Le PST-U demande sa reconnaissance comme section de la IVe internationale Le second congrès du Parti socialiste des travailleurs d'Uruguay (PST-U) a eu lieu en janvier dernier. Le premier point à son ordre du jour était la question de l'affiliation internationale de l'organisation.
Au sein de la IVe Internationale, le PST-U se reconnaissait dans la fraction léniniste-trotskyste (FLT) de 1972 à 1976, puis dans la fraction bolchevique (FB), animée notamment par Nahuel Moreno et les dirigeants du PST argentin, à partir de 1976. En 1980, le PST-U a rompu avec ce courant. Depuis lors, une discussion s'était développée en son sein sur la perspective de retour dans la IVe Internationale ou d'adhésion au Comité international dirigé par le Parti communiste internationaliste (PCI) de Pierre Lambert.
La direction du PST-U, tout en soulignant le cours positif amorcé, à son avis, par le Comité international, notamment depuis l'évolution de sa position sur la question de la solidarité avec les luttes révolutionnaires en Amérique centrale, a maintenu la référence aux bases de réunification de 1963 comme étant « la granavancée » du mouvement trotskyste depuis la guerre et a condamné comme irresponsable la rupture de 1979 de la Fraction bolchevique et d'une partie de la FLT. Des représentants du Secrétariat unifié (SU) de la IVe Internationale et du Comité international étaient invités au congrès du PST-U, qui s'est finalement prononcé à une large majorité pour demander sa reconnaissance comme section uruguayenne de la IVe Internationale au prochain congrès mondial.
Le congrès du PST-U s'est tenu à quelques jours à peine de la grève générale du 18 janvier en Uruguay (ct. Inprecor numéro 168 du 5 mars 1984) et dans le contexte marqué depuis un an par une montée impétueuse du mouvement de masse. Il a adopté le principe de l'intégration du PST-U à tous les niveaux du Frente Amplio (Front élargi). Ce front large était apparu à l'occasion des élections de 1971 en Uruguay. Marquant une tentative
1 avril 1984
3 11 33 47 de rupture avec le bipartisme traditionnel qui caractérise la vie politique du pays, il avait recueilli plus de 20 % des voix et la majorité relative dans la capitale, Montevideo. Il est réapparu en novembre 1983 dans le cadre de la poussée du mouvement de masse et de la restructuration du mouvement syndical. Composé du Parti communiste, du Parti socialiste, de la Déchrétienne, d'un regroupement connu comme Gauche indépendante, le Frente Amplio existe aussi sous forme de plus de vingt comités de base dans les quartiers de Montevideo.
Au plan de transition conçu par la élections prévues pour novembre 1984, le PST-U oppose l'exigence d'un rétablissement immédiat de toutes les libertés démocratiques, politiques et syndicales, d'une amnistie sans ni exceptions, ment des tortionnaires, de la convocation d'une Assemblée constituante. Aux projets bourgeois d'accord national et de pacouvrières, le rattrapage des salaires, le ré embauchage de tous les licenciés, le non-paiement de la dette extérieure.
Sur le plan syndical, le PST-U œuvre à la construction du Plénum intersyndical des travailleurs (PIT) comme centrale unique, dans la tradition de la Convention nationale des travailleurs (CNT) interdite depuis plus de dix ans par la dictature.
Enfin, sur les questions organisationnelles, le congres s'est montré à la fois ouvert et ferme. Ferme en condamnant catégoriquement et à l'unanimité la campagne de calomnies orchestrée par le courant de Nahuel Moreno contre deux dirigeants du PST-U. Constatant le refus par ce courant d'accepter une commission internationale de moralité proposée par le PST-U, le congrès exige que cesse cette campagne et demande à ses auteurs une autocritique publique. Ouvert, en invitant à participer au congrès avec tous les droits de délégués, les militants uruguayens qui, lors de la rupture de 1980 sont restés du côté de la Ligue internationale des travailleurs dirigée par Moreno.
Ce congrès a illustré l'existence d'un parti forgé par dix ans de résistance à la dictature, avec notamment à son actif une implantation ouvrière solide et la publication régulière, depuis six ans dans le pays même, d'un organe qui en est à son 46e numéro. Après ce congrès, le PST-U entre mieux armé et préparé dans la nouvelle étape qui s'ouvre pour la lutte des classes en Uruguay.
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