socialist League, SL).

La discussion préparatoire au congrès a duré cinq mois. La section est fière de sa réputation de fonctionnement interne démocratique et considère la formation de tendances organisées autour de points de vue différents comme un processus normal et sain. Cette méthode contraste en particulier avec la pratique de chasse aux sorcières qui est menée actuellement contre les sympathisants du journal The Militant, qui forment un courant de gauche dans le Parti travailliste (Labour Party, LP) britannique.

Le congrès a chaleureusement salué l'annonce des progrès dans l'implantation des militants de la SL dans des syndicats décisifs, comme ceux des transports, des chemins de fer, de la métallurgie, de la construction électrique ou des télécommunications. Plus de 26% de ses membres sont affiliés à des syndicats d'entreprises industrielles, 5 % à des syndicats de travailleurs manuels non qualifiés, en particulier dans le secteur public et la santé, et 15 % sont à la recherche d'un emploi dans l'industrie. 26,3 % des militants sont également membres de l'organisation de jeunesse de la SL, Revolution Youth (Révolution jeunesse), qui se déclare en solidarité avec la IVe Internationale.

Un nouveau Comité central (CC), dont 37,5 % des membres sont des travailleurs de l'industrie, a été élu pour diriger l'organisation. Il comprend 42,5 % de femmes et 10 % de membres de l'organisation de jeunesse. Cette dernière, qui connait un remarquable développement, s'est vue attribuer deux sièges au Comité central de la LS, qui seront directement pourvus par Revolution Youth.

Le rapport politique présenté au nom de la majorité du CC sortant estime que les points forts des luttes de classes actuelles se situent en Amérique centrale et en Pologne. Ces luttes s'imbriquent avec la montée du mouvement de masse contre les armes nucléaires dans les métropoles capitalistes et le combat pour l'indépendance de classe dans les pays semi-coloniaux, mettant ainsi au premier plan l'unité de la révolution mondiale dans la lutte contre la classe capitaliste et tous ses alliés - comme le sont de fait, en particulier, les bureaucrates de Moscou et de Pé-

Depuis l'arrivée de Margaret Thatcher au gouvernement à la tête du Parti conservateur, la classe ouvrière a connu une défaite partielle et des reculs politiques, mais elle reste capable de lancer des batailles formidables, comme, par exemple, la grève des travailleurs de la santé contre l'offensive d'austérité du capitalisme.

Le développement du courant gauche de Tony Benn dans le Parti travailliste et l'offensive politique de l'aile droite de la bureaucratie travailliste à son encontre, engendre une des polarisations politiques les plus profondes qu'ait connues le mouvement ouvrier britannique au cours des sommes qu'au début d'une crise historique du travaillisme britannique.

Cette perspective rend nécessaires de nouvelles méthodes de travail et d'intervention. Les travailleurs et les jeunes se tournent aujourd'hui, de plus en plus, vers le Parti travailliste et ses courants de gauche pour trouver des solutions politiques à la crise de la société britannique. C'est pour cette raison que le besoin immédiat se fait sentir d'une publication socialiste révolutionnaire, dans le Parti travailliste, qui donne une expression et une direction politiques à leurs luttes. La question du Parti travailliste est le probleme dominant de la politique ouvrière d'aujourd'hui, mais c'est à travers le poids prépondérant, au sein de ce parti, des mandats syndicaux, que les problèmes politiques décisifs seront tranchés. En Grande-Bretagne en effet, plus de 6 millions de membres du Parti travailliste sont affiliés par l'intermédiaire de leur organisation syndicale, et environ 300 000 seulement en sont membres à titre individuel. Les syndicats restent les organisations fondamentales de la classe ouvrière, malgré le tort qui leur est causé par l'ampleur du

La Ligue socialiste soutient les luttes au jour le jour contre les patrons et les conservateurs, et s'efforce, en même temps, de faire prévaloir dans le mouvement syndical le type de démocratie ouvrière qu'avaient adopté en Pologne les militants de Solidarité pour construire leur syndicat de masse.

A une petite majorité, le congrès a adopté les principaux axes politiques suivants comme tâches pour la période qui s'ouvre : une campagne contre le cours militariste de la politique de Reagan et de Thatcher et la construction du mouvement pour le désarmement, qui existe déjà et soutient ceux qui combattent l'intervention impérialiste en Amérique centrale et dans la Caraibe ; la mobilisation pour la libération de tous les militants polonais emprisonnés par le régime actuel ; des actions de masse autour du mot d'ordre « Des emplois, pas des bombes! », meilleur moyen de mettre les conservateurs (tories) à la porte et de conduire le

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Parti travailliste au pouvoir ; la riposte au sein du mouvement ouvrier à la chasse aux sorcières et la défense des options progressistes adoptées par les congrès du TUC (confédération des syndicats), du Parti travailliste et des jeunesses de ce parti, que les directions droitières ont laissées tomber ; le soutien aux luttes des femmes et une aide accrue à la construction de Revolution Youth.

De plus, la question de l'unité avec d'autres organisations, comme la Ligue socialiste des travailleurs (Workers Socialist League, WSL), groupe se réclamant du trotskysme et qui milite dans le Parti travailliste, a été énvisagée favorablement.

Enfin, les liens de la section avec la IVe Internationale, et en particulier avec sa section irlandaise, People's Democracy (PD), seront renforcés.

D'après Socialist Challenge, organe de la section britannique de la IVe Internationale, Londres, 7 janvier 1983.

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