Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

Dix ans d'histoire du PRT

· Inprecor n° 225, 8 septembre 1986 · p. 24, 23 · 1 842 mots

Mexique Syndicalisme IVe Internationale

E Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, va prochainement fêter son dixième anniversaire. En cette occasion, le PRT lance une grande campagne d'adhésions visant au recrutement de 500 nouveaux membres. Cette campagne est ponctuée par une série d'initiatives publiques et sera couronnée par un grand meeting populaire le 13 septembre prochain. Le coup d'envoi de ces journées commémoratives, qui comprendront des tables rondes, un festival de musique, des expositions, a été donné le

20 août - date du 46e anniversaire de l'assassinat de Léon

Trotsky — par une table ronde sur le thème « Le trotskysme et

Simon CASTILLEJOS BEDWELL

L'antécédent le plus lointain du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, remonte au grand mouvement étudiant et populaire qui, en 1968, secoua le gouvernement du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et le système de domination politique mexicain. De ce mouvement surgit le premier noyau de camarades qui se regroupèrent dans le Mouvement communiste internationaliste (MCI), entre autres par José Revueltas.

dirigé

Vint ensuite le Groupe communiste internationaliste (GCI), qui apparut quand le

MCI fut dissout par la répression et l'incarcération de ses principaux dirigeants, dont Revueltas, lequel envoya depuis sa prison de Lecumberri, en 1969, son salut au 9e congrès mondial de la IVe Internationale.

Dix ans d'histoire du PRT

organe, Bandera Socialista. Dès son origine, le PRT a eu un caractère internationaliste. D'une parce que les événements de 1968 au Mexique furent l'expression nationale de la rébellion mondiale de la jeunesse, et de l'autre parce que, bien que le PRT soit issu du milieu étudiant, il a toujours eu comme référence politique et idéologique la perspective de la construction d'un parti des travailleurs, révolutionnaire, socialiste, démocratique, prenant comme base programmatique les postulats de la IVe Internationale. SOUS LE SIGNE DES LUTTES ... Cela permit au noyau de militants du MCI et du GCI, malgré leur très petit nombre - pas plus de 30 camarades — de passer cette grande épreuve de 1968, d'en tirer les conclusions, de lui donner une

BPR

ALA MULER ORGANIZADA

FORTALECE JA LUCHA y VIVIENDA

DESESPO

YMOVI le PRT ». Le 22 août, plusieurs représentants de la gauche mexicaine ont débattu de leurs rapports. Le 27, la fraction parlementaire du PRT devait présenter un rapport public sur ses activités. Le 11 septembre, c'est la dette extérieure qui sera au programme de la discussion, tandis que le 12 du même mois,

Ernest Mandel interviendra sur le thème « Le marxisme et la crise ». Cette campagne donne régulièrement lieu à la publication d'articles sur les objectifs et l'histoire du PRT, dans son

Nous reproduisons ci-dessous de larges extraits d'un de ces articles paru dans le numéro du 4 août dernier.

continuité, d'être partie prenante de ce mouvement et de ses instances de direction, comme le Conseil national de grève

(CNH), sans perdre de vue la perspective de la révolution socialiste.

La présence, la croissance, la consolidation et l'extension nationale de notre courant à ses débuts furent le produit des luttes étudiantes de 1971 dans les Etats de Nuevo Leon, de Chihuahua, d'Oaxaca, de Sonora, de Mexico et d'autres encore.

La révolte syndicale antibureaucratique de 1974 a permis nos premières expériences dans le textile, l'automobile, le transport et d'autres secteurs. A partir de ces mouvements pour la démocratie et l'indépendance syndicale dans les entreprises Dina, Nissan, General Electric, Spicer, Volkswagen, Textiles Morelos, Rivetex et dans d'autres usines et syndicats, se formèrent nos premiers militants ouvriers

(suite à la page 23)

QUE POPULAR

ULUGIUNARIU

DEMOCRACIA

Vola

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----- photo credits and running heads -----

L RE PRT

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d'industrie, sans oublier ce que signifia aussi, en nombre de militants, le mouvement pour la syndicalisation des travail-

C'est dans ce contexte que se déroula le premier congrès national du GCI en dé-

1974. La création du Syndicat unique des électriciens (SUTERM) et de sa tendance démocratique dirigée par Rafael Galvan, et du Front national d'action populaire (FNAP), tentative la plus sérieuse de donner corps au niveau national au mécontentement ouvrier, paysan et populaire, furent d'une grande importance pour la construction du parti. En plus, du fait que de nouveaux camarades rejoignirent nos rangs, ces luttes servirent de test de maturation politique pour le gros de

En cette même période de 1976, dirigés par nos militants et à travers le Front paysan indépendant (FCI), aujourd'hui FCIR, des milliers de paysans de l'Etat de Sonora réussirent avec succès ce qui reste jusqu'à ce jour la plus grande occupation de terre des trente dernières années. En conséquence de cette lutte, le gouvernement fédéral, alors présidé par Luis Echeverria, s'est vu contraint d'exproprier les latifundistes sur des dizaines de milliers d'hectares et de remettre ces terres aux

De nouveaux combattants, des militants révolutionnaires, rejoignirent alors nos rangs, enrichissant ainsi l'expérience, la maturité et la capacité politique de notre organisation à diriger des conflits de grande envergure.

Ce sont des luttes comme celles des travailleurs démocratiques du pétrole, des médecins de l'Anamere et de la Unmisse, et des enseignants de la SNTE qui, entre beaucoup d'autres, ont permis la fondation, en septembre 1976, de l'actuel PRT, par la fusion de la Ligue communiste internationaliste et de la Ligue socialiste, deux organisations jusqu'alors sections sympathisantes de la IVe Internationale.

... ET DE L'INTERNATIONALISME

Durant tout ce processus, qui s'étend de 1968 à 1976, les relations, l'identification politique, la collaboration et l'ap pui de la IVe Internationale sont allées en s'accentuant, en se développant et en se consolidant, avec l'idée que la lutte contre l'exploitation, la faim et la misère, et pour le socialisme est une lutte universelle qui doit se développer à l'échelle mondiale, bien que dans chaque pays ou région elle se mène sous des formes très particulières.

Pour cela, le PRT est apparu fondation comme la section mexicaine de la IVe Internationale, connaissant, propriant, assimilant et intégrant les luttes des peuples vietnamien, cubain, soviétique, bolivien, argentin, allemand et du monde entier.

La lutte pour la liberté des prisonpolitiques tout d'abord, qui s'est conclue par une première loi d'amnistie, et ensuite celle pour la réapparition en vie des disparus, donnèrent lieu à la naissance de ce qui sont aujourd'hui le Front national contre la répression (FNCR) et le des parents de prisonniers, persécutés, exilés et disparus politiques.

Depuis l'origine de ces organismes à Monterrey, le PRT en fut partie prenante. Il fut un élément actif dans ces luttes, ce qui lui a permis de montrer son intransigeance face aux politiques du gouvernement et de ses alliés.

que s'explique le fait qu'aujourd'hui, la camarade Rosario Ibarra de Piedra, principale dirigeante du FNCR et du Comité des parents, soit membre de la fraction parlementaire du

Le lien permanent avec les principapays nous a permis de revendiquer fermement et sérieusement le droit à l'enregistrement légal comme parti, puis de l'obtenir grâce à l'important succès remporté par notre candidate à l'élection présidentielle de juillet 1982, qui a contraint le gouvernement à reconnaître notre existence légale comme parti national (2).

Au cours de tout ce chemin, plusieurs camarades ont perdu la vie. Notons parmi eux Alfonso Peralta Reyes, membres du comité central et du bureau politique (aujourd'hui comité politique) du PRT et de la direction du Syndicat des travailleurs de l'université nationale autonome de Mexico (STUNAM). Son assassinat a représenté un coup très dur, aussi bien pour le PRT que pour le STUNAM, qui préparait alors sa première grève importante (3).

En 1982, l'éclatement de la plus grave crise économique qu'a connu le pays jusqu'à ce jour a amené le gouvernement à commencer à appliquer son plan d'austérité contre les travailleurs de la campagne et de la ville, par des licenciements, la diminution du salaire réel et, en général, la réduction du niveau de vie.

Depuis lors, le PRT a toujours participé aux luttes contre l'austérité et ses effets anti-ouvriers. Le PRT a participé aux luttes des travailleurs des secteurs des mines et de la métallurgie des entreprises de Monclova, Truchas, Dina-Renault, Volkswagen, Nissan, Ford, à celles des travailleurs du secteur pétrolier à Veracruz, Mexico, Guanajuate, à celles des travailleurs des télécommunications pour la défense de leurs conditions de travail et de la dé mocratie syndicale, à celles des enseignants du SNTE regroupés dans la Coordination des travailleurs de l'éducation (CNTE). Il participe à des sections syndicales et des délégations démocratiques. LE PRT, UNE ORGANISATION UTILE

Le PRT a aussi été actif dans les compour le droit au logement, pour l'amélioration des services publics et l'organisation autonome des travailleurs dans leurs quartiers. Nous avons réalisé un important travail dans le Mouvement urbain populaire (CONAMUP) et nous disposons d'un poids prépondérant dans le associatif des populations urbaines de régions comme Baja California et Sonora.

A la campagne, la lutte pour la terre a constitué un important défi pour le PRT. L'activité du parti dans le secteur paysan a vu une première phase se conclure avec succès par la création et le développement de la Coordination nationale plan de Ayala (CNPA). Cet engagement du PRT dans les luttes des travailleurs, des ouvriers, des paysans, des femmes, des habitants des populaires, des homosexuels, des Indiens, etc., a permis de faire du PRT un véritable parti des travailleurs, un instrument utile pour leurs luttes, malgré ses importantes faiblesses organisation-

Ice qui nous a permis de nous trouver, en octobre 1983, avec d'autres militants et d'autres organisations, à la tête de la première grève civique nationale, qui représenta un premier effort de centralisation du mécontentement populaire, à travers des initiatives concrètes et d'ampleur nationale (4).

oilà pourquoi le PRT représente at ourd'hui un élément fondamental de luttes contre les chômage, les bas salaires et les mesures antidémocratiques et pour la défense des syndicats et des contrats collectifs, l'organisation autonome des habitants des quartiers populaires. Le PRT fait partie de l'avant-garde ouvrière et populaire qui s'est forgée dans les luttes. Il participe à la résistance contre l'austérité et contre le gouvernement. C'est également la raison pour laquelle notre parti est aujourd'hui le point de référence de l'unité de la gauche en général, et de l'unité des révolutionnaires en particulier. Il a contracté d'importants engagements internationaux vis-à-vis des processus révolutionnaires en cours, et nos relations avec d'autres révo lutionnaires sont aujourd'hui meilleures, plus étroites et plus consistantes qu'aupa-

Le PRT représente également, par sa l'unique option révolutionnaire existant à la Chambre des

Chaque ouvrier, paysan, femme, habitant des bidonvilles, jeune, qui est disposé à lutter contre l'austérité, pour un pays pour les travailleurs, pour la création d'un gouvernement ouvrier et paysan, et avec un parti démocratique, mais en même temps centralisé pour agir comme un seul homme, a sa place dans le

Simon CASTILLEJOS BEDWELL, Bandera Socialista, 4 août 1986. 1. Sur l'intervention paysanne actuelle du PRT, se reporter à Inprecor numéro 196 du 13

2. Sur les étapes de la bataille démocratique menée par le PRT pour arracher sa légalisation, se reporter à Inprecor numéro 138 du 6

3. Le 5 septembre 1986, parmi les maniversaire du PRT est prévu un acte de commémoration à la mémoire d'Alfonso Peralta, assas-

4. Cf. Inprecor numéro 161 du 21 novem-

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