Catherine Vincent, la militante des JCR blessée par les « contras », à son retour à Paris. (DR)
NICARAGUA
Face au développement de l'offensive impérialiste s'est déroulée, du 15 au 23 juillet à Managua, une importante initiative de solidarité avec la lutte du peuple nicaraguayen. Organisé par le Comité nicaraguayen de solidarité avec les peuples (CNSP), le Camp de la paix a rassemblé 600 personnes venant de 27 pays. Les délégations représentaient essentiellement des comités ou des brigades de solidarité d'Europe de l'Ouest, d'Amérique latine et d'Amérique du Nord.
Quelques délégations d'organisations politiques étaient aussi présentes, dont les JCR (France), qui avaient été invitées expressément par la Jeunesse sandiniste. Elles représentaient l'ensemble des organisations de jeunes en solidarité politique avec la IVe Internationale qui avaient organisé la tournée européenne de la Jeunesse sandiniste.
A cette occasion, la délégation des JCR a eu de nombreux entretiens avec la direction de la Jeunesse sandiniste et lui a remis un important matériel photographique pour son journal Muchachos. Les participants à ce camp ont pu assister à de nombreux exposés et rencontres avec des responsables du FSLN, dont notamment Tomas Borge et Sergio Ramirez. Le discours de clôture du camp a été fait par la Comandante Dora Maria Tellez, qui a précisé pour tous les participants la place du Nicaragua libre aujourd'hui par rapport au devenir historique de l'humanité, l'« après-capitalisme ». Elle a montré la façon dont les sandinistes tirent le bilan des expériences révolutionnaires précédentes en essayant d'éviter les erreurs qui ont été commises.
Ce camp a permis que se rencontrent les très nombreuses brigades de solidarité présentes au Nicaragua durant l'été pour y aider a la reconstruction. Pres d'un millier d'internationalistes ont ainsi offert leur temps de vacances au peuple nicaraguayen en participant à ses côtés au renforcement des conquêtes de la révolution : écoles, centres de santé, coopératives, etc.
Ces brigades de travail apportent une aide précieuse au moment où tout le pays doit se mobiliser en soutien au front de guerre face à l'agression impérialiste. Les bandes de « contras » ne s'y sont pas trompées. C'est pour cette raison qu'elles ont choisi de s'attaquer, le 18 juillet, à une de ces brigades, avec la volonté, en cherchant à tuer, de décourager les internationalistes, de casser la chaîne de solidarité concrète avec le Nicaragua libre.
Une militante du comité de solidarité français, également membre des JCR, et trois ouvriers de Telcor (entreprise de téléphones nicaraguayenne) ont été blessés de solidarité internationale dans cette attaque qui a été dénoncée unanimement par tous les participants du Camp de la paix et par un communiqué commun des organisations françaises présentes au Nicaragua (MJS, MJCF, JCR, CSN). « Loin de nous intimider, cette attaque a encore renforcé les liens fraternels noués pendant quinze jours de travail en commun. Nous sommes plus déterminés que jamais à revenir dans ce pays, à dire en France la vérité sur le travail qui y est réalisé, sur l'agression quotidienne que subissent les populations, et sur les méthodes de ces '"contras" qui prétendent défendre la liberté et la démocratie », voilà la réponse de toute la brigade agressée Voilà la réponse à donner aux agressions dont est victime le Nicaragua : renforcer la solidarité, construire la mobilisation face à l'impérialisme US.
« INPRECOR », 24 août 1984.