Inprecor 1974–2004

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NICARAGUA-SOLIDARITE

Interview de Jorge Granera, responsable du FSLN

· Inprecor n° 157, 26 septembre 1983 · p. 27 · 628 mots

Nicaragua Amérique centrale

Interview de Jorge Granera responsable du FSLN Nous publions ci-après une interview exclusive accordée par Jorge Granera, responsable de la section solidarité du Département des relations internationales du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), à notre envoyé spécial au Nicaragua.

« INPRECOR » : - Quelle a été la réponse du gouvernement des Etats-Unis aux propositions de paix du FSLN ?

Jorge GRANERA : - La politique agressive des Etats-Unis se poursuit. L'envoi de la flotte nord-américaine au large des côtes du Nicaragua, la présence des troupes nord-américaines au Honduras, les activités des « contras » soutenus par la CIA, tous ces faits concrets montrent que le gouvernement des Etats-Unis conserve une politique agressive à l'encontre du Nicaragua. C'est là la seule réponse de Ronald Reagan aux propositions de paix du 19 juillet 1983 (1).

De plus, le gouvernement des EtatsUnis agit pour empêcher que les démarches du groupe de Contadora (2) ne progressent et puissent devenir une réelle alternative. Ils exercent des pressions sur les gouvernements des pays membres de ce groupe. Par là-même, ils renforcent contrôle sur la région, comme le démontre le récent coup d'Etat au Guatemala (3).

Il y a des rapports étroits entre les situations des pays de l'Amérique centrale. Toute intervention américaine contre les peuples du Salvador et du Guatemala a des conséquences sur le Nicaragua. chaque agression contre le Nicaragua a impérialiste.

- Quelle est la tâche la plus urgente du mouvement de avec le Nicaragua ?

- La tâche la plus urgente est de faire tout ce qui est possible pour arrêter l'agression nord-américaine contre le Nicaragua et l'Amérique centrale. La solidarité internationale a un rôle important à jouer. Il faut multiplier les actions pour empêcher le gouvernement nord-américain de développer sa politique agressive contre le Nicaragua et l'Amérique centrale. Il est nécessaire de construire un large mouvement dans lequel seront réunis les professions libérales, les religieux, les intellectuels, les travailleurs, les partis politiques et les organismes humanitaires pour s'op poser à la politique guerrière des USA.

- Quelles sont les tâches partienlières de solidarité en Europe occidentale ?

- Elles doivent consister en ceci : condamner l'alternative militaire que les Etats-Unis veulent appliquer, appuyer une solution politique en Amérique centrale, tenter d'obtenir la réalisation immédiate de conversations entre le Nicaragua et les Etats-Unis, entre le Nicaragua et le tous les peuples et gouvernements envers la révolution populaire sandiniste.

- Comment mouvements solidarité doivent-ils renforcer leur unité ?

- Le mouvement de solidarité doit être suffisamment fort et uni pour être utile dans la lutte contre l'agression en Amérique centrale. Un mouvement large se développe contre l'installation des 572 missiles américains en Europe. Or, l'agression des Etats-Unis en Amérique centrale et l'installation des missiles en Europe sont deux aspects d'une même politique agressive. C'est pour cela que ces mouvements doivent avoir des convergences actives.

- Quelles seraient les tâches de la solidarité internationale, cas d'aggravation de l'agression impérialiste ?

— Le Nicaragua se prépare à se défendre contre une agression impérialiste de grande envergure. Selon l'intensité de l'agression, le Nicaragua prendra les initiatives nécessaires pour appeler à la solidarité effective des peuples. Les mouvements de solidarité doivent être prêts à recevoir notre appel et à y répondre avec détermination et rapidité.

Propos recueillis par Jean-Claude BERNARD, Managua, 25 août 1983. 1. Les propositions de négociation exprimées le 19 juillet dernier ont été publiées dans Inprecor numéo 156, du 12 sep-

2. Panama, le Mexique, le Vénézuéla et la Colombie font partie du groupe de Contadora, qui propose une solution négociée du conflit

3. Le 8 août dernier, le général Meija renversait le général Rios Montt. Les premières déclarations du nouveau chef d'Etat illustraient du Guatémala sur la politique nord-américaine en Amérique centrale.

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RFA

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