Inprecor 1974–2004

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LES NOTRES

Déclaration du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale

· Inprecor n° 163, 19 décembre 1983 · p. 27 · 771 mots

IVe Internationale Chine

Le Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale salue la mémoire de Peng Shuzhi (Peng Shu-tse), décédé le 28 novembre dernier, et s'associe au deuil de ses proches, et notamment de sa compagne Chen Bilan, qui a partagé son existence de communiste révolutionnaire depuis 1925. Peng Shuzhi était l'un des derniers survivants des fondateurs du Parti communiste chinois (PCC) et un dirigeant, depuis des décennies, des trotskystes chinois et de la IVe Internationale, au sein de laquelle il collaborait surtout étroitement avec le camarade James Cannon.

C'est en janvier 1925, lors de l'important quatrième congrès du PCC que Peng, qui participa au bureau de ce congrès, fut élu membre du comité central et rédacteur en chef de l'organe du parti. En 1927, il jouait un rôle dirigeant aux côtés du fondateur et secrétaire général du parti, Chen Duxiu (Chen Tu-hsiu), dont il partageait le point de vue. C'est ce qui explique que Chen et Peng furent injustement rendus responsables de la défaite du parti, en 1927, lorsque le Guomindang (Kuo-min-tang), auquel le PCC s'était allié, se retourna contre les communistes, les massacrant par dizaines de milliers. En fait, les principaux responsables de la catastrophe ne se trouvaient pas en Chine Chen tout autant que Peng s'étaient élevés contre la politique qui faisait du PCC un associé subalterne du Guomindang -mais à Moscou. En effet, c'est la fraction de Staline qui avait décidé les modalités de l'alliance avec le Guomindang et subordonné les intérêts de la révolution chinoise à sa propre recherche d'une alliance avec Jiang Jieshi (Chiang Kai-shek).

L'étude des causes de la défaite convainquit Chen et Peng de la justesse de l'analyse de Trotsky, ce qui entraîna leur exclusion du parti comme dissidents trotskystes, en 1929. C'est vers cette époque que Chen, Peng, Zheng Chaolin, Wang Fanxi et d'autres, fondèrent l'Opposition de gauche du parti. Cette Opposition de gauche, au sein de laquelle Peng devait jouer un rôle dirigeant, réussit à gagner plusieurs centaines de partisans de la IVe Internationale parmi les membres des organes centraux du parti et de ses principales sections, en Chine et à Moscou. Mais, avant qu'elle n'ait pu s'implanter dans la classe ouvrière des villes, ses dirigeants furent arrêtés et emprisonnés en 1932. Peng fut condamné à dix ans de prison, mais relâché en 1937, lorsqu'éclata la guerre avec le Japon et que le Guomindang suspendit pendant un court moment sa chasse contre les com-

Peng passa une partie de la guerre à Changhai, alors occupée par les Japonais. C'est là que les membres du parti officiel clandestin tentèrent d'organiser son assaséchouèrent contre-mesures prises par les trotskystes. Peng survécut et put fonder, fin 1948, le Parti communiste révolutionnaire (RCP) de Chine, l'un des deux groupes chinois liés à la IVe Internationale à l'époque (l'autre étant la Ligue ouvrière internationale). Mais avec la victoire de la troisième révolution chinoise, sous l'égide des diri-

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deux dirigeants principaux du parti pendant de longues années, Mao-ze-Dong (Mao Tse-Toung) et Liu Shaoqi (Liu Shao-Chi). Peng n'a pas souvent rencontré Mao sur sa voie et, des deux dirigeants, c'est avec Liu qu'il travailla le plus étroitement, notamment lors de ses années à Moscou. Peng n'aimait guère Mao et critiqua durement les excès maoistes lors du Grand bond en avant et de la Révolution culturelle. Par contre, toute sa vie, il garda de l'estime et de l'affection pour Liu, en particulier lorsque celui-ci devint la victime de la Révolution culturelle de Mao, qui l'accusait de « révisionnisme » et de choisir la « voie capitalis-

Parmi les écrits de Peng traduits en langues occidentales, il faut citer une collection d'articles intitulée The Communist Party in Power (le Parti communiste au pouvoir, d'ailleurs traduit en chinois pour les cadres supérieurs de la République populaire de Chine), et le premier volume de ses mémoires, publié récemment par sa fille Cheng Yingxiang et son beau-fils Claude Cadart, sous le titre L'envol du communisme en Chine.

années, Peng a entretenu une correspondance suivie avec ses camarades socialistes révolutionaires à Hong-Kong et a régulièrement contribué à la discussion théorique au sein de la IVe Internationale. Il est resté jusqu'au dernier moment aux idéaux qu'il avait embrassés dans sa jeunesse. La vigoureuse mais brève flambée que le mouvement démocratique a connu en Chine témoigne de l'audience et de la future victoire que peut obtenir, dans ce pays, l'idéal de démocratie socialiste pour lequel les trotskystes chinois se sont bat-

La IVe Internationale honore le souvenir du camarade Peng Shuzhi comme celui d'un ferme défenseur, jusqu'à sa mort, des principes du communisme. Secrétariat unifié de la IVe Internationale,

7 décembre 1983.

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