MEXIQUE Doniers politiques de dieres pri EPUIS le 25 août dernier, sons mexicaines ont entamé une grève de la faim pour exiger leur libération. La majorité d'entre eux sont des paysans arrêtés pour avoir combattu pour le droit à la terre, parmi lesquels au moins 2 d'entre eux de la prison de Monterrey ont déjà bénéficié par deux fois de l'amnistie et restent pourtant maintenus incarcérés depuis onze ans.
Le 5 septembre, 3 députés élus sur les listes du Parti socialiste unifié du Mexique (PSUM) - organisation résultant de la fusion du Parti communiste mexicain et d'autres formations nationalistes —, mais non membres de ce parti, et Rosario Ibarra de Piedra, dirigeante du Front national contre la répression (FNCR) et ancienne candidate du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT, section mexicaine de la IVe Internationale) à la présidence en 1982, ont à leur tour entrepris une grève de la faim dans les locaux de la Chambre des députés. Ils exprimaient ainsi leur soutien aux paysans grévistes de la faim et leur exigence de la présentation des 513 « disparus » politiques, la libération des 300 prisonniers politiques comptabilisés à ce jour, et la suspension des poursuites judiciaires contre des dizaines de citoyens de ce pays. Différentes organisations paysannes ont apporté leur soutien aux grévistes tout en présentant leurs propres re-
Grèves de la faim pour la
58 pri- vendications concernant la politique répressive du gouvernement du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) de Miguel de la Madrid. Ainsi, l'Union paysanne indépendante (UCI) réclame l'arrêt des as sassinats de paysans dans les Etats de Puebla et de Veracruz, l'Organisation paysanne Emiliano Zapata (COCEZ) demande la libération de 13 personnes originaires de Chiapas, le Mouvement d'unification et de lutte Triqui (MULT) avance des demandes identiques pour des indigènes d'Oaxaca, le Conseil général des quartiers populaires d'Acapulco (CGCPA) exige la libération de 9 de ses membres dans l'Etat de Guerrero, de même que la Coalition ouvrière, paysanne et étudiante de l'Isthme (COCEI), qui exige la libération de 4 de ses militants et la suspension des poursuites contre 37 autres, dans l'Etat d'Oaxaca.
Le 11 septembre, 4 nouvelles personnes se sont mises en grève de la faim : un député et les dirigeants de trois organisations, le Mouvement révolutionnaire du peuple, l'Union de lutte révolutionnaire, et le camarade Edgard Sanchez Ramirez pour le PRT. Un autre membre du PRT, Manuel Aguilar Mora, et 10 membres des familles de disparus ou détenus politiques, se sont aussi joints à cette action.
Après plusieurs semaines sans réaction officielle significative de la part du gouvernement du PRI, le mouvement de protestation ajouta une nouvelle revendication, celle de la liberté d'audience avec le président de la République. En effet, ce dernier s'est toujours refusé à répondre aux interpellations publiques pressantes et multiples des dirigeants du FNCR sur la question des « disparus » et des prisonniers politiques. Les deux présidents précédents s'étaient au moins vus contraints à de telles audiences et, dans le cas de Lopez Portillo, à la promulgation de lois d'amnistie. Or, la preuve de l'existence de disparus toujours en vie a été donnée, le 11 septembre dernier, lorsque réapparut vivant Antonio Perez Fidelino, un jeune indigène de 16 ans employé de maison chez William Morales, militant indépendantiste de Porto Rico emprisonné au Mexique. Lorsque la police mexicaine s'empara de William Morales, elle enleva aussi Fidelino, qui demeura disparu durant plus d'un an, jusqu'au 11 septembre dernier, date où on le retrouva dans une prison pour mineurs de l'Etat de Chiapas, à plus de 1 000 kilomètres de la ville où il avait été appréhendé.
Au Mexique, la campagne pour obtenir une audience du président de la République, droit reconnu par la Constitution, prend de l'ampleur. Une motion a été votée au Parlement par les formations d'opposition. Des messages de solidarité émanant de divers partis politiques, dont le PRT, d'organisations syndicales, de groupes d'intellectuels ou d'associations humanitaires sont publiés dans la presse. Les médias locaux ont donné quelque écho à la conférence de presse des grévistes du 18 septembre. Le fait que 3 députés soient en grève de la faim est en effet un événement exceptionnel dans ce pays.
La solidarité de l'ensemble des organisations humanitaires, démocratiques et révolutionnaires avec cette grève de la faim et pour la présentation vivants des « disparus » et la libération des prisonniers politiques est un élément important auquel ne manquera pas d'être sensible un régime qui se prétend démocratique et dont le parti gouvernemental est lié à l'Internationale socialiste. Des messages de protestation peuvent être adressés à : Lic. Miguel de la Madrid, Presidente de la Republica Mexicana, Los Pinos, Mexico DF, Mexique, avec un double au FNCR, au nom de Rosario Ibarra de Piedra, Medellin 336, Altos, Col. Roma, Mexico DF, Mexique, ou au Comité français de . défense des droits de l'homme au Mexique, 1, rue Montmartre, 75001 Paris, qui transmettra.
24 septembre 1984.