Le comité central des Forces populaires de libération (FPL) Farabundo Marti, membre du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), communique à la classe ouvrière, au peuple salvadorien et aux autres peuples du monde, aux organisations révolutionnaires sœurs, au mouvement révolutionnaire mondial et aux gouvernements progressistes, cours de la lutte complexe, difficile, dévouée et victorieuse du peuple salvadorien pour sa libération, face à la dictature militaire cruelle et assassine de l'oligarchie, appuyée, soutenue et conseillée par l'impérialisme yankee, les FPL, unies aux autres organisations révolutionnaires partie prenante du FMLN, n'ont cessé d'appliquer et de développer leur ligne stratégique, assimilant la riche expérience révolu-
Déclaration des FPL tionnaire de notre peuple et des autres peuples du monde.
A l'issue des enquêtes et estimations concernant l'assassinat condamnable de la camarade Melida Anaya Montes, commandante Ana Maria, et le suicide de Salvador Cayetano Carpio, « Marcial », le Conseil révolutionnaire des FLP a conclu ce qui suit : que Salvador Cayetano Carpio, qui était notre premier responsable et commandant en chef des Forces armées populaires de libération, est entré, ces dernières années, dans un processus de décomposition idéologique et politique qui l'a conduit à de sérieuses
Get déviations, culminant dans l'assassinat de la camarade Ana Maria, dont il fut le promoteur et principal responsable. Parmi ces déviations, il y sée et son action à la hauteur des nécessités historiques requises par le développement de notre révolution. Marcial s'est enlisé dans des schémas et des positions dogmatiques et sectaires, ce qui, de pair avec son obstination à les faire prévaloir coûte que coûte, est devenu un obstacle pour le progrès des FPL, et a exercé une influence négative sur le processus unitaire des forces révolutionnaires dans leur ensemble, nuisant ainsi à l'effort pour la libération de notre pays.
Pourtant, l'expérience vivante de la lutte, acquise au prix du sang de milliers de camarades, et l'assimilation des leçons révolutionnaires d'autres peuples, conduit l'ensemble de notre organisation, de notre direction, de nos cadres, à avancer en liaison avec la lutte de notre peuple, enrichissant la pensée et développant la ligne et les orientations, s'ouvrant ainsi, comme il est naturel, à une confrontation
d'idées, dans le cadre des normes du parti et des statuts qui le régissent.
3) Les déviations de Marcial se sont aggravées au fur et à mesure que se développait la guerre populaire et la nécessité de la lutte idéologique interne pour répondre à ces progrès. Enfermé dans ses opinions et avec les caractéristiques négatives de sa personnalité, Carpio se prévalut de la situation de premier responsable des FPL pour les imposer. Il a violé de plus en plus souvent, et sur des questions de plus en plus graves, les principes révolutionnaires de fontionnement de notre parti. L'aspect le plus aigu de cette conduite de Carpio se manifesta à l'égard la camarade commandante Ana Maria, seconde responsable des FPL, qu'il considérait avec rivalité, avec un égocentrisme exacerbé, pour finir avec de la haine, estimant qu'Ana Maria portait ombrage à son prestige personnel. Marcial s'est de plus en plus éloigné de la dynamique de pensée collective de notre organisation et des organismes de direction, qui ne l'ont jamais appuyé dans son attitude contre Ana Maria.
4) Alors que tout le collectif de direction des FPL se liait étroitement à la base de notre parti, aux masses et aux combattants, livrant à leur côté la lutte quotidienne de notre peuple, Marcial s'est progressivement éloigné de la direction et de la base, s'entourant d'un groupe d'éléments qui voyaient dans leurs rapports à sa personne une source de prestige et d'autorité au sein de notre parti. Ces éléments portaient un véritable culte à sa personnalité, l'adulaient, le louangeaient, glissant vers un authentique fanatisme autour de sa personne, qui, s'il n'est pas parvenu à s'emparer de l'esprit et des sentiments de la base des FPL, a affecté certains camarades.
5) En janvier et février 1983 se tinrent des réunions de la commission politique, puis du commandement central des FPL, préparatoires au septième Conseil révolutionnaire, organe suprême de notre parti. Dans cette réunion, la totalité des membres du commandement central, à l'exception de Marcelo et de Marcial, approuva les accords et mesures qui permettraient d'appliquer notre ligne stratégique générale aux nouvelles conditions pour assurer les progrès de la guerre populaire de libération. Salvador Cayetano Carpio, en tant que membre de ces instances et leur premier responsable, eut la plus large possibilité de défendre son point de vue. Mais il ne le fit ni avec honnêteté et franchise, ni devant l'organe collectif, n'ayant jamais eu la vaillance prolétarienne de le présenter aux instances de direction : la commission politique et le commandement général. Au contraire, il a utilisé des méthodes incorrectes et condamnables. Dans cette même réunion du commandement général, il a essayé de tromper ses membres, lançant des accusations de dénigrement contre Ana Maria, qui contredisaient les normes les plus élémentaires de la morale révolutionnaire et le dégradaient lui-même. En raison de ces procédés malhonnêtes, ses méthodes et intentions malsaines furent rejetées. Marcial souffrit une dela pole assemune dedai commandement central, à l'exception de Marcelo. Cependant, la commission politique et le commandement central ne perçurent pas encore la profondeur et la gravité réelle des déformations idéologiques de Marcial, de sorte que les mesures adoptées par ces organes visaient à favoriser leur correction et à renforcer l'unité et la cohésion de notre parti, les FPL.
6) L'instance collective adressa à Marcial des remarques et des critiques sous la forme la plus fraternelle, avançant en même temps les conditions organisationnelles pour qu'il puisse surmonter le problème à la manière d'un révolutionnaire. Le commandement central, dans une manifestation de maturité et un profond esprit de parti, réaffirma sa confiance en Marcial en tant que fondateur et premier responsable de notre organisation. Il fit confiance en ses capacités à surmonter ses faiblesses et à corriger ses déviations. Mais Marcial ne se situait déjà plus dans le cadre des intérêts collectifs du parti, des forces révolutionnaires, de classe ouvrière, ni du peuple. Marcial avait cessé d'être ce dirigeant du peuple que nous avions connu dans le passé. De graves déformations politiques, idéologiques et morales finissaient d'affecter sa conduite et sa personnalité, ajoutant à tout cela son retard par rapport à la réalité politico-militaire du processus de notre parti.
7) Salvador Cayetano Carpio ayant déjà perdu toute la perspective et le respect que mérite la confiance de notre peuple pour les FPL, aveuglé par ses ambitions politiques et le culte fanatique de sa propre personne, commanda et planifia, avec Marcelo, l'assassinat de la camarade commandante Ana Maria, perdant ainsi lui-même sa qualité de révolutionnaire et dirigeant de notre peuple, utilisant à cette fin un groupe de combattants soumis à la discipline militaire, avec la complicité du personnel de sécurité de la camarade. Découvert dans son crime, Carpio choisit, dans un dernier acte de couardise politique, de se suicider pour échapper à ses responsabilités et sauver son nom déjà taché par l'infamie dont il s'était lui-même couvert. Il préféra mourir toujours accroché à son égocentrisme et à son auto-vénération.
Avant de se suicider, Marcial ajouta à sa couardise politique déjà incorrigible une nouvelle infamie, en écrivant quelques lettres, dont une adressée au commandement central et dans laquelle il présente les faits comme une conspiration de faux révolutionnaires contre ce qu'il appelle sa trajectoire sans tache d'authentique révolutionnaire. Marcial a ainsi laissé le venin pour continuer à nuire à la révolution et a notre organisation, dans un acte aussi désespéré qu'aveugle pour sauver son image par-dessus tout. Mais l'assassinat qu'il a commis contre Ana Maria est totalement et absolument prouvé. Le septième Conseil révolutionnaire des FPL, tenu en août 1983 à Chalatenango, a eu connaissance des preuves concluantes et étudié le phénomène dans toute sa profondeur, ses facteurs déterminants et conditionnants, adoptant une résolution qui con-
Guérilleros salvadoriens du FMLN. (DR) damne Marcial à l'unanimité. Ces événements, déformations et déviations sont sans précédent dans la vie des FPL. Cependant, du fait de la confusion, du ressentiment, de l'opportunisme et du culte fanatique de la personnalité de Marcial, une poignée d'anciens camarades ont été surpris et en sont arrivés à l'extrémité de se séparer de notre parti, essayant de diviser et de fractionner l'unité interne des FPL par des méthodes détournées et nuisibles à la révolution et à notre peuple, qui ne favorisent que l'ennemi. Ce groupe soutient les positions arriérées, sectaires et anti-unitaires défendues par Marcial. Il nie le rôle d'avant-garde révolutionnaire du FMLN et se proclame unique représentant de la classe ouvrière , il nie le rôle que peuvent jouer dans notre processus toutes les forces démocratiques et progressistes unies à la classe ouvrière. Il est protondement impregné d'une pensée et d'une pratique anti-parti. C'est à ce groupe d'individus qu'est lié le Mouvement ouvrier révolutionnaire « Salvador Cayetano Carpio » (MOR), qui vient de faire son apparition. Ils prétendent ainsi brandir la figure de Carpio devant notre peuple, cachant et couvrant ce qui est clair et prouvé, le fait qu'en raison de sa décomposition idéologique, Marcial a fini par trahir les intérêts de la classe ouvrière et de tout notre peuple, causant un irréparable dommage à la révolution.
Face à toutes les calomnies propa-
gées par ce groupe concernant de supposées déviations des FPL et du FMLN dans son ensemble, il y a un fait indiscutable, visible par tout le monde : le puissant progrès révolutionnaire, les éclatantes victoires politiques et militaires remportées par les forces du peuple, la situation politico-militaire critique dans laquelle se trouve la dictature, les progrès indiscutables dans le processus unitaire et la consolidation du FMLN. Nous, révolutionnaires, connaissons à fond les pratiques et les mesures utilisées par l'impérialisme et la réaction mondiale dans le but de détruire les mouvements révolutionnaires, l'un des premiers objectifs étant de diviser les organisations d'avant-garde des peuples. Dans notre pays, on ne peut compter les efforts et les mesures que l'impérialisme et ses agents intérieurs utilisent pour diviser l'avant-garde de notre peuple, le FMLN, et chacune des organisations qui le composent. Personne n'ignore que récemment, à Grenade, un groupe de révolutionnaires a été utilisé directement ou indirectement par l'impérialisme pour provoquer une division et un affrontement dans le parti du New Jewel Movement. Ceci a créé des conditions favorables pour les agresseurs impérialistes yankees, fournissant le prétexte à l'invasion de Grenade qui a porté un coup révolution. Nous appelons ce groupe à la sagesse et à la réflexion, à ce qu'il comprenne que son attitude est nuisible aux intérêts du prolétariat et de tout le peuple, l'ennemi en étant le seul bénéficiaire. L'attitude de tout révolutionnaire devant les plans néfastes de l'impérialisme, l'oligarchie et de sa dictature, est de renforcer l'unité entre révolutionnaires et de consolider le FMLN.
Pour terminer, le comité central des FPL déclare au peuple salvadorien et aux peuples du monde :
1) Que nous annonçons à tous ces camarades égarés ou trompés que les rangs de notre organisation sont ouverts à ceux qui veulent y revenir, pour serrer les rangs et unir nos efforts pour vaincre les enne-
2) Que nous condamnons le brutal assassinat de notre camarade Ana Maria, seconde responsable de notre organisation, ainsi que ses responsables Salvador Cayetano Carpio « Marcial », Rogelio Bazaglia « Marcelo », et les autres participants. De même, nous réprouvons le lâche suicide de Carpio.
3) Que la perte irréparable de l'inoubliable camarade Melida Anaya Montes, artisane et rempart de la pensée unitaire de notre peuple, renforce le moral combatif de notre organisation, la décision de renforcer le développement unitaire du FMLN, la décision de lutte infatigable. Elle approfondit notre amour du peuple et notre décision de vaincre, la volonté d'être libres et de mener à son terme la révolution contre l'impérialisme et l'exploitation.
4) Nous, FPL, sommes indissolublement engagés avec la classe ouvrière et le peuple. Notre force, notre conviction et notre décision reposent sur la confiance inébranlable dans la capacité créatrice révolutionnaire illimitée du prolétariat et du peuple, dans la confiance absolue en la victoire populaire.
5) Les FPL-Farabundo Marti, en tant qu'organisation révolutionnaire trempée dans le cours de la lutte héroïque du peuple salvadorien, sont capables de s'épurer et d'avancer avec fermeté sur la voie de l'unité de tout le peuple et du développement de la lutte révolutionnaire.
6) Que la réunion plénière du septième Conseil révolutionnaire a ratifié la ligne stratégique, politico-militaire de notre organisation et l'a enrichie, sur la base des nouvelles expériences et exigences de la dénomination septième Conseil, « le peuple entier est prêt à vaincre l'intervention de l'impérialisme yankee », dédié à notre seconde responsable la commandante Ana Maria et aux autres héros et martyrs de la révolution, exprime la volonté et la disposition des FPL et de tout le peuple à combattre et à vaincre les troupes yankees ou celles d'autres pays valets de l'impérialisme qui agresseraient notre patrie. temps, il a tracé les orientations pour contribuer, avec le FMLN, à atteindre la victoire populaire définitive.
7) Finalement, nous lançons un appel à la classe ouvrière, au peuple travailleur et aux secteurs démocratiques et progressistes, pour qu'ils ne se laissent pas tromper par la campagne de calomnies et de mensonges propagés par l'ennemi et par tous ceux qui font directement ou indirectement son jeu, un appel à s'incorporer massivement à la lutte armée révolutionnaire pour contribuer à préparer les batailles décisives et définitives contre les ennemis du peuple; à impulser résolument la lutte pour les revendications politiques, économiques et sociales immédiates ; à prendre toutes les mesures pour éviter l'intervention yankee ou d'autres forces dans notre pays et à faire face avec détermination à toute tentative d'invasion ; à renforcer l'unité du peuple autour de son avant-garde, le FMLN, et à serrer les rangs face à nos ennemis de classe.
Vive l'unité politique, idéologique et organique des FPL! Vive le FMLN! Guerre à l'impérialisme, à l'oligarchie et à sa dictature fantoche ! La révolution ou la mort, le peuple armé vaincra ! Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Unis pour combattre jusqu'à la victoire finale ! La révolution ou la mort, nous vaincrons !
Pour le comité central des Forces populaires de libération (FPL)-Farabundo marti, signent les membres de la commission politique :
Leonel Gonzalez, premier secrétaire des FPL et commandant en chef des forces armées populaires de libération (FAPL) ; Dimas Rodriguez, second secrétaire des FPL et second chef des FAPL, les camarades Milton, Salvador Guerra, Esteban Cabrales, Mayo Sibrian, Ricardo Gutierrez, Jesus Rojas, Valentin et Miguel Castellanos.
El Salvador, Amérique centrale, 9 décembre 1983.