Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AMERIQUE LATINE

Face à la dette et à l'austérité, journée continentale de protestation le 23 octobre

· Inprecor n° 204, 7 octobre 1985 · p. 28 · 937 mots

Économie mondiale Cuba Syndicalisme

Journée continentale de protestation le 23 octobre valleurs d'Amérique latine et de la Caraibe sur la dette extérieure. Cette rencon

U 15 au 18 juillet 1985 a eu lieu, à La Havane, la Conférence syndicale des tra tre a rassemblé les représentants de 197 organisations syndicales de 29 pays d'Amérique latine et de la Caraibe. Quatre-vingt orateurs se sont succédés à la tribune,

Les délégués se sont engagés à lutter « pour l'annulation, le moratoire, la suspension immédiate des paiements ou l'ajournement indéfini de la dette extérieure, y compris les intérêts; pour l'établissement du nouvel ordre économique international et pour l'unité latino-américaine et caraïbe ; pour l'intégration de l'Amérique latine et de la Caraibe au service du développement et de l'indépendance de nos pays ». (Cf. Granma, résumé hebdomadaire en français, La Havane; 28 juillet 1985). Cette rencontre a aussi décidé l'organisation, le 23 octobre prochain, d'une journée d'action continentale

Nous publions ci-dessous la déclaration commune adoptée par les sections de la

IVe Internationale d'Amérique latine et de la Caraibe en rapport avec cette initiative.

AMERIQUE LATINE à laquelle s'est aussi exprimé Fidel Castro. contre la dette extérieure. DOCUMENT

Les représentants des organisations syndicales et populaires de nos pays se sont réunis à La Havane, au mois de juillet 1985, pour traiter en commun des problèmes extrêmement graves que le paiement de la dette extérieure pose à nos peuples. Cette conférence a décidé, entre autres choses, de faire du 23 octobre 1985 une journée continentale contre le paiement de la dette extérieure et contre la politique criminelle du Fonds monétaire international (FMI).

Devant ce fait très important, nous, organisations d'Amérique latine et de la Caraibe qui agissons dans le cadre de la IVe Internationale, déclarons :

- L'offensive lancée par les banques et les gouvernements impérialistes contre nos peuples pour les obliger à payer la dette extérieure a eu pour conséquences le durcissement de la mise en pratique des plans d'austérité, l'augmentation des prix, les réductions budgétaires pour les services qui bénéficiaient au peuple, des licenciements massifs des travailleurs, le gel des salaires, des terres reprises aux paysans et l'inévitable politique de répression pour détruire toute protestation populaire et les organisations qui l'impulsent.

- Cette politique de l'impérialisme a été avalisée par les gouvernements de nos pays, lesquels, dans le meilleur des cas, n'ont fait que prendre de timides mesures qui sont loin de répondre aux besoins des peuples qu'ils disent représenter, qui se mettent ainsi de façon impudente et antinationale du côté de ceux qui, au prix de nos sacrifices, veulent remplir les coffre-forts impérialistes. Et ce, non seulement pour leurs intérêts mesquins, mais aussi

Face à la dette et

à l'austérité

pour harceler les peuples et déstabiliser les gouvernements qui, comme celui de notre nation-sœur, le Nicaragua, ont pris le chemin de la dignité et de la souveraineté, en mettant les richesses nationales entre les mains de ceux qui en ont besoin.

- Par son montant même, la dette est impayable. Parce qu'elle est un instrument d'exploitation, on ne doit pas la payer. Les classes dominantes autochtones, liées aux intérêts de l'impérialisme, sont incapables d'adopter une attitude ferme et indépendante face à ce dernier. A l'opposé de la voie servile que prennent les gouvernements et la bourgeoisie, les syndicalistes et les paysans latino-américains et caribéens ont décidé de prendre Affiche de la rencontre de la Havane. (DR)

CONFERENCIA SINDICAL DE LOS

TRABAJADORES DE AMERICA

LATINA Y EL CARIBE SOBRE LA

DEUDA EXTERNA

en main la lutte contre le paiement de la dette extérieure. Qui plus est, ils décidé de mener la lutte sans merci pour un nouvel ordre économique mondial qui en finisse avec l'exploitation par l'impérialisme des pays dépendants comme les nôtres, une lutte qui vise à satisfaire les besoins fondamentaux de tous les exploités et les opprimés. C'est une lutte pour un nouvel ordre économique qui s'oriente vers l'échange économique entre les pays du tiers-monde. C'est une pour un nouvel ordre économique où les immenses ressources de l'Amérique latine et de la Caraibe serviront à notre propre développement et non, comme jusqu'à maintenant, à l'enrichissement des impérialistes, qui financent leur développement économique avec des ressources qui proviennent des pays dépendants et exploités. Jamais ces richesses ne pourront être restituées à l'Amérique latine.

nous lançons un fervent appel à tous les travailleurs, à tous les paysans, aux forces populaires, aux partis révolutionnaires, aux organisations démocratiques, pour qu'ils participent activement et de façon combative aux journées contre le paiement de la dette extérieure, le 23 octobre, en organisant des assemblées, des rassemblements, des défilés, des manifestations, des arrêts de travail, etc. En prenant l'exemple de la Conférence syndicale latino-américaine, nous lançons un appel aux centrales syndicales, afin de poursuivre ce type de réunion, pour créer ainsi de meilleures possibilités de déboucher sur des initiatives et des actions communes des travailleurs et des peuples d'Amérique latine et de la Caraibe.

- Contre la faim et la misère, ne payons pas la dette. C'est la seule voie pour notre avenir et celui de nos enfants !

- Non au paiement de la dette extérieure !

— A bas la politique d'austérité ! — Pour la défense des droits démocratiques !

- Il faut que la journée continentale de protestation du 23 octobre soit un suc- Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), Pérou - Parti ouvrier révolutionnaire-unifié (POR-U), Bolivie - Parti socialiste révolutionnaire (PSR), Chili - Mouvement révolutionnaire des travailleurs (MRT), Equateur - Parti socialiste des travailleurs (PST), Uruguay - Organisation révolutionnaire marxiste-Démocratie socialiste (ORM-DS), Brésil - Parti socialiste révolutionnaire (PSR), Colombie - Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), Mexique - Groupe révolution socialiste (GRS), Martinique-Guadeloupe

Amérique latine, septembre 1985.

Une erreur sur cette page ?