SUISSE Le PSO et l'initiative socialiste sur les crédits militaires
A la fin de l'année 1981, le Parti socialiste suisse (PSS), refusant toute proposition d'unité d'action sur la question, lançait tout seul une initiative droit à un référendum sur les crédits militaires. La collecte de 100 000 signatures était nécessaire pour que le référendum populaire ait lieu, lequel, suivant les ré sultats, pourrait amener à une modifica tion de la législation l'adoption des crédits militaires.
Une année après son lancement, l'initiative du PSS n'avait toutefois pas encore rencontré le succès escompté. Aussi, le Parti socialiste ouvrier (PSO), section suisse de la IVe Internationale, qui, dès le début, s'était prononcé pour une action unitaire autour de cette initiative, s'adressait en octobre 1982 à la direction du PSS, arguant à ce propos que « l'initiative demandant l'introduction du droit de référendum facultatif sur les crédits militaires, outre son objectif d'extension des droits démocratiques a aussi un contenu socio-politique: ciaux ». Et ceci est d'autant plus vrai dans le contexte actuel où les acquis sociaux de la population suisse subissent une attaque d'envergure de la part de la bour-
A l'époque, la direction du PSS refusa l'appui du PSO en déclarant : « Le Comité directeur a décidé à l'unanimité de ne pas accepter votre offre, qui vous verrait occuper partiellement le terrain de l'initiative. Le PSS conduira seul l'initiative au succès et il est disposé à accepter
"façon ouverte et sans manœuvre", à condition qu'elle soit apsans préconditions politiques.» (La Brèche, organe du PSO, 6 novembre 1982). Le président du PSS, Helmut Hubacher, affirmait par ailleurs que la position du PSO « se fonde soit sur un excès de zèle impatient, soit sur une tactique d'unité perpétuellement obtuse ». On ne pouvait guère attendre d'autres réactions de la part d'un Comité directeur qui s'était vu imposer l'idée même de cette initiative sur les crédits militaires par son propre congrès quelques années auparavant. Néanmoins, le sectarisme de la direction du PSS devait reculer, en dépit de ses proclamations triomphalistes initiales, devant les difficultés à obtenir les 100 000 signatures nécessaires, et devant les aspirations à l'unité d'action qui s'exprimaient jusqu'au sein du Parti socialiste suisse. La direction du PSS ayant finalement accepté l'apport des signatures collectées par le PSO, l'initiative sur les crédits militaires, qui courait à l'échec il y a seulement six mois, se trouve aujourd'hui assurée d'être proposée au vote du peuple suisse. En effet, aux 80 000 signatures obtenues par le PSS doivent s'ajouter les 32 000 signatures collectées par le PSO et les 4 000 du comité de soutien. Comme l'écrit la Brèche du 23 avril dernier, « le PSS et le PSO vont donc déposer l'initiative ensemble, ce qui est la démonstration pratique de l'utilité et de la nécessité d'une action commune des organisations
Les dirigeants du PSS se trouvent désormais en difficulté pour justifier leur atantérieure et leur revirement actuel. Le Secrétaire central du PSS, Andreas Lutz, a ainsi reconnu que « telles que les choses se présentent aujourd'hui, nous n'aurions vraisemblablement pas pu collecter seuls les signatures ». Et il avoue que la direction du PSS avait refusé l'unité d'action « essentiellement pour des raisons internes », car « si nous avions simplement accepté l'offre les bras ouverts, cela aurait eu un effet démobilisateur sur nos propres membres.(...) Pour les milieux conservateurs du PS dans les cantons de Berne, d'Argovie et de Soleure, une collaboration de toutes les forces aurait été inacceptable » (interview au quotidien de Zürich, Tagesanzeiger, 12 avril
Toutefois, ce retournement du PSS ne traduit nullement une évolution fondamentale de sa direction sur la question de l'armée. Si son Secrétaire central
reconnait que, «selon les résultats sondages d'opinion, les gens sont d'avis que l'on pourrait faire des économies en premier lieu dans le domaine de l'armée », il ne se prononce pas pour autant pour une opposition aux crédits d'armelaisse donc encore des marges de manœuvre aux forces bourgeoises pour faire pression sur le PSS afin qu'il maintienne son orientation de collaboration de classe avec les formations bourgeoises, sur ce terrain comme l'Afrique du Sud depuis environ un an et demi, le rapprochement entre les syndicats du pôle unitaire s'était déjà traduit dans la pratique par l'annonce faite par le GWU de son intention de ne pas chercher à concurrencer notamment les syndicats de FOSATU derniers étaient implantés. Plus parlant encore est la réunion qualifiée d'« historique » par le MAWU entre ses délégués et ceux du GWU à l'échelle du groupe industriel géant Dorbyl, les 13 et 14 mars, afin de définir une position commune dans les négociations sur les indemnités des femmes salariées, des femmes qui travaillent à leur propre du travail domestique, des nouvelles technologies, des services sociaux des rapports famille/travail, de l'identité sexuelle et personnelle, de la culture et de l'industrie de la culture, des femmes dans la vie politique, du sexisme au travail et dans la politique.
«Jen ai assez de me battre contre tout je veux lutter pour quelque chose », s'est exclamée une femme, exprimant par là, semble-t-il, l'opinion de la majorité des