Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IL Y A VINGT ANS

Il y a vingt ans tombait Che Guevara

· Inprecor n° 252, 2 novembre 1987 · p. 3 · 573 mots

Cuba Pérou et Bolivie

véritable : Michaël LOWY

Né le 14 juin 1928 à Rosario en Argentine, Ernesto Guevara de la Serna a étudié la médecine. Sa première expérience révolutionnaire aura lieu au Guatemala en 1954, quand il essaye, en vain, d'organiser la résistance au coup d'Etat militaire du Colonel Castillo Armas contre le gouvernement démocratique de Jacobo Arbenz.

Emigré au Mexique, il fait la connaissance de Fidel Castro et de ses amis du Mouvement du 26 juillet et décide de participer à leur expédition pour libérer Cuba de la dictature de Fulgencio Batista.

Du Guatemala à Cuba...

Il participe à la guérilla cubaine de la Sierra Maestra, d'abord comme médecin et ensuite comme commandant. Il mène en décembre 1958 la bataille de Santa Clara qui ouvre le chemin à la victoire des révolutionnaires marxistes indépendants. Il prévoit, dès 1959, que la révolution cubaine va se développer de manière "ininterrompue" , jusqu'à la destruction des bases économiques et sociales du régime.

Après la chute de la dictature il exerce les fonctions de directeur de la Banque nationale et de ministre de l'Industrie. Il représente le Cuba révolutionnaire à différentes conférences internationales : à Punta del Este (1961), à l'ONU (1964), à Alger (1965), etc.

Ses écrits sur la guerre de guérilla tentent de généraliser pour tout le continent latino-américain l'expérience cubaine ; si l'on peut lui reprocher une surestimation du rôle catalyseur du foco (foyer) de guérilla, il faut reconnaître sa clairvoyance sur l'inévitabilité de l'affrontement armé entre

Il y a vingt ans

tombait

Che Guevara

Il y a vingt ans, le 8 octobre 1967, tombait dans les montagnes de Bolivie celui qui fut pendant les années 60 le symbole exaltant de l'action révolutionnaire, de l'internationalisme conséquent du communisme

Che Guevara. Sa vie fulgurante et météorique est celle d'un homme que Sartre avait défini comme"le plus complet de son époque" ; en effet, il étonne par la multiplicité prodigieuse de sa personnalité : médecin et économiste, révolutionnaire militaire et ambassadeur, maniant avec une égale maîtrise la plume et le fusil. "Che (américanisme) : interjection utilisée pour exprimer la joie, l'admiration, la douleur." (Encyclopédie universelle illustrée, Espasa-Calde).

les travailleurs et l'appareil répressif des classes dominantes. L'expérience du Nicaragua en 1978-79 et celle du Salvador actuellement, montrent à la fois l'importance et les limites de la guérilla rurale. En 1965, le Che démissionne de toutes ses responsabilités gouvernementales à Cuba, et part pour relancer la lutte révolutionnaire dans d'autres pays. De sa cachette en Bolivie il envoie en 1967 son "Message aux peuples à travers la Conférence Tricontinentale" qui proclame : "La libération réelle des peuples... prendra inéluctablement en Amérique la caractéristique d'une révolution socialiste... Les bourgeoisies nationales ne sont plus du tout capables de s'opposer à l'impérialisme - si elles l'ont jamais été - et elles forment maintenant son arrière-cour. Il n'y a plus d'autres changements à faire : ou révolution socialiste ou caricature de révolution". Il rompait ainsi avec l'idéologie réformiste (stalinienne) de la révolution par étapes et avançait une orientation qui coïncidait, pour l'essentiel, avec une stratégie de révolution permanente. Jusqu'à la Bolivie... Lorsque la guérilla commence à se manifester en Bolivie, le POR (Parti ouvrier révolutionnaire, section bolivienne de la IVe Internationale) appela les travailleurs à soutenir le Che et ses camarades. Mais très rapidement le petit noyau de combattants sera décimé et finalement, le 8 octobre 1967, le Che lui-même sera fait prisonnier et lâchement assassiné par des officiers boliviens instruits par la CIA.

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