Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER ETAT ESPAGNOL

« Non à la sélection sociale » ; table ronde extraite de Combate

Inprecor n° 236, 16 février 1987 · p. 3-5 · 2 940 mots

État espagnol Euskadi France Syndicalisme

Le libéralisme de Gonzalez ne séduit pas la jeunesse

ESPAGNE

ES réformes de l'enseignement mises en avant en Europe

Len tale, en Crece, en hereusde en apse, en Partoce, en Italie, en Grèce, en Belgique et en Espagne, partout, les projets gouvernementaux sont identiques sur le accroître la sélection avant l'entrée à l'université, adapter cette dernière aux exigences de l'industrie privée, instaurer la compétitivité entre facultés et couronner le tout par des frais d'inscriptions de plus en plus élevés.

Les projets du ministre espagnol de l'Education, José Maria

Marraval, ne diffèrent guère de ces objectifs. D'une certaine façon, l'Espagne a été à l'avant-garde dans cette mise en place des facultés réservées à une élite. Le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez se contente d'aggraver brutalement la sélection, poursuivant ainsi l'œuvre entreprise voilà une douzaine d'années. (voir encart)

Les revendications des jeunes, lycéens ou élèves des Ecoles de formation professionnelle (EFP), ont deux axes : la sélection sociale et la démocratisation du fonctionnement de l'enseignement. (voir plate-forme page 5)

Ils demandent l'abrogation du décret-loi sur les examens de septembre, la baisse des droits d'inseription universitaires qui sont de l'ordre de 2 500 francs, la suppression d'une circulaire renforçant la discipline dans les BUP et les EFP et la démission des prétendus représentants des élèves au sein du

Conseil scolaire de l'Etat (CSE) mis en place par la Loi organique du droit à l'éducation (LODE) votée en 1985, texte dont ils demandent également la suppression.

Ce mouvement touche l'ensemble du territoire de l'Etat espagnol. Dans beaucoup de villes, les lycéens et les élèves des

EFP forment la quasi totalité des cortèges de manifestations.

Les affrontements violents avec la police qui a fait usage des balles en caoutchouc dans de nombreuses manifestations

DOCUMENT

- « Combate »: Quelles sont les revendications qui ont joué un rôle déterminant au début de la mobilisation des

- Sergi (Catalogne) : Les revendications qui ont fait l'unanimité des jeunes dans les lycées et les collèges techniques concernaient le maintien des examens de la suppression des cours du soir ; des questions de fond comme la sélection et les numerus clausus. Il faut souligner aussi l'existence du sentiment de rejet d'une politique éducative qui privilégie chaque jour un peu plus l'école privée aux dépens de l'enseignement public.

Cette dernière question est très importante, parce que les lycéens vivent tous les jours la pénurie de matériel scolaire, la vétusté des installations, le manque giène, même, des établissements publics.

• La question nationale a-t-elle été présente dans ces mobilisations de la jeunesse ?

"Non à la sélection sociale"

fond : le gouvernement. coordination de Madrid. - Sergi (Catalogne): Oui, surtout après le jugement du tribunal de Valence interdisant l'usage du catalan à l'intérieur de l'Université de Valence, au mois de décembre. La question linguistique est très présente. Bien souvent dans les lycées, on peut constater la discrimination opérée par certains professeurs qui refusent de faire passer les examens en catalan, de poser les questions aux élèves en catalan etc. A Barcelone, ce problème se présente dans bien des établissements.

— Inaki (Euskadi) : En Euskadi, l'un des objectifs du mouvement étudiant est d'obtenir une école publique basque et une université basque. Une école publique basque serait une école populaire, gérée démocratiquement, qui viserait à protéger la langue basque, à étudier notre nation, son histoire, son économie, ses formes sociales etc. (...)

- Quelle est la structure du mouvement au niveau des lycées et des Ecoles de formation professionnelle?

et qui, le 23 janvier dernier blessait à balle réelle une jeune fille de 14 ans, a renforcé et radicalisé le mouvement. La démission de Barrionuevo, le gouverneur civil de Madrid, est exigée. Le gouvernement est contraint, sinon de reculer, tout du moins d'ouvrir des négociations sur les revendications. Il doit tenir compte de la popularité du mouvement.

Selon une enquête publiée dans le quotidien El Pais, 67 % des personnes interrogées estiment que les lycéens ont raison au ministre de l'Education, 81 % d'entre elles estiment que le gouvernement doit négocier et accéder aux revendications qu'elles jugent raisonnables et enfin, 42 % pensent que le mouvement peut s'amplifier et créer une situation grave pour

La situation est fort embarrassante pour le Premier ministre,

Felipe Gonzalez, qui pouvait se targuer d'avoir connu une excellente année 1986. L'adoption de la proposition de maintien dans POTAN lors du reterendum de mars dernier, la victoire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) lors des élections générales de juin dernier, l'entrée de l'Espagne dans le

Marché commun, autant d'éléments qui renforçaient la position personnelle de Gonzalez, malgré des perspectives économiques peu brillantes et un taux de chômage qui dépasse les

20 %. Le mouvement jeune met en danger de bel équilibre.

La table ronde que nous publions, extraite de Combate, le journal de nos camarades de la Ligue communiste révolution (LCR), section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol, rassemble cinq lycéens, militants révolutionnaires, qui siègent dans différentes coordinations nationales existant dans l'Etat espagnol : Sergi Raventos, de la coordination de Barcelone (Catalogne) ; Natalia Castro, de la coordination des Asturies ; Mercedes Julian, de la coordination de Saragosse (Aragon) ; Inaki Garcia de la coordination d'Euskadi ; Javier de la

- Natalia (Asturies) : L'assemblée générale est l'instance de décision. Dans ces assemblées, des collectifs de grève se sont formés spontanément. Un collectif se forme et les volontaires se présentent.

Au fur et à mesure que les mobilisations s'amplifient, le collectif de grève s'agrances collectifs recueillent les propositions des lycéens et les transmettent à la coordination locale. Une fois par cette instance, elles sont retransmises à la coordination régionale. Là, ces propositions sont une nouvelle fois discutées, débattues et votées. Elles retournent alors aux assemblées générales des lycées qui les adoptent, ou non, de manière définitive.

- L'organisation est-elle semblable en Euskadi ?

- Inaki (Euskadi) : Dans les établissements publics existe une assemblée de délégués. Chacun de ces délégués représente une classe de l'établissement et en est responsable. Ce sont les délégués qui

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sont chargés d'organiser les assemblées générales de l'établissement, de veiller au bon déroulement des votes.

Le processus de coordination des différents lycées a commencé au mois de décembre au moment des mobilisations jeunes en France et au début des mobilisations dans l'Etat espagnol. De l'organisation de réunions de lycéens est apparue la nécessité d'avoir une structure sentative. C'est ainsi qu'après les assemblées générales par établissement, furent élus deux représentants par lycée qui formèrent une coordination de l'enseignement secondaire de Biscaye, qui ensuite, s'est intégrée à la Coordination nationale d'Euskadi. Ces délégués ont pour fonction de défendre les positions de leur établissement et de l'informer de l'évolution de la autres lycées d'avoir une démarche unie dans la lutte.

- Les 17 et 18 janvier derniers, s'est réunie une coordination au niveau de l'ensemble de l'Etat espagnol. Cette coordination est-elle aussi représentative que les diverses coordinations régionales ? Y-a-t-il à l'heure actuelle des problèmes de représentativité de cette coordination et comment les résoudre ?

- Javier (Madrid) : Oui, il a des propas oublier qu'une coordination au niveau de l'Etat est différente d'une coordination régionale. C'est plus difficile et nous n'en étions qu'à notre première réunion. Seul le développement de la mobilisation pourra accroître la représentativité de la coordination. Au fur et à mesure que les mobilisations proposées par la coordination de l'Etat et discutées par les assemblées générales, prendront de l'ampleur, les gens s'y intégreront plus nombreux. Cette coordination n'est pas un exécutif, c'est un organe qui prend des décisions démocratiques, ayant une valeur indicative, qui ensuite sont rediscutées dans les assemblées générales.

- Comment envisage-t-on en Euskadi la possibilité de se coordonner avec le reste de l'Etat ?

- Inaki (Euskadi) : C'est une question conflictuelle. Les étudiants basques pensent qu'il faut d'abord créer en Euskadi un véritable mouvement étudiant et une véritable coordination-union. Quant à la coordination à l'échelle de tout l'Etat, nous voulons d'abord voir qui lutte, sous quelles formes, savoir s'ils vont respecter pleinement nos revendications spécifiques et notre nationalité. Bien sûr, nous sommes solidaires des étudiants de l'ensemble de l'Etat et nous n'écartons pas la possibilité d'envoyer nos représentants à Madrid.

- Pensez-vous que le Syndicat des étudiants soit représentatif ?

- Mercedes (Saragosse) : Je que la coordination est plus représentative que le Syndicat, car ce dernier ne représente, ne défend et ne lutte que pour les revendications de ses adhérents. En revanche, la Coordination qui est en train de se structurer, représente tous les étudiants, qu'ils soient adhérents ou non d'une quelconque organisation. Dans la pratique, cette représentativité plus importante de la coordination est notable.

- Avant même la réunion de la Coordination de l'Etat, les 17 et 18 janvier, le Syndicat des étudiants avait fixé comme dates de mobilisation les 20 et 23 janvier. Cette initiative ne fut-elle pas un facteur de division pour le mouvement ?

- Javier (Madrid) : Non, pas pour nous. Nous sommes pour la mobilisation, soient les initiateurs. Si organisations, d'autres associations sont aussi pour la mobilisation, nous

Ice qui est important c'est l'unité dans la mobilisation.

- Quelle était l'expérience de lutte des lycéens et des collégiens du technique avant la première manifestation du 4 décembre ?

- Natalia (Asturies) : Je pense que les manifestations contre l'OTAN ont eu une influence énorme. Nous nous en sommes rendu compte parce que beaucoup des lycéens, qui aujourd'hui forment les comités de grèves, ne nous sont pas inconnus. Nous avons travaillé ensemble lors des mobilisations contre l'OTAN. Bien sûr, la mobilisation actuelle est beaucoup plus large, elle touche plus de jeunes, mais il faut souligner le rôle important joué par les mobilisations anti-OTAN.

- Lors de la manifestation du 17 décembre à Madrid, on pouvait noter la présence de Marcelino Camacho (l'un des principaux dirigeants des Commissions ouvrières, ndlr.). Les Commissions ouvrières appuient-elles la lutte des étudiants de façon significative ou bien était-ce un geste « pour la galerie » ?

- Javier (Madrid) : Actuellement, la politique de la direction des Commissions consiste à ne pas se prononcer sur la représentativité du mouvement et simplement à se joindre à la mobilisation la plus importante quand mobilisation il y a, ou bien, lors des manifestations à se mettre en tête et faire ainsi les manchettes de la presse. Nous pensons qu'il est positif que des figures du monde politique se joignent à la lutte étudiante, afin de montrer que d'autres secteurs sociaux nous appuient. Mais nous voulons que cet appui soit réel dans la mobilisation, qu'il ne soit pas une simple opération de propagande, qu'il se traduise sur les lieux de travail, car notre mobilisation va dans le sens des intérêts des travailleurs.

- Pensez-vous prendre des initiatives pour élargir la lutte des jeunes à des couches plus larges de la société ?

- Javier (Madrid) : Je pense que fon-

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Dans le cadre de la lutte pour un enseignement laïc public, unique, gratuit, respectant les

La Coordination lycéenne et étudiante exige des autorités compétentes, gouvernements, parlements, rectorats, le retrait des lois, décrets et mesures (LODE, LRU etc.) qui sont une atteinte au droit à la formation ou s'opposent à l'exeicice de la démocratie dans les établissements scolaires, en privant les lycéens et les étudiants d'une participation nécessaire

1) L'augmentation du budget de l'Education, afin de satisfaire le droit aux études pour tous. Le nombre de places dans les classes de baccalauréat, dans les Ecoles de formation provoulons la garantie d'un enseignement de qualité, une augmentation des bourses,

L'augmentation du budget de l'Education doit provenir d'une réduction du budget

2) Le gel du montant des droits d'inscription à l'université. Nous n'acceptons aucune aug - mentation mais demandons au contraire, leur réduction progressive jusqu à la gratuité, liée à

3) Nous voulons une représentation paritaire des étudiants dans tous les organes de

- Démission des représentants étudiants au Conseil scolaire de l'Etat à cause de leur manque de représentativité. Représentation élue et pluraliste des représentants des élèves dans le CSE, en procédant à des élections par établissement scolaire et non par des

- Mise de place de mécanismes de contrôle de la qualité de l'enseignement et du corps

- Libre exercice des droits démocratiques dans les établissements scolaires et supression de l'autoritarisme règnant. Création d'un département psychopédagogique dans tous les

4) L'élimination de l'idéologie centraliste dans l'enseignement, le droit des cultures et des nations opprimées doit être respecté. Les diverses langues nationales de l'Etat doivent devenir les seules langues officielles à tous les niveaux de l'enseignement et dans les

5) La suppression de la sélection. Abrogation des lois filtrant l'accès à l'université, suppression des numerus clausus, admission dans les universités choisies, refus de la

6) Nous dénonçons et refusons les stages pratiques prévus par les accords passés entre les entreprises et les centres de formation professionnelle. Ces stages doivent être payés. Droit à l'accès direct à l'enseignement supérieur. Non aux réductions d'horaires de travaux pratiques.

différences nationales, non sexiste, pour la paix, de qualité et démocratique ;

à la prise de décisions qui les touchent en premier lieu.

Nous exigeons pour cela :

des fournitures scolaires.

militaire.

Nous exigeons également le maintien des cours du soir.

une amélioration de la politique d'attribution des bourses.

gouvernement et de gestion concernant l'éducation, avec pouvoir réel de décision.

De plus, nous demandons :

- Gel de la réforme du secondaire et du projet de réforme du supérieur ;

candidatures d'associations ;

professoral.

établissements du secondaire.

différents territoires de l'Etat.

sélection entre les cycles universitaires, libre choix de l'université.

damentalement, la lutte des jeunes est aussi une lutte économique; nous exigeons l'augmentation du budget de l'Education, la gratuité de l'enseignement pour les travailleurs, enfin, toute une série d'améliorations sociales concernant aussi les travailleurs qui doivent faire face aux reconversions industrielles.

Une partie importante de la jeunesse est aujourd'hui lasse de cette situation, elle est prête à lutter, elle n'accepte plus le cadre institutionnel qu'on lui impose et la soi-disant représentativité des partis officiels. Un secteur nouveau de la jeunesse se radicalise dans cette lutte.

- Natalia (Asturies) : Ce mouvement n'est pas une lutte sectorielle, c'est quelque chose de beaucoup plus large qui implique l'ensemble de la société. L'un des points de la plate-forme demande la réduction du budget militaire afin que les sommes dégagées soient affectées à l'en-

PLATE-FORME ADOPTEE PAR LA COORDINATION

DE REPRESENTANTS DE L'ENSEMBLE DE L'ETAT ESPAGNOL,

LES 17 ET 18 JANVIER 1987.

- Abrogation de la circulaire N°1 (sur la discipline ndlr.) appliquée dans le secondaire ;

seignement. Des liens plus étroits vont se tisser entre le mouvement pacifiste et le mouvement jeune.

- Javier disait que le mouvement passait au-dessus des partis officiels. La presse se complaît à dire que le mouvement est apolitique, qu'il ne s'intéresse pas à la politique. Est-ce vrai ?

- Javier (Madrid) : Non, toute lutte sociale est une lutte politique. Le fait de n'appartenir à aucune organisation politique n'implique pas que l'on soit apolitique. Dans la mesure où nous sommes en présence d'une lutte contre la politique éducative du gouvernement, c'est évidemment une lutte politique. Bien sûr, la jeunesse rejette les manipulations politiques, elle refuse que certaines organisations politiques puissent manipuler les coordinacontre la politique du gouvernement en matière d'éducation comme le démontre la plate-forme adoptée.

- Quelle doit être la tâche principale des JCR dans le mouvement ?

- Javier (Madrid) : Notre première tâche est d'étendre la mobilisation, et de veiller à ce que les revendications exigées par le développement propre du mouvement soient intégrées.

- Comment les mobilisations en France furent-elles perçues ?

- Natalia (Asturies) : Je crois que ce fut important, parce que les étudiants ne s'étaient pas mobilisés depuis bien long-

A voir l'exemple des étudiants français, le succès qu'ils ont obtenu, les gens ont commencé à penser que c'était possible. Voilà des années que nous pensions qu'une mobilisation étudiante de cette ampleur était impossible. Tout paraissait bloqué et beaucoup croyaient qu'une victoire était impossible quelle que soit l'ampleur de la mobilisation. Mais, après ce qui s'est produit en France, les gens se sont mis à réfléchir, à penser pourrait faire ici quelque chose d'approchant. La victoire des étudiants français a beaucoup influé sur notre état

- Javier (Madrid) : Il n'est pas étonnant que nous assistions à une mobilisation dépassant les frontières, car les attaques auxquelles nous devons faire face sont quasiment partout identiques. On peut dire qu'il existe au niveau de la CEE, un plan de « reconversion » de l'enseignement, afin de le rendre lui aussi compétitif, plus « performant » pour les entreprises privées.

Voilà pourquoi nous avons des luttes un peu partout en Europe, en France, en Grèce, aux Pays-Bas, en Italie, dans tous les pays où l'on essaie de supprimer le moindre acquis pouvant exister en matière d'éducation. Par exemple, on veut introduire la sélection entre les différents cycles à l'université et créer des formations courtes, au profit de l'industrie privée. On veut que la recherche s'effectue en fonction des intérêts de l'entreprise privée et non en fonction des besoins sociaux.

- Croyez-vous que nous assistions à la naissance d'une nouvelle génération qui pourrait changer la manière traditionnelle de faire de la politique ?

- Natalia (Asturies) : Tout le laisse à penser. Avec les mobilisations contre l'OTAN où s'étaient retrouvés beaucoup de jeunes qui n'avaient jamais fait de politique, avec la lutte que nous sommes en train de vivre, qui draîne une partie considérable de la jeunesse, je pense que nous pouvons être optimistes sur la combativité du mouvement étudiant et de la jeunesse en général. Beaucoup vont se poser le problème de lutter sur d'autres terrains et commencer à bouger plus qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent.

Combate, 31 janvier 1987

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