Nombreux sont ceux qui s'interrogent sur ce qu'il va advenir des organes de Solidarité (abandon de la clandestinité dissolution ?). Il nous a donc semblé important de préciser notre position (que nous avons arrêtée avec des représentants de Solidarité dans les entreprises et des organes interentreprises) :
1. Nous approuvons toutes initiatives destinées à servir de cadre à de nouvelles formes d'action de Solidarité pour le bien du pays. Nous sommes convaincus que le conseil provisoire de Solidarité ira dans ce sens.
2. Nous considérons que l'assise de Solidarité se trouve dans les entreprises. Elle est dirigée par des commissions
clandestines du syndicat. La survie de ce tissu équivaut à la survie du syndicat. Sa décomposition ou la dissolution des structures de Solidarité dans les entreprises équivaudrait à renoncer à l'action syndicale réelle. Aucun organe régional ou national n'est en mesure de remplacer un vaste réseau de structures dans les entreprises, les syndicalistes qui sont en contact permanent avec les commissions d'entreprises le savent bien. Si Solidarité a survécu à cinq ans de répression et de poursuites, c'est en grande partie parce que c'est un mouvement né de la base, c'est-à-dire de la façon la plus naturelle. C'est une organisation de ce type qui a les plus grandes chances de résister avec succès. Le rôle et l'importance de la Basse-Silésie sur le plan syndical sont en grande partie dûs au fait notre commission régionale est depuis sa naissance restée fidèle à deux principes, la primauté des structures d'entreprise et l'indépendance du syndicat de toutes les organisations politiques, quelles qu'elles soient. Nous n'abandonnerons jamais ces deux principes.
3. La force réelle de chaque organisation réside dans ses hommes et dans sa base matérielle. Le RKS estime que rien ne garantit la sécurité des militants de Solidarité ni l'inaliénabilité de ses biens, et qu'en conséquence sortir de la clandestinité peut s'avérer suicidaire pour le syndicat. Nous pensons en outre que tant que Solidarité continue à être hors-la-loi, ni les commissions d'entreprise, ni les commissions régionales, ni la TKK ne pourront réellement agir au grand jour. Cela ne signifie pas cependant qu'on ne peut pas agir ouvertement en faveur du rétablissement de Solidarité dans ses droits. Nous tenons à opérer une distinction entre ces deux combats qui sont deux combats différents.
4. Il est à notre avis naturel que la composition des organes de Solidarité change périodiquement, à tous les niveaux : certains militants tombent entre mains de la milice, d'autres sont fatigués et ont besoin de prendre un peu de repos, etc... Ces phénomènes, naturels, doivent cependant pas entraîner la dissolution ou la sortie « à la surface » des organes au sein desquels il se produisent.
5. Les organes régionaux (en Basse-Silésie, le RKS) coordonnent les actions syndicales et constituent un appui pour les commissions de Solidarité dans les entreprises, avec lesquelles ils restent en contact permanent afin de définir un programme d'action cohérent. Ils représentent également ces dernières en dehors de la région. La TKK, composée de représentants des régions, représente, elle, l'ensemble du syndicat. Ce dernier est présidé par Lech Walesa et représenté à l'étranger par le Bureau de coordination de Solidarité, dont le siège se trouve à Bruxelles.
6. En raison de tous les arguments exposés plus haut, le RKS de Solidarité de Basse-Silésie décide de ne pas créer de Conseil régional non clandestin. Nous sommes convaincus, et nous tenons à le rappeler, que les structures actuelles du suffisant à quiconque veut oeuvrer pour
7. Le 16 mai dernier, nous avons défini les principales tâches courantes du
Publiés dans l'édition numéro 24/413 de la revue Z dnia na dzien, ces thèses programmatiques étaient destinées à faire naître une discussion qui pourrait permettre de dégager des objectifs et de définir tactique, organisation et stratégie à long terme. Nous prions la TKK d'analyser ce texte et d'éventuellement le faire adopter par l'ensemble du syndicat.
Comité régional de grève (RKS) de Solidarité de Basse-Silésie, Wroclaw, 6 octobre 1986.