Halte à l'agression de l'armée turque
Le dament un nat fait an dit de de mai der
'INTERVENTION militaire lancée par 4 000 à 7 000 nier, représente un nouveau danger et un danger majeur pour les peuples du Moyen-Orient. Après Israël, la Turquie est de loin l'Etat le plus puissant au Moyen-Orient. C'est aussi le seul allié solide de l'impérialisme américain depuis la chute du
Dans le passé récent, les troupes turques n'avaient jamais été utilisées dans la région. C'est la première fois depuis l'invasion de Chypre, en 1974, que les forces turques pénètrent dans un pays voisin pour y « maintenir l'ordre ». La nature de cette intervention peut donc annoncer un rôle croissant de l'armée turque dans le cadre de la crise de domination impérialiste qui
Le prétexte du gouvernement du général Kenan Evren, selon lequel les opérations lancées le 26 mai dernier (1) étaient destinées à supprimer le « banditisme » le long de la frontière turque, est à l'évidence fallacieux. Le gouvernement n'est confronté à aucun problème de ce genre sur les frontières de la zone.
Le fait est qu'une guerre de libération nationale du peuple kurde dure depuis des décennies en Irak. Mais ce qui est nouveau, c'est que - conséquence de ses défaites dans la guerre avec l'Iran - la dictature sanglante baasiste à Bagdad tend à perdre le contrôle de la situation dans les régions du Kurdistan irakien.
Dans une récente interview, un représentant de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), l'un des principaux groupes de libération kurde dans ce pays, prédisait cette attaque : « Pour nous, il est clair que l'impérialisme américain est en train d'organiser une contre-offensive internationale afin de reconquérir l'influence qu'il a perdue au cours de la période récente. (...) Nous devons nous préparer à faire face à une attaque d'envergure contre les forces progressistes kurdes. Nous pensons qu'après les Palestiniens, nous serons la deuxième cible de la contre-offensive impérialiste. (...) Des bruits courent sur la volonté des Américains d'installer des bases pour leur Force de déploiement rapide dans l'est de la Turquie. Il y a toujours une forte concentration de troupes turques sur les frontières syrienne et irakienne, et les porte-parole du gouvernement turc ont déclaré à plusieurs reprises qu'en cas d'invasion de l'Irak par l'Iran, ils étaient prêts, avec l'aide américaine, à occuper la région de Mossoul (riche en pétrole), dans le Kurdistan irakien. (2) »
Dans la mesure où la principale menace intérieure pour la dictature de Saddam Hussein a été l'activité croissante des forces de libération kurdes, l'intervention turque apporte un renfort décisif à ce régime réactionnaire.
Mais l'Irak n'est pas le seul Etat voisin de la Turquie pour lequel le gouvernement Evren est prêt à intervenir contre la lutte de libération kurde. L'accord récemment signé entre la Turquie et l'Iran prévoit des opérations communes pour réprimer les combattants de la liberté kurdes dans le Kurdistan ira-
L'écrasement du peuple kurde, en Iran comme en Irak, représenterait un grand pas en avant pour la stabilisation de l'ordre capitaliste répressif. Bien qu'elles aient été l'objet d'agressions sauvages et répétées de la part des forces armées du régime de l'imam Khomeyni - ratissages de villages, exécutions massives, bombardements des principales villes — les organisations de libération du Kurdistan iranien ont maintenu leur contrôle sur de vastes zones. La radio du Kurdistan iranien rebelle émet en perse et en turc azerbaidjani (qui peut être
EDITORIAL contre les Kurdes d'Irak compris par la plupart des Tures). Les zones kurdes libérées sont devenues une forteresse et un refuge pour toutes les forces de gauche persécutées dans le reste de l'Iran.
Le gouvernement américain a toujours affirmé, depuis la première guerre du gouvernement Khomeyni contre le peuple kurde, en août et en septembre 1979, qu'il considérait les combattants pour la libération kurde comme un danger pour la stabilité au Moyen-Orient et qu'il était même prêt, à l'époque, à aider le régime Khomeyni à les écraser.
En fait, l'armée turque est l'ennemi le plus dangereux du peuple kurde au Moyen-Orient. Au long des dernières soixantes années, toutes les zones kurdes de la Turquie orientale ont été dépeuplées du fait d'une répression massive, et le Kurdistan ture dans son ensemble a été délibérément appauvri. En Turquie, le terme même de « kurde » est banni.
Le ratissage turc à l'intérieur du Kurdistan irakien survient au moment où la dictature accentue sa répression contre les Kurdes et contre l'ensemble de la gauche et des forces antidictatoriales dans le pays, à un moment où elle s'oriente vers une politique d'exécution systématique des prisonniers
Plusieurs centaines de personnes ont été capturées par l'armée turque au Kurdistan irakien et devront passer en cour martiale, si tant est qu'elles réapparaissent un jour ...
Pour toutes ces raisons, il est urgent d'organiser une campagne internationale de défense des Kurdes irakiens enlevés par l'armée d'Evren, mais aussi du peuple kurde dans son ensemble, menacé de génocide par la répression sanglante de la dictature turque, de la République islamique de Khomeyni, et de la dictature brutale de l'Irak.
L'intervention de la dictature d'Evren en Irak montre avec plus de clarté encore, que, pour l'avenir de toute lutte progressiste au Moyen-Orient, et pour la lutte des masses turques elles-mêmes contre la junte pro-impérialiste, il est vital de soutenir la résistance du peuple kurde martyrisé.
6 juin 1983. 1. Le gouvernement turc a affirmé que cette opération de « ratissage » s'était achevée le 2 juin « sans effusion de sang », mais tout porte à croire que ça n'a pas été le cas. (Voir Le Monde, 2 juin 1983).
2. Voir Inprecor, numéro 148, 25 avril 1983.