Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SRI LANKA

La répression s'intensifie

Inprecor n° 142, 31 janvier 1983 · p. 27 · 577 mots

Inde et Asie du Sud

La répression s'intensifie Après s'être fait élire à la présidence de la République, le 20 octobre dernier (voir Inprecor numéro 137 du 22 novembre 1982), le président Junius-Richard Jayewardene poursuit sa politique de renforcement de son pouvoir. Ainsi, le 22 décembre 1982, il convoqua dans la foulée des élections présidentielles un référendum visant à proroger de 6 ans le mandat du Parlement qui devait expirer en août 1983 et partant celui du gouvernement. Par cette manoeuvre, le pré sident Jayewardene évitait la convocation d'élections générales pour 1983, et sa formation, le Parti de l'unité nationale (UNP) conservait. ainsi sa majorité lementaire. Pour assurer le succès de ce référendum, le gouvernement avait mainrésultats des élections présidentielles pour éviter de prétendues «violences post-électorales » et fait arrêter plusieurs dizaines d'opposants dans les dernières se-

Il a utilisé ces pouvoirs ainsi que le Prevention of Terrorism Act (PTA - Loi de prévention du terrorisme) pour faire arrêter le secrétaire national du Sri Lanka Freedom Party (SLFP - Parti de la liberté du Sri Lanka), principal parti d'opposition bourgeois, dirigé par Sirimavo Bandaainsi que 22 secrétaires de districts, paralysant ainsi ce parti.

gouvernement empêche l'opposition de mener sa propagande en faisant fermer les imprimeries qui produisent du matériel antigouvernemental.

communiste Attha (La Vérité) a été fermé ainsi que ses locaux.

Ces arrestations nombreuses n'épar gnent pas les milieux religieux. Les militants pour les droits de l'homme, les enseignants, les étudiants et les travailleurs ont également eu à souffrir de la répres sion. Une réaction massive a néanmoins vu le jour dans le nord du pays, où habiune nombreuse population Tamile en particulier. Le 30 novembre 1982, a vu dérouler une importante démonstration de force de la part de l'opposition. Les écoles ont été boycottées et des piquets placés par les élèves eux-mêmes dans les établissements du primaire. Il y a eu des jeûnes et des grèves de la faim dans les temples et les églises.

Dans une région industrielle impor tante, les travailleurs ont créé un comité de solidarité qui regroupe 24 usines. Cela a amené à une confrontation avec le gouvernement, et a conduit au licenciement de plusieurs militants syndicaux, suivi bientôt par l'arrestation de syndicalistes et de militants impliqués dans le travail de solidarité, y compris trois membres du Revolutionary Marxist Party (RMP- Parti marxiste révolutionnaire), section ceylanaise de la IVe Internationale.

L'étendue de la répression dirigée non seulement contre les nationalistes tamils, mais aussi contre les travailleurs et les paysans devrait pouvoir rendre possible l'unification de tous les opposants au PTA et à la violation des droits de l'homme.

La tâche la plus urgente est de sauver la vie de deux jeunes militants tamils, Kuttimani et Jegan (voir Inprecor numéro 135 du 25 octobre 1982).

Il faut, entre autres, envoyer des lettres et des télégrammes de protestation réclamant la restauration des droits démocratiques, l'arrêt des pendaisons et la libération de tous les détenus emprisonnés sans procès.

Il faut demander aux syndicats et aux parlementaires d'apporter leur soutien et d'exercer toutes les formes de pression possibles. Le besoin d'aide légale et financière pour les familles des détenus est urgent. Dans tous les pays, il faut commencer à mettre sur pied des comités en liaison avec le Comité déjà créé à Londres pour construire une campagne internationale contre la répression à Sri Lanka.

Les protestation doivent être adresCampaign for the Release of Political Sri Lanka - 9 Grays Inn Buildings • Roseberry Avenue -

London EC1 - Grande-Bretagne.

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