Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

Déclaration de Solidarité de la région de Radom

Inprecor n° 233, 29 décembre 1986 · p. 13-14 · 527 mots

Pologne

DE LA RÉGION DE RADOM En accord avec la décision du dirigeant de Solidarité, Lech Walesa, lauréat du prix Nobel de la paix, de former des conseils provisoires de Solidarité, regardant cette initiative comme particulièrement importante et juste, et motivés par le fait que nous sommes profondément concernés par la bien de la Pologne et du peuple polonais, nous annonçons la formation du conseil provisoire de Solidarité dans la région de Radom. Après les élections démocratiques dans les années 1980-1981 dans les structures syndicales indépendantes, nous avons assumé la responsabilité sociale de cet électorat considérable, fort de plusieurs milliers de travailleurs. Nous portons toujours cette responsabilité, car dans notre conscience, nous n'avons pas accepté la méthode violente, écrasante et unilatérale qui a été utilisée pour éliminer Solidarité de la vie sociale. Le sentiment que nous avions alors est toujours présent en nous, cinq ans après la nuit tragique du décembre. C'est pourquoi nous considérons que nous sommes porteurs d'un mandat social suffisant pour présenter aux autorités une autre perspective de dialogue qui est la raison d'être de notre conseil. La formation de ce conseil doit permettre à tous ceux qui sont responsables du destin de notre pays, d'entreprendre une action effective et durable amenant la réalisation d'un accord national significatif. L'existence de notre conseil devrait être en même temps une motivation pour trouver à travers un dialogue sincère une compréhension mutuelle, les solutions et les décisions qui aideront à sortir notre pays des crises qui le traversent et s'approfondissent. Nous voulons que le travail de nos compatriotes amène le bonheur; pour cela, nous voulons que notre pays devienne plus beau. Nous voulons une Pologne où nul ne renonce à la vie, vivant au jour le jour, sans espoir. Nous voulons pour eux quelque chose de mieux, de différent. Nous essayons de montrer aux gens, le goût d'une vie sans oppression d'où qu'elle vienne. Notre travail pour la société sera mené ouvertement, parce que

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violentes utilisées pour résoudre les problèmes sociaux, si souvent violation des libertés individuelles et de la Nous ne voulons pas voir un Polonais lever la main ou le bras contre son frère. Nous ne souhaitons pas voir les prisons de nouveau remplies de gens qui souffrent pour leur idées. Nous ne souhaitons pas voir de larges groupes sociaux et professionnels être rejetés du centre de la vie sociale et professionnelle. Nous ne souhaitons pas voir des jeunes Polonais renoncer à travailler pour la Pologne et le pays et allant chercher leur destin ailleurs. Nous sommes convaincus de cette tâche en établissant le conseil de Solidarité, qui est un signe des temps pour le pays et qui amènera l'unité, la solidarité et le rapprochement de tous les Polonais.

Nous espérons que notre voix sera correctement comprise et que les autorités après l'amnistie de juillet 1986 se lanceront dans la prochaine étape allant dans le sens du pluralisme de la vie sociale et économique. Nous attendons le retour à la mise en pratique véritable des accords d'août 1980. En même temps, nous exprimons notre soutien au conseil provisoire de Solidarité.

Signataires : Witold Krol, Jerzy Pierzchala, Jan Pajak, Jan Rejczak

6 octobre 1986.

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