Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MARTINIQUE

Une grève utile, mais...

Inprecor n° 253, 16 novembre 1987 · p. 27 · 325 mots

Syndicalisme France

"Nous étions environ un millier de manifestants dans les rues de Fort-de-France, lors de la grève du 15 octobre". Juste de quoi montrer, mais de façon atténuée, la réalité du mécontentement et de l'inquiétude du monde salarial.

Pas assez pour créer une dynamique de mobilisation, décupler la combativité des travailleurs et la mettre à la hauteur des

Car l'attaque du patronat et du gouvernement français est très rude : mise en cause très sérieuse de l'emploi dans le service public, perspectives sombres dans le privé, politique effrénée de privatisations (PTT, enseignement, etc.), diminution tangible du pouvoir d'achat des plus humbles, atteinte aux droits syndicaux pour intimider tout le monde et imposer le silence dans les rangs.(...)

Les raisons qui ont limité la force du mouvement méritent réflexion, mais sont simples en définitive.

D'abord l'émiettement actuel du mouvement syndical fait qu'aucune centrale ne peut à elle seule (comme dans les années 60) organiser une action de grande envergure. Or pour la grève du 15 octobre, la CGT de la Martinique (CGTM) qui a pris l'initiative de son élargissement au secteur privé, ne s'est pas souciée d'y associer d'autres forces syndicales, lesquelles de leur côté sont restées passives, ou réticentes.

Ensuite on n'a pas assisté à la multiplication des assemblées générales syndicales nécessaires à une préparation en profondeur du mouvement.

Celles et ceux qui malgré tout se sont retrouvés dans la rue (c'est-à-dire malheureusement, seulement une partie des grévistes), ont formé un cortège dynamique, fortement remarqué dans Fort-de-France, malgré une pluie battante... et un soleil ardent!

De multiples tracts syndicaux ont été diffusés. Les militants du Groupe révolution socialiste (GRS), section antillaise de la IVe Internationale, présents avec leurs camarades de travail dans les cortèges syndicaux ont massivement distribué leur presse.

Les principaux mots d'ordre criés par les manifestants étaient : Non au démantèlement de la Sécurité sociale ! Non aux liquidations d'emplois ! Défense du pouvoir d'achat ! Respect des libertés

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