RFA européenne
Près de 3 000 personnes ont assisté à la seconde Convention européenne pour désarmement nucléaire qui s'est tenue à Berlin du 9 au 14 mai. Les trois premiers jours ont consisté en un symposium restreint. La très grande majorité des participants venait d'Europe, avec certaines délégations particulièrement fortes, comme celle de l'Etat espagnol, qui comprenait 400 personnes. Mais on notait aussi la présence de militants des mouvements pacifistes d'Amérique du nord, d'Amérique latine et de bien d'autres pays.
A lui seul, le caractère massif de cette rencontre témoignait de la conscience que la lutte pour la paix ne peut se limiter aux frontières d'un pays, et du besoin pressant de rencontres, de débats et de coordination à l'échelle internationale.
Toutefois, de nombreux participants risquent d'être rentrés chez eux à demi satisfaits, voire carrément déçus par les résultats de cette conférence, dont les objectifs politiques et organisationnels étaient loin d'apparaître clairement. Il suffisait, pour s'en rendre compte, de passer quelques heures dans les groupes de travail où dominaient les prises de parole de « spécialistes », alors que les militants actifs du mouvement de la paix demeuraient trop souvent de simples spectateurs.
Le premier point faible de cette rencontre tenait au refus des membres du comité initiateur (où dominaient les courants les plus droitiers du mouvement anti-guerre) qu'elle ne débouche sur des propositions d'action internationales, le soin étant laissé, à ceux qui le désiraient, de prendre des contacts avec qui leur plaisait.
Le second point faible tenait au peu de poids des représentants du mouvement ouvrier dans les débats. Certes, Tony Topham, secrétaire du regroupement syndical affilié à l'END ( Campagne pour le désarmement nucléaire en Europe), s'est félicité du nombre croissant de participants aux groupes de travail syndicaux par rapport à la conférence de l'an dernier à Bruxelles. Il n'en reste pas moins que la préoccupation de la majorité des participants des autres groupes de travail était fort peu centrée sur le lien étroit existant entre la lutte contre la course aux armements et la lutte contre l'austérité, ainsi que sur le caractère décisif de la mobilisation de la masse des travailleurs pour empêcher l'impérialisme de mener à bien ses projets meurtriers.
Seconde Convention
De même, la faible participation aux forums débattant de la lutte contre la guerre dans le tiers-monde, et plus particulièrement en Amérique centrale, montrait le manque de compréhension de l'enjeu de la lutte des mouvements révolutionnaires au Salvador et au Nicaragua pour le mouvement pacifiste lui-même, et des implications qu'une victoire de l'impérialisme US aurait dans la course aux armements.
Ceci dit, cette conférence, par la richesse des débats, et sa propre tenue, est loin d'être un échec. Elle a permis un approfondissement des débats et des échanges d'expériences dans un certain nombre de groupes de travail, tels ceux sur la reconversion de l'industrie d'armement, sur les armes chimiques et biologiques, ou sur la lutte contre l'implantation de sites nucléaires. Elle a mis en lumière une série de divergences sur la stratégie du mouvement, jetant les bases pour une elarification du débat concernant le mot d'ordre de dénucléarisation de l'Europe. Elle mis, pour la première fois, au centre des discussions du mouvement anti-guerre à l'Ouest, la question de ses relations avec les mouvements pacifistes à l'Est. Et surtout, malgré la volonté des initiateurs, elle a permis de faire des pas en avant sur le chemin de la coordination internationale du mouvement.
R SANGVOIRPOUR ArA D
Pour leur part, les militants de la IVe Internationale participant à cette rencontre, dans le cadre de délégations de huit pays européens, ont tenté d'infléchir la discussion des groupes de travail et des forums, afin qu'elle débouche sur des perspectives d'action pouvant être reprises dans tous les pays. Et ils y sont parvenus dans de nombreux cas.
C'est ainsi que se dégagent aujourd'hui un certain nombre d'objectifs pour la réussite desquels les sections de la IVe Internationale doivent engager le meilleur de leurs forces :
- L'élargissement de la coordination européenne (International Peace Communication and Coordination, IPCC) regroupant déjà des organisations de quinze pays, aux mouvements les plus significatifs de tous les pays européens, afin que les actions projetées prennent une véritable dimension internationale.
- L'organisation d'une journée d'action du mouvement ouvrier se traduisant, partout où c'est possible, par des grèves appelées par les syndicats durant la semaine précédant les mobilisations qui auront lieu autour du 23 octobre prochain.
- Le renforcement systématique des liens avec les mouvements pacifistes à l'Est, en assurant notamment une présence des mouvements anti-guerre européens à la Conférence pour la paix qui se tiendra à Prague le 15 juin prochain, et en se donnant pour but, par leurs interventions et leurs propositions, d'apporter un soutien concret aux groupes indépendants de l'Est.
- La participation aux camps d'été qui se tiendront prochainement et, en particulier, le soutien aux actions engagées par les nombreux groupes de femmes pour la paix, qui sont à la tête de ces initiatives.
Le succès de ces initiatives dépendra avant tout de l'engagement de la masse des travailleurs dans la lutte contre la course aux armements. Il nous incombe donc de tout faire pour développer la mobilisation dans les syndicats et dans les organisations de masse du mouvement ouvrier.
Jacqueline ALLIO, Berlin, le 15 mai 1983. SH.. PAIX PAIX PPr 1 COMMUNISTE FO
CAIS tion HACOW® neut VGE
S ORIGINAILCS
be d ESA