Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Nouvelles mobilisations des mineurs

Inprecor n° 250, 5 octobre 1987 · p. 22-23 · 713 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme

GRANDE-BRETAGNE Nouvelles mobilisations des mineurs

Après la longue grève des mineurs de 1984-1985, la direction des charbonnages britanniques (British Coal) et le gouvernement Thatcher n'ont de cesse de renforcer la restructuration et la mise au pas de ce secteur particulièrement combatif de la classe ouvrière britannique.

Par exemple, un Code de discipline a été élaboré pour permettre à la direction de réprimer davantage les travailleurs, de miner la force du Syndicat national des mineurs (NUM) et de se débarrasser de ses militants. L'application de ce Code permettrait en particulier de renvoyer n'importe quel mineur, y compris les délégués syndicaux, pour fait de grève.

Ce Code de "discipline" appliqué au début de l'été à Frickley, dans le Sud Yorshire avait entraîné la suspension de 6 mineurs. Aussitôt les 900 mineurs de Frickley se sont mobilisés pour demander leur réintégration. Des piquets furent envoyés vers les autres mines et le troisième jour de grève les 15 000 mineurs du Sud Yorshire avaient rejoint le combat.

Le 17 juillet ce sont plus de 30 000 membres du NUM du Yorshire et du Kent qui sont entrés en lutte contre ce Code scélérat imposé par la direction.

Le congrès du NUM qui s'est tenu fin juillet a repris à son compte ce rejet du Code de discipline et proposé d'organiser une consultation nationale de ses membres sur les mobilisations à entreprendre pour parvenir à son abolition. Arthur Scargill, président du NUM, a appelé les mineurs "las des persécutions et de l'intimidation à tous les niveaux", non seulement à soutenir cette proposition de consultation mais à la traduire en actions positives dans toutes les mines.

A la fin du mois d'août, les membres du

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syndicat des mineurs ont donc rejeté massivement, par 3 contre 1, la proposition du nouveau Code de la direction des charbonnages et se sont prononcés pour une action de mobilisation à l'échelon national. Une grève des heures supplémentaires largement suivie a donc débuté le 21 septembre et les mineurs du Yorshire se préparent à une lutte de plus large envergure.

Cette réaction de masse contre le Code a été une surprise et un choc pour le patronat et le gouvernement Thatcher persuadés d'avoir écrasé le NUM à la suite de la défaite de la grève des mineurs menée pendant une année contre la fermeture de

En mai 1987 le patron des charbonnages se plaignait que les mineurs aient fait trente fois plus souvent grève que la moyenne des ouvriers britanniques. 28% de toutes les grèves avaient eu lieu dans les mines de charbon, dont les deux tiers dans le Yorshire, et ce malgré les réelles difficultés rencontrées par les mineurs après leur longue grève : 70 000 emplois supprimés, 42 mines fermées et 19 autres

Le congrès du NUM a également dénoncé le projet, qui date de 1974, de restructuration basée sur la rémunération au rendement et sur une productivité poussée à l'extrême dans les mines de charbon, visant de plus en plus à diviser les mineurs, à affaiblir le syndicat et à en finir avec la négociation collective. Tout nouvel investissement dans ce secteur devrait, selon les patrons, se solder par un allongement de la semaine de travail (6 jours) et par l'utilisation en continu du matériel (24 heures sur 24 et 7 jours sur 7).

Les délégués au congrès du NUM se sont prononcés par 49 voix contre 22 pour rejeter tout allongement de la semaine de travail, et pour l'organisation d'une consultation de tous les membres sur cette question (le programme du NUM se prononce pour la réduction du temps de travail).

Le congrès a également adopté une résolution d'urgence à l'unanimité, mandatant la direction pour organiser éventuellement des grèves d'une journée pour la réintégration des 356 mineurs encore sanctionnés sur les 1 000 licenciés après la grève de 1984-1985.

Des résolutions ont été adoptées en solidarité avec la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud et avec la révolution nicaraguayenne.

En 1986 le NUM avait été le premier syndicat, ces dernières années, à soutenir la demande de retrait de l'impérialisme britannique de sa colonie d'Irlande du Nord. Le rapport annuel au congrès notait que le syndicat avait participé et participerait à diverses conférences sur la lutte contre les discriminations à l'embauche exercées à lencontre des Catholiques en Irlande du Nord.

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