Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AFRIQUE DU SUD

Libérez Nelson Mandela !

Inprecor n° 202, 9 septembre 1985 · p. 23 · 476 mots

Afrique australe

composantes politiques, syndicales et associatives de l'opposition au système de l'apartheid sont menacées d'arrestations, d'assassinats et d'enlèvements. Mais le régime considère toujours que son objectif prioritaire et sa première victime doivent être les courants qui se reconnaissent plus ou moins dans l'ANC. L'UDF, qui exprime en partie l'influence de ce mouvement (en cohabitation avec les

Eglises) est donc le plus violemment attaqué aujourd'hui. A la liste déjà longue de ses responsables détenus par le régime de Pretoria vient de s'ajouter une autre arrestation, et de taille. Le pasteur Allan Boesak, président de l'Alliance mondiale des églises réformées et un des fondateurs de l'UDF, a été arrêté le 27 août, alors qu'il devait prendre la tête de la manifestation pour la libération de Nelson

Mandela le lendemain. Le pasteur Boesak est détenu en vertu de la Loi de sécurité interne, qui autorise les autorités à garder des suspects indéfiniment sans les du mouvement syndical, quand un jeune dirigeant du Chemical Workers Industrial Union, Andries Raditsela, décéda en mai 1985 à la suite des mauvais traitements subis pendant sa détention dans les locaux de la police. Personne n'est donc à l'abri. Les militants de l'ANC ou ses sympathisants sont les plus souvent incarcérés sous le prétexte des lois de protection contre le communisme.

L'appartenance supposée ou établie à ce mouvement place immédiatement la personne concernée en état de menace de mort. Nombre d'entre elles sont effectivement morts en détention. Mais depuis peu sont apparus des sortes de commandos, le plus souvent composés de noirs, qui reprennent les méthodes d'enlèvement et d'assassinat des régimes latino-américains. Ceci permet d'éviter ainsi la nécessité formelle des arrestation et des perquisitions. Avec cette méthode, il est dorénavant possible de frapper tous ceux qui constituent une menace pour le régime, militants modérés de l'UDF, syndicalistes, membres des groupements de la « conscience noire » etc. qu'il est difficile de faire passer pour des membres comporte évidemment un enjeu politique qui dépasse la simple bataille pour les droits démocratiques. Au delà de la personne même du vieux leader, le thème de sa libération alimente la propagande de ceux qui veulent que s'établissent des négociations entre le pouvoir et une partie du mouvement noir. L'ANC de son côté y trouve l'avantage d'une propagande en sa faveur. A l'étranger, cette campagne est d'ailleurs souvent utilisée de manière sectaire, notamment par les paren Afrique du Sud, non comme le produit des pressions internationales de la social-démocratie et de certains secteurs libéraux, mais bien comme une victoire inculper de quoi que ce soit.

tis communistes, pour restreindre la solidarité au seul ANC.

du mouvement de masse. Il faut que Mandela soit libéré !

Mais d'autres mouvements sont eux aussi frappés. Ce fut notamment le cas

A l'intérieur du pays la campagne pour la libération de Nelson Mandela

Quoiqu'il en soit, la libération de l'ancien dirigeant de l'ANC serait perçue

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