Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NAMIBIE

Grève des mineurs

Inprecor n° 253, 16 novembre 1987 · p. 27 · 441 mots

Afrique australe Syndicalisme

NAMIBIE Grève des mineurs

Au moment où l'attention des médias se concentrait sur la grève des mineurs en Afrique du Sud, elle a oublié celle qui s'est, étendue à toute la Namibie. C'est la plus grande grève, depuis 1971, dans ce pays situé au Nord-Ouest de l'Afrique du Sud et toujours sous tutelle de cette dernière, malgré les nombreuses résolutions

Le 27 juillet, 6000 membres du Syndicat des mineurs de Namibie (MUN) se mirent en grève dans trois mines de cuivre appartenant à la Tsumeb Corporation Ltd. Ces travailleurs exigent une hausse du salaire de base, actuellement de 50 cents de l'heure, la fin du système de travail migrant, dans lequel les travailleurs sont obligés de vivre dans des foyers de travailleurs appartenant à l'entre-prise et séparés de leur famille; et des améliorations des conditions de sécurité. Ils veulent aussi que l'entreprise fasse pression sur le gouvernement sud-afri-cain pour qu'il applique le plan de paix adopté par les Nations-Unies sur la Namibie.

Pour aider à désamorcer la crise, les ouvriers proposèrent de reprendre le travail à condition que Tsumeb accepte de négocier de bonne foi. Au lieu d'accepter, la direction licencia les travailleurs et les expulsa des foyers où ils logeaient. Des troupes sud-africaines furent envoyées pour imposer les août, les autorités africaines firent irruption par la force dans les bureaux du syndicat et ceux l'Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO) qui lutte pour la libération de la Namibie. Six dirigeants furent arrêtés et détenus dans le cadre de la Loi anti-terroriste, sans qu'aucune charge ne puisse être retenue contre eux. Ils furent relâchés le 10 septembre, après que des organisations ouvrières, religieuses et municipales des Etats-Unis aient lancé une campagne de dénonciation.

Le Syndicat unifié des mineurs d'Amérique (UMWA) s'est récemment joint à d'autres organisations pour exiger que la société minière Newmont, dont le siège social est situé à New-York et qui possède 32,6% de la Tsumeb pousse à la négociation entre le syndicat des mineurs namibiens et la Tsumeb. Cependant, un porte-parole de Newmont a déclaré que cette compagnie est en train de se défaire de ses parts dans la Tsumeb et donc "s'est retirée de toute responsabilité dans sa direction"

Une campagne de soutien au syndicat des mineurs namibiens a été lancée dans le mouvement ouvrier des Etats-Unis pour protester contre le licenciement des mineurs et le refus de véritables négociations de la part de la direction de la Tsumeb. Des lettres demandant la fin de l'intervention de l'Afrique du Sud dans ce conflit peuvent être envoyées au Président Botha, Union Hall, Pretoria, Afrique du Sud. Les messages de solidarité sont à au NUM, Box, 1566, Wind-

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