NOUVELLES DU MOUVEMENT OUVRIER ET DE L'INTERNATIONALE
AFRIQUE DU SUD
Poussée électorale de l'extrême droite
A l'issue des élections du 6 mai réservées à l'électorat blanc (voir Inprecor numéro 241 du 28 avril 1987) le Parti national de P.W. Botha, au pouvoir depuis 1948 a conservé comme prévu la majorité des sièges au Parlement en accroissant même le nombre de ses sièges. En terme de voix exprimées le Parti majoritaire perd cependant un peu de son assise en passant de 56% à 53% par rapport aux élections de
Le Parti fédéral progressiste (PFP), de tendance libérale, n'a donc toujours pas réussi à sortir du ghetto "anglophone". Il perd cinq points à ces élections, passant de 19% à 14%, et recule même dans sa région de prédilection, le Natal. Un autre petit parti libéral, le Parti de la nouvelle république (NRP) voit même son principal dirigeant battu. De toute évidence une partie de l'électorat favorable à des réformes ne fait pas confiance au PFP et préfère croire aux projets de Botha. L'apparition de candidats indépendants, provenant du Parti national et favorable eux aussi aux réformes, n'a visiblement pas créé une dynamique qui puisse être capitalisée par le
A l'extrême-droite le Parti conservateur (CP) se permet de totaliser 30% des voix et de faire sombrer son rival le HNP qui avait tergiversé pour finalement refuser un pacte d'alliance. Le grand vainqueur de ces élections est donc Andries Treurnicht, leader du CP.
Les leçons de ces élections ne pourront être tirées que peu à peu. Il se confirme que Botha ne peut convaincre les électeurs ultras dès lors quil s'engage dans la moindre réforme. La crise économique frappe maintenant une partie des travailleurs Blancs. Les fermetures dans la métallurgie ont mis dehors 20 000 ouvriers blancs. Le pouvoir d'achat baisse. Une bonne partie de cet électorat vote à l'extrême-droite, comme un acte d'auto-défense face aux menaces des Noirs sur le marché du travail. Le leader du syndicat des mineurs blancs, Arrie Paulus était notamment candidat pour le Parti conservateur. La peur du petit Blanc, accroché à son statut et à sa fonction, tel est le sens de ce vote. Ceci n'arrêtera pas la crise du Parti national. Il y aura encore des ruptures de la part de ceux qui veulent réformer et négocier tant qu'il en est encore temps. Il y aura encore des électeurs de Botha qui voteront pour l'extrême-droite dans l'espoir de repousser un peu les
La perspective n'est toujours pas atteinte d'une opposition, extrême-droite et libérale, regroupant 84 sièges, chiffre magique qui empêcherait une majorité pour le PN. La stabilité gouvernementale demeure-
Pendant que les Blancs allaient voter, l'Afrique du Sud noire était en grève. Le bilan positif de ce "boycott" des sans-droit, constitue une manière supplémentaire de rappeler que ce jour-là les racistes jouaient à la démocratie au milieu d'un champ de