Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AUTRICHE

Après le recul électoral des sociaux démocrates

· Inprecor n° 152, 6 juin 1983 · p. 23-25 · 3 112 mots

Écologie Syndicalisme Allemagne

Une défaite qui ne modifie pas fondamentalement les rapports entre les classes

'EST « la fin d'une époque », voilà comment la plupart

C des commentateurs ment autrichien (Nationalrat) du 24 avril 1983. Après treize années de contrôle total sur le gouvernement, le Parti socialiste autrichien (SPO) a en effet perdu la majorité absolue des suffrages qu'il détenait, et son leader, le chancelier Bruno

Kreisky, a démissionné. Il ne fait aucun doute que la défaite électorale du SPO marque un tournant important dans la vie politique autrichienne de l'apres-guerre. Mais, contrairement à la victoire remportée par l'Union chrétienne-démocrate/

Union chrétienne-sociale (CDU/CSU) d'Helmut Kohl et de

Josef Strauss en Allemagne de l'Ouest, le 6 mars dernier, elle n'est pas l'indice d'un changement important dans les rapports de forces entre les classes sociales.

Avec 47,65 % des voix, le SPO reste, de loin, le plus gros parti sur l'arène électorale. C'est là un score dont les sociaux- démocrates de la plupart des pays d'Europe occidentale n'oseraient même pas rêver. Au-delà des suffrages accordés au

SPO, il y a un parti dont le nombre d'adhérents est sans égal dans aucun autre pays (près de 10% de la population autrichienne est membre du parti) et l'une des plus grosses organisations syndicales du monde capitaliste. La Confédération des syndicats autrichiens (Oesterreichische Gewerkschaftsbund, OGB) compte 1 672 500 membres, soit 60,4 % de tous les salariés du pays. Elle est pratiquement sous le contrôle total du SPO.

Rainer BAUBOECK

Les pertes subies par le SPO constituent une condamnation claire de la politique menée ces dernières années par le gouvernement Kreisky. Sur les problèmes soulevés en particulier par les regroupements des « Verts » et la « Liste alternatitels que l'environnement, l'armement, le militarisme, les privilèges et les inégalités sociales, la position du SPO a été d'une totale hypocrisie. D'un côté, la direction du SPO accordait à ceux qui étaient particulièrement concernés par ces questions une certaine place dans le parti, de façon à attirer dans son orbite ce qu'on appelle les nouveaux mouvements sociaux. De l'autre côté, la politique suivie dans la réalité par les cercles dirigeants était en flagrante contradiction avec eux sur ces problèmes.

Au cours même de la campagne électorale, Kreisky s'est de nouveau déclaré en faveur de la remise en activité la plus rapide possible du seul réacteur nucléaire du pays, et ce, malgré le résultat du référendum de 1978 sur l'énergie nucléaire. Le ministre des Finances, Herbert Salcher, a proposé, quatre mois avant les élections, d'accroître les effectifs de l'armée autrichienne, sous prétexte qu'il fallait combattre le chômage des jeunes qui commencait à s'étendre. L'été dernier, une discussion a été entamée dans le SPO sur ont analysé les élections au Parleautrichien. la nécessité, vu la crise économique, de mener une politique de distribution des revenus qui favorise les plus bas revenus, par le biais d'un système fiscal approprié. Ce débat s'est terminé sur la vague promesse que certains avantages fiscaux dont bénéficient les hommes politiques seraient supprimés.

Au cours de la première moitié des années 1970, Bruno Kreisky avait été à même d'attirer de nouvelles couches d'électeurs, y compris dans l'électorat bourgeois, par une série de réformes modestes qui ont quelque peu libéralisé la société autrichienne. L'avortement, par exemple, fut légalisé pour les trois premiers mois de grossesse, et il y a eu une réforme du Code pénal. Mais, pendant les quatre ans qui ont précédé les dernières élections, le SPO n'a pratiquement proposé aucune réforme comparable à celles qu'il avait mises en œuvre au début des années 1970. Bien plus, à l'instar de lOVP qui l'avait précédé au pouvoir, il s'est trouvé impliqué dans de grands scandales où se mêlent trafics financiers et corruption. Cela explique pourquoi le petit Parti libéral d'Autriche (FPO), dont le président Norbert Steger a réussi à atténuer l'image de groupe nationaliste germanique composé d'ex-nazis, a été à mê me de prendre des voix au SPO en faisant campagne contre la corruption.

AUTRICHE

Cependant, le SPO a perdu 3,38 % par rapport aux dernières élections, qui ont eu lieu en juin 1979. Un examen plus précis montre qu'un petit nombre seulement des voix perdues sont allées au seul véritable gagnant de ces élections, le Parti populiste autrichien (Oesterreichische Volkspartei, OVP), une formation bourgeoise conservatrice. En treize ans, ce parti, qui est le plus important des partis bourgeois, n'a pas été capable de percer dans les secteurs de la population qui votent traditionnellement pour le SPO. Cela montre clairement qu'on ne peut pas parler d'un véritable glissement à droite de l'électorat

Le SPO a surtout perdu des voix parmi les jeunes de moins de trente ans, dont beaucoup ont voté pour les nouveaux partis écologistes, comme les Verts unifiés d'Autriche (Vereinigte Grüne Oesterreichs, VGO) et la Liste autrichienne alternative (ALO) qui, recueillant respectivement 1,93 % et 1,36 % des suffrages ne parviennent pas à entrer au Parlement.

Ensuite, un certain nombre de votes bourgeois libéraux, accordés auparavant plus à Kreisky lui-même qu'au SPO, sont allés, cette fois, vers le second parti bourgeois, le Parti libéral d'Autriche (Freiheitliche Partei Oesterreichs, FPO).

Enfin, un grand nombre d'électeurs ont voté blanc ou se sont abstenus. Il s'agit surtout d'électeurs de la base du SPO provenant des secteurs clés du prolétariat industriel.

Cette fois, Kreisky a mené la plus de toutes ses campagnes.

conservatrice

« Tenons-nous en aux acquis déjà obtenus », tel en était le thème principal.

Mais, à l'évidence, cela n'était déjà plus crédible pour un grand nombre d'électeurs ouvriers du SPO.

crise économique capitaliste mondiale en

Autriche a fait grimper le chômage jusqu'à 4,5 % de la population active. Ce pourcentage paraît relativement bas en comparaison d'autres pays, mais même le

SPO admet qu'il va encore augmenter au cours des années à venir. Les méthodes employées par le gouvernement, et qui avaient permis de promouvoir, jusqu'à un certain point, le plein emploi, ont largement épuisé leurs ressources. Le prétendu austro-keynésianisme, qui consiste à influer sur les types d'investissements par la politique de dépenses publiques et en utilisant le poids du vaste secteur industriel et bancaire nationalisé, a atteint ses limites. On en est arrivé à un point où le service national de la dette limite les capacités d'investissement public de l'Etat.

LES FAIBLES GAINS

DE LA BOURGEOISIE

Le parti populiste autrichien (OVP)

est le seul parti représenté au Parlement qui ait gagné des voix et des sièges. Il a

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obtenu, cette fois, 43,22 % des votes, soit un gain de 1,32 % par rapport à 1979. Il s'agit-là, somme toute, d'un gain très modeste et bien inférieur aux pertes du SPO Il a cependant été salué par son président, Alois Mock, et par la presse bourgeoise, comme une grande victoire. En fait, c'est la première fois depuis 1966 que l'OVP s'est renforcée par rapport au SPO.

L'OVP a emprunté les thèmes centraux de sa campagne à son organisation-sœur d'Allemagne de l'Ouest, la CDU (chrétiens démocrates). Il a appelé à la réduction des dépenses de l'Etat (« Cessez de gaspiller l'argent des contribuables ») et a convié les électeurs à le « rejoindre pour enclencher une reprise bien qu'aucune perspective de ce genre n'existe en Autriche. Malgré le parrallélisme avec les politiques bourgeoises d'austérité d'autres pays d'Europe occidentale, il existe une différence importante. L'OVP sait qu'il ne peut pas, à lui seul, mener à bien un tel programme en s'opposant aux sociaux-démocrates et aux

La deux raisons L'une est la force organisationnelle du manque d'une importante base cacentres industriels et financiers étant dirigés par l'Etat, la base sociale de l'OVP et du FPO est principalement constituée par ce qu'il est convenu d'appeler les classes

(industriels moyens, petits Depuis 1945, la bourgeoisie chienne a mis en œuvre, avec succès, une politique de collaboration de classes institutionnelle avec les syndicats. Ainsi, à travers la négociation, elle a pu préserver Le leader social démocrate autrichien, Bruno Kreisky. (DR)

ses intérêts et, dans la mesure du possible, elle a réussi à éviter les conflits sociaux.

des « partenaires sociaux» pouvait s'appuyer sur la politique bourgeoise du SPO et sur les directions syndicales. Le succès d'Alois Mock dans

Best d'avoir réussi à unifier la bourgeoisie autour de l'objectif d'une « Grande coalition » entre l'OVP et le ainsi le système des « partenaires sociaux » fonctionner au sein même du gouvernement.

En 1979, le SPO avait réussi à défaire partiellement l'OVP sur la base d'une campagne réussie contre la menace d'un « bloc bourgeois ». Cette fois, l'OVP a présenté une alternative gouvernementale plus modeste mais plus crédible. Il a donc été capable de regagner des électeurs du FPO et d'empêcher le parti bourgeois écologiste (VGO) de creuser une brèche dans son électorat.

UNE COALITION GROSSE

DE NOUVELLES DÉFAITES Les négociations entre le SPO, l'OVP et le FPO sur la formation d'un nouveau gouvernement ne sont pas encore arrivées à leur terme. Dans le SPO, et surtout dans syndicale, un fort courant se dessine en faveur d'une « Grande coali-

Oil parait vraisemblable que les sociaux-démocrates vont frustrer

Usa demi-victoire et former un gouvernement de « petite coalition » avec le FPO (1). Kreisky lui-même et le cœur du parti se ouvertement en faveur de cette solution. Ils espèrent, par là, maintenir au mieux les positions du SPO dans l'appareil d'Etat et assurer une continuité plus grande avec la politique suivie au cours des dernières décennies. Le destin du gouvernement d'Helmut Schmidt en Allemagne de l'Ouest a cependant clairement montré à quel point un partenaire bourgeois - même petit - peut, dans une coalition gouvernementale, menacer d'altérer le rôle d'un parti social-démocrate en période de crise.

Le style de coalition gouvernementale que le SPO veut mettre sur pied aggravera inévitablement les causes de ses pertes électorales au cours des quatre prochaines années. L'héritage de Kreisky, qui a conduit le SPO a participer à un gouvernement bourgeois, se révélera être un cadeau empoisonné. Cela créera les conditions qui donneront à l'OVP une chance réelle de devenir le parti le plus fort du pays lors des élections de 1987.

Un certain nombre de débats, qui ont eu lieu à la base du parti, montrent que la compréhension de ce problème commence à se faire jour. Une proposition est souvent avancée : le parti socialiste vrait entrer dans l'opposition et donner un nouveau souffle à sa vie interne. Mais bien qu'un tel changement de ligne soit susceptible d'endiguer, pendant un certain temps, la progression des listes « Verts » et « Alternative », qui constituent un courant à la gauche du SPO, nous ne partageons pas les illusions des camarades du SPO qui croient que la direction de leur parti serait capable de changer réellement le cours de sa politique.

Si le SPO entrait dans l'opposition, il n'abandonnerait pas pour autant sa politique des « partenaires sociaux », qui a permis à la bourgeoisie autrichienne de connaître le nombre de grèves le plus bas de tous les Etats capitalistes industrialisés.

Ainsi, quelle que soit la formule gouvernementale adoptée, la renaissance de la lutte des classes connaîtra des conditions beaucoup plus difficiles que si le SPO avait obtenu une majorité absolue.

Le Groupe marxiste révolutionnaire (Gruppe Marxisten Revolutionäre, GRM), section autrichienne de la IVe Internationale, a fait campagne pour un gouvernement du seul SPO. Du fait même de sa base sociale, un tel gouvernement disposerait de moins de marges de manœuvres que toute autre coalition pour porter des attaques contre les acquis matériels de la classe ouvrière. De plus, la direction du SPO prendrait ainsi une claire responsabilité dans la politique gouvernementale, ce qui favoriserait des différenciations au sein du mouvement ouvrier autrichien.

Bien que la liste « verte » du VGO et la liste « alternative » du l'ALO aient ob-

1. Le 17 mai en effet, Fred Sinowatz, nouveau chancelier, était chargé par le président de la République de former un gouvernement de coalition socialo-libérale. Les libéraux, qui ne représentent que 4,9 % du corps électoral, obtiennent trois des quinze ministères. Bien qu'elle ait été approuvée à l'issue d'un débat difficile par les délégués du SPO réunis au congrés, à Vienne, cette « petite coalition » reste très controversée au sein du parti.

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tion à l'encontre des minorités, contre le Conseil municipal de Vienne, qui ont eu tenu des scores moins importants que prévu, respectivement 1,93% et 1,36% des voix, et n'aient pas réussi à faire leur entrée au Parlement, ces regroupements représentent un nouveau facteur dans la politique autrichienne, qui peut devenir plus important dans les prochaines années, sous un gouvernement de coalition. Cependant, le parti bourgeois des « Verts unifiés d'Autriche » (VGO) n'a pas grand avenir, car il n'est qu'un parti de pure protestation, sans aucune base sociale indépendante. Son président, le professeur de géologie Alexander Tollman, s'est retiré dès qu'il est devenu clair qu'il n'obtiendrait pas de siège au Parlement. (ALO) peut être comparée, à bien des égards, avec le parti des « Verts » en Allemagne de l'Ouest. A son instar, l'ALO se fonde sur le mouvement de protestation contre la destruction de l'environnement. l'oppression des femmes, la discriminamilitarisme. Cependant, de tels mouve. ments sont plus faibles en Autriche que dans d'autres pays européens.

Les programmes d'énergie nucléaire et le stationnement de nouveaux missiles de l'OTAN, qui ont été un facteur de

Men Allemagne de l'Ouest et ont rendu possible le succès des « Verts », n'ont pas la même importance en Autriche. Les faiblesses de l'idéologie des « Verts » ressortent donc en Autriche avec une acuité particulière. Les principes de l'ALO, avec son « souci de l'environnement, d'enracinement de la démocratie, de solidarité et de non-violence », ne sont pas suffisants pour fournir une réorientation crédible pour le mouvement ouvrier dans le contexte de la crise capitaliste. L'ALO a refusé, jusqu'ici, de faire la moindre distinction entre le SPO et les partis bourgeois. Et elle a été incapable

PRAXIS

INTERNATIONAL Editors: Richard J. Bernstein and Mihailo Marković The Peace Movement and Disarmament The "Normalisation" of Europe The Peace Movement in Eastern Europe No First Use of Nuclear Weapons The Problem of Democracy in Mass Society The Uses of Freedom and the Human Condition The Outlook for Reforin in Eastern Europe Published quarterly: April, July, October and January Subscriptions to Volume 3 (1983) Individuals: £13.95 (UK); £16.75 (Overseas); $33.50 (US); $40.50 (Canada) Institutions: £32.00 (UK); £39.40 (Overseas); $75.00 (US); $92.50 (Canada) Please send orders, with payment, to: Sue Dommett, Journals Department, Basil Blackwell Publisher, 108 Cowley Road, Oxford, OX4 1JF, England. Basil Blackwell • Oxford • England d'établir la moindre liaison avec les grou-

On peut s'attendre à ce que le résultat des élections vienne renforcer l'aile droite de l'ALO, qui appelle à la fusion avec le VGO. Cette aile droite pense ainsi avoir de meilleures chances d'obtenir des sièges au Parlement lors des prochaines élections. Cependant, une politique révolutionnaire devra prendre en compte les « Alternatifs » aussi longtemps que de nombreux jeunes les considéreront comme une expression de leur rébellion contre le système social capitaliste.

Le GRM considère donc comme l'une de ses tâches principales d'aider au développement de courants de gauche. C'est pourquoi nous avons travaillé pendant un certain temps dans la Liste alternative de la ville de Vienne, où de tels courants de gauche s'étaient clairement

Lors des élections pour le lieu également le 24 avril dernier, nous avons appelé à voter pour la liste « Vienne alternative ». Celle-ci a obtenu 2,5 % des voix, ce qui représente un succès si-

LE SPO A FINI

DE MANGER SON PAIN BLANC

La légende qui s'est forgée autour de Bruno Kreisky au cours des treize dernières années demeure encore aujourd'hui, mais ce n'est pas tant son rôle personnel qui a marqué cette période, où l'Autriche a bénéficié d'une situation bien particulière au sein du monde capitaliste. Celleci est plutôt à mettre au crédit d'un certain nombre de circonstances exceptionnelles, à savoir : une position favorable de l'Autriche par rapport à l'économie capitaliste mondiale, qui lui a permis

E.P. THOMPSON JASMINKA UDOVICKI LYMAN H. LEGTERS les effets de la récession économique mondiale de la période qui a suivi le milieu des années 1970, la position bien établie du SPO, qui a fait de lui le parti du gouvernement en Autriche ; un désir profond de réformes sociales libérales que le SPO fut satisfaire au début de son mandat; la grande capacité de la direccritiques et de gauche au sein du mouvement ouvrier autrichien (dans le parti et les syndicats).

Ces facteurs sont le secret du succès de Bruno Kreisky. Mais malgré son absolue prédominance dans la politique autrichienne, le SPO n'a pas été capable de préserver ne serait-ce qu'un seul de ces atouts pour l'avenir. Cela apparaît d'autant plus clairement encore concerne le consensus qui régnait dans le mouvement social-démocrate.

Alors que dans le passé on assistait, au plus, à des protestations au sein du parti contre la politique officielle de la part de personnalités critiques ou dissidentes, aujourd'hui apparaissent pour la première fois des possibilités de dévelop pement d'une aile gauche. On peut le voir d'après le succès sensationnel porté par le président des Jeunesses socialistes, Josef Cap, qui a lancé une campagne indépendante pour les élections, car le parti refusait de le mettre sur la liste à une place où il aurait été en position d'obtenir un siège au Parlement.

Lors du congrès du SPO, à l'automne dernier, Cap fut exelu de la direction après qu'il ait attaqué un fonctionnaire droitier membre des hautes instances du parti, Theodor Kery, qui est à la tête d'un gouvernement provincial, à cause de ses privilèges et de ses tendances militaristes. Mais, le 24 avril, par 61 900 votes, Josef Cap a été proposé comme tête de liste. Cela veut dire que de nombreux électeurs ont rajouté son nom sur la liste du SPO sur leur bulletin de vote (c'est une option qui n'avait jamais été utilisée auparavant dans l'histoire de la Seconde république, depuis 1945). représente 11% de tous les électeurs du

Sur la base de cette victoire, Cap a fait campagne contre la direction du parti pour demander que le SPO entre dans l'opposition. De plus, il a annoncé que sur nombre de questions soulevées au Parlement, comme celle des équipements supplémentaires destinés à l'armée ou celle concernant la mise en activité de la centrale nucléaire de Zwentendorf, il n'accepterait pas la discipline de la fraction parlementaire du SPO.

D'un autre côté, on peut s'attendre à ce que la formation d'un gouvernement de coalition avec un partenaire bourgeois tende à renforcer les tendances les plus droitières dans les cercles dirigeants du parti. Le conflit à venir va accroître les possibilités et les tâches pour un courant vement ouvrier autrichien.

Rainer BAUBOECK, Vienne, avril 1983.

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