Inprecor 1974–2004

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ECONOMIE

Tiers-monde et nucléaire

· Inprecor n° 254, 30 novembre 1987 · p. 3-4, 4-7 · 3 471 mots

Écologie Japon et Corée Inde et Asie du Sud

EN DEPIT DE SON CARACTERE MILITAIRE ORIGINEL - qui a oublié jeunes nations du tiers-monde une marque de prestige au plan

ECONOMIE

Tiers-monde et nucléaire

Hiroshima ? -, et de la contestation dont elle a toujours été plus ou moins l'objet, l'énergie nucléaire demeure pour les de la connaissance scientifique et du développement technologique et industriel. Rien d'étonnant donc que les plus avancés et les plus dynamiques des pays en voie de développement se soient engagés dans cette voie dès qu'ils le pouvaient. Sur ce sujet du nucléaire dans les pays en voie de développement (PED) nous reprenons ci-dessous de

La Brèche (1), organe du PSO, section suisse de la IVe internationale, un article de Barry Commoner (2), professeur d'université à New-York et auteur de plusieurs livres sur les questions de l'énergie.

Barry COMMONER

ES INSTALLATIONS industrielles aptes à construire des centrales électronucléaires représentent des investissements importants en capital et en personnel très qualifié ; sans de nouvelles commandes, elles deviennent hautement non-profitables. D'un certain point de vue, le marché de l'électronucléaire dans les pays en développement

(PED) pourrait déterminer si cette industrie survivra à Tchernobyl. De nouvelles commandes des PED pourraient bien être le seul moyen de ne pas fermer les entreprises construisant des centrales. Mais, alors que cette industrie électronucléaire a besoins du tiers-monde, le tiers-monde a- t-il besoin de l'électronucléaire?

La compatibilité

Chaque pays, évidemment, a besoin d'énergie. Mais pour savoir si l'énergie nucléaire est la source d'électricité appropriée pour les PED, il faut établir la façon dont elle peut être intégrée dans les secteurs productifs qu'elle doit servir. A son tour, cela dépend d'un certain nombre de facteurs : la compatibilité de la technologie électronucléaire disponible avec les besoins et les ressources du pays d'accueil ; l'efficacité économique d'ensemble de la production d'énergie électronucléaire, inclus le coût du contrôle d'accidents potentiels sur l'environnement et sur la sécurité de la population ;

l'existence et le coût d'énergie alternative pour la production d'électricité.

La puissance d'une centrale électrique - qu'elle soit nucléaire ou utilisant une énergie fossile - pouvant être ajoutée efficacement à un équipement électrique national est limitée par la puissance de ce système lui-même. Si la capacité de production d'une seule centrale est trop importante par rapport à l'ensemble du système, alors un accident ou même l'arrêt de routine peut déstabiliser tout le système de production. Pour éviter de tels accidents, la règle générale consiste à ce qu'aucune unité n'excède 15% de la puissance installée à son moment de pointe. Dans la mesure où une réserve de 15% doit être intégrée dans un système, il en découle qu'aucune unité de production ne devrait dépasser 13% de la capacité totale du système. Parce que les ensembles électriques des pays du tiers-monde sont de puissance modeste, cette exigence impose une limite importante à la puissance des réacteurs qui leur conviendraient. Actuellement, il n'y a plus de producteur qui produise des réacteurs d'une puissance inférieure à 300 Mw (mégawatt, ou million de watts), ce qui représente une unité trop grande pour beaucoup de PED.

Efficacité

Les économies d'échelle découragent l'utilisation de réacteurs de petite ou moyenne puissance. De grandes unités produisent plus d'électricité pour chaque dollar investi que des petites. Le coût en capital par Kw, (Kilowatt) produit par un réacteur de 200 Mw, par exemple, est de deux fois plus élevé que pour un réacteur de 1 000 Mw. Ceci explique la tendance à un accroissement de la puissance des centrales

+ +

VICTIMA DEL

"PROGRES"

NUCLEAR :

nucléaires à l'échelle internationale. La puissance moyenne des centrales est passé de 200 Mw en 1965 à, grosso modo, 900 Mw en 1982. Une telle tendance se manifeste aussi pour les centrales commandées par les PED, près de 800 Mw, en moyenne, entre 1975 et 1980...

Il y a deux mesures pour juger de l'efficacité d'une centrale nucléaire. La première, c'est la rentabilité du capital investi, qui s'exprime par le rapport entre le coût de construction par unité de puissance (Kw) (dollar/Kw). La seconde, c'est l'efficacité avec laquelle une centrale produit effectivement de l'électricité. Elle peut être représentée par le rapport de la production effective annuelle d'électricité sur la production d'électricité si la centrale fonctionnait en permanence à plein rendement. Cette mesure est dénommée "facteur de charge" ou "facteur de rendement". Elle est exprimée en pourcentage. Ces deux mesures de rendement affectent le coût de production d'une unité d'électricité et, dès lors, touchent l'effi-cacité avec laquelle le système de production d'énergie peut être utile à un programme national de déve-

Rentabilité

Le coût de construction d'une centrale nucléaire dans les PED est encore plus élevé que dans les pays industrialisés (où il ne fait que croître).

Selon une étude, le coût d'une centrale,

1) Numéro 394 du 17 octobre 1987

2) Publié dans le World Policy Journal de New-York au printemps 1987.

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Kw installé est donc plus élevé et, à partir de l'expérience passée, le facteur de charge sera bien inférieur. De plus, le coût futur de l'électricité produite par des centrales nucléaires dans les PED excèdera nettement celui de la production des centrales au charbon, bien que la comparaison dépende, évidemment, du prix du charbon dans chaque PED en particulier.

Sécurité et environnement

La façon dont un PED est capable de répondre aux exigences de sécurité et de protection de l'environnement est aussi un élément à prendre en compte pour déterminer la pertinence d'une option nucléaire. Le principal danger, pour l'environnement, au cours du fonctionnement normal d'une centrale, consiste dans l'émission de petites quantités de substances radioactives, dont certaines sont difficiles à contrôler. Bien que le niveau de radiation qu'implique l'opération normale d'une centrale ne soit pas censé dépasser les taux d'exposition acceptés, un contrôle permanent est nécessaire pour détecter des émissions radioactives anormales et plus élevées. Un contrôle est aussi indispensable pour évaluer l'exposition des travailleurs de la centrale au cours de leurs activités quotidiennes, et spécialement lors des travaux de réparation. Et des moyens sont nécessaires pour traiter des déchets, tels que des habits ou des outils, faiblement contaminés par des matériaux radioactifs. En cas d'accidents, toutes ces sont autrement plus

Si l'accident de Tchernobyl (Ukraine, 26 avril 1986) s'était produit dans un PED, il aurait causé des dégâts bien plus graves que ceux déjà très substantiels qu'il provoqua en URSS et en Europe.

Les réponses à un questionnaire (de l'AIEA, en 1979) ne sont pas rassurantes. Dans tous les pays, soit disposant déjà de centrales, soit futurs candidats au nucléaire, les moyens (selon l'AIEA ) pour répondre à un grave accident étaient jugés insuffisants... Quand bien même leur degré de préparation se serait amélioré depuis lors, il apparaît que les PED, y compris ceux où les centrales fonctionnent déjà, seraient incapables de faire face à un sérieux accident, avec de fortes émissions radioac-

Men l'absence d'une aide massive venant de l'extérieur.

Le problème des accidents

Un accident nucléaire sérieux nécessite une évacuation rapide de toute une zone. A Tchernobyl, quelque 135 000 personnes furent évacuées. Aux Etats-Unis, les firmes en charge d'une centrale doivent faire la démonstration, au moyen d'exercices tests, de leur capacité à évacuer une zone

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dans ces pays, est au moins de 25% supérieur à celui des Etats-Unis. Bien que les comparaisons soient difficiles, parce que les conditions économiques sont si différentes, le coût estimé des centrales en Inde est de 800 à 900 dollars par Kw, 3 000 dollars pour le Brésil (alors que le projet initial l'évaluait de 500 à 800 dollars le Kw) et la centrale prévue pour le Koweit : 15 000 dollars par Kw ! En outre, en considérant les problèmes non résolus au plan de la sécurité et de l'environnement, ces coûts continueront à augmenter.

Quant au "facteur de charge", pour un grand nombre de centrales fonctionnant dans le tiers-monde, il est particulièrement bas, oscillant entre 25 et 50%. Comme par ironie, les réacteurs à eau lourde pressurisés (PHWR) qui ont le meilleur "facteur de charge" sont ceux qui sont le plus frappés par un autre problème : arrêts pour incidents et interruptions pour entretien (planifiées et non planifiées).

Coûts comparés du charbon

Sur la base des rapports de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) consacrés aux interruptions pour entretien, non planifiées, on peut estimer qu'un PED s'engageant dans un programme nucléaire sera confronté à des niveaux inacceptables de fiabilité. Actuellement, le PED type, "élu" pour un programme nucléaire, commandera, en moyenne, quatre centrales de 600 à 900 Mw de puissance. Etant donné que, à l'échelle internationale, 17% des réacteurs existants ont un facteur de charge de 50%, au moins, il en découle qu'il y a 68% de chances qu'un des quatre réacteurs ait une capacité de fonctionnement bien moindre que prévue. Et une centrale dont les performances sont faibles exige d'importantes réparations, ce qui ajoute encore aux coûts de production de l'électricité.

mais a haton.

Quelle comparaison effectuer avec les centrales à charbon, l'alternative la plus courante au nucléaire ? se fondant sur des évaluations des coûts de construction, Komanoff Energy Associates prévoit que les centrales nucléaires actuellement en construction produiront de l'électricité à un prix de 25% supérieur aux centrales utilisant du charbon. Les coûts estimés se rapprochent seulement quand il s'agit de grandes centrales. Les désavantages du nucléaire sont plus grands quand les unités sont de plus faible puissance. Donc pour le PED, la moyenne des coûts de production du nucléaire, comparativement au charbon, est nettement plus élevée ; d'autant plus que le facteur de charge dans les PED est inférieur à celui estimé pour la comparaison aux Etats-Unis.

Ces constats indiquent que les centrales nucléaires dans les PED opèrent très certainement à un taux d'efficacité économique significativement inférieur à la moyenne mondiale. Le coût en capital par

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ayant un rayon de quelque 80 kilomètres autour de l'usine. Une telle évacuation doit être rapide : une demi-heure depuis le moment de l'alarme. Aux Etats-Unis, il fut établi qu'il était difficile de mettre au point des plans d'évacuation acceptables. Un facteur contribuant à ces difficultés réside dans la densité de population aux environs de la centrale. Et la majeure partie des PED ont des densités de population supérieures à celle des Etats-Unis. Ils auront donc vraisemblablement, plus de difficultés à organiser des évacuations. Les moyens de transport automobile représentent un facteur essentiel pour évacuer une région autour d'une centrale et ils sont décisifs pour une réponse suffisamment rapide. Les PED ont de grandes déficiences en la matière par rapport aux pays industrialisés. Aux Etats-Unis, en moyenne, il y a 3,4 sièges de transport automobile par personne... Dans la plupart des PED, y compris ceux qui font déjà fonctionner des centrales, les transports disponibles assurent moins d'un siège pour dix habitants.

L. Fitz, qui servit de consultant auprès de l'AIEA pour le programme nucléaire de Corée du Sud, démontra que les gouvernements coupaient systématiquement les ressources budgétaires des agences chargées de la surveillance et n'accordaient pas d'importance à ce que leurs ingénieurs reçoivent la formation adéquate pour les mesures de sécurité, pour la gestion des déchets radioactifs et pour le contrôle de l'environnement... La Corée du Sud, tout en misant sur le nucléaire, n'a pas été très attentive en matière de sécurité. En 1983, elle avait trois centrales nucléaires en fonction et six en construction... Plusieurs des procédures de sécurité essentielles n'ont commencé à être prises qu'en 1979, après l'accident de Three Mile Island (USA - mars 1979). Et, en 1982, la Corée du Sud n'avait encore que 20 inspecteurs de sécurité sur les 40 exigés par ses règlements gouvernementaux.

Le développement économique

Des études de la Banque mondiale indiquent que les PED doivent consacrer de 7 à 8% de leurs investissements pour accroître leur capacité de production d'électricité s'ils veulent avoir un taux de développement économique satisfaisant (selon les critères de la Banque mondiale). Mais étant donné le manque d'efficacité de l'énergie nucléaire, comparativement aux autres moyens de produire de l'électricité, la Banque affirme qu'un déplacement de l'énergie conventionnelle vers l'énergie nucléaire exige d'accroître la dépense de 10 à 12% du total des investissements.

Ceci représente une charge très lourde, spécialement à un moment où les PED croulent sous le poids de dettes croissantes. On pourrait toujours argumenter qu'une telle dépense additionnelle vaudrait la peine si l'investissement dans la production d'énergie nucléaire contribuait grandement au développement économique d'ensemble. Mais est-ce le cas ?

Apparemment, dans les PED, l'électronucléaire n'apporte pas la contribution au développement économique qui est attendue pour une source d'électricité. Les raisons de ce manque de corrélation entre le nucléaire et le développement économique dans les PED peuvent être saisies à partir de ce qui est connu des motivations qui poussent à l'adoption de tels programmes.

(Laissons de côté les motivations qui relèvent davantage de choix militaires). Il y a un problème intrinsèque à l'énergie nucléaire : à la différence de la production électrique conventionnelle, l'électronucléaire ne peut pas être directement intégré dans un processus de développement économique. Une raison en est que l'aide apportée à un PED, dans le but explicite d'y introduire l'électronucléaire, ne possède pas un impact sur la capacité du pays à se développer. Beaucoup des exigences techniques requises pour un programme sont si particulières qu'elles sont de peu de valeur pour d'autres secteurs de l'économie. Même une qualification aussi courante que celle de soudeur exige des modifications importantes dans la construction nucléaire et ne peut être facilement utilisée ailleurs. Ceci a été reconnu par un rapport récent de l'AIEA sur le statut de l'énergie nucléaire : "La complexité technique d'un programme nucléaire, les besoins très élevés d'investissements et les conséquences économiques d'un échec dans le fonctionnement, ainsi que les exigences de protection, tout cela exerce une contrainte sur l'infrastructure nationale qui est particulière à l'énergie nucléaire et qui ne se rencontrera vraisemblablement pas dans un autre contexte." (Vienne, 1984).

Des alternatives à l'énergie nucléaire

En outre, l'énergie nucléaire offre peu d'avantages secondaires pour le reste du système productif des PED. Les utilisations productives de l'énergie nucléaire sont limitées au test par rayon gamma de

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structures métalliques, aux mutations induites par radiation de certaines plantes, à la stérilisation par radiation....Au contraire, les énergies alternatives ont de très nombreuses utilisations secondaires.

production de panneaux solaires stimulera la production nationale de verre, de métal, de plastique en général ; la production de cellules photovoltaïques offre une entrée vers la production de semi-conducteurs...

Une menace terrible pour l'environnement

Donc, sous presque tous les angles, l'énergie nucléaire est une énergie très inappropriée à la production d'électricité pour les PED. Elle est non économique ;

elle exige souvent des réacteurs d'une puissance incompatible avec la puissance modeste du système de production énergétique national ; elle est une menace d'accidents terribles pour l'environnement, alors que ces pays ne sont absolument pas préparés à y répondre (pour autant qu'on le puisse) ; et, contrairement à l'électricité en général, elle n'apparaît pas comme contribuant au développement économique des PED. Le fait que le nucléaire ait été introduit dans les PED représente moins la preuve qu'il est une source d'électricité adéquate qu'il n'offre la confir-

RÉPARTITION PAR PAYS DE LA PUISSANCE

ÉLECTRONUCLÉAIRE INSTALLÉE OU EN CONSTRUCTION

DANS LES PED

(Situation à la fin de 1986 : les chiffres entre parenthèses dans les secteurs du graphique concernent a puissance installée seule)

P instaliée

P en construction

PAKISTAN

AMERIQUES

ATINE

137 (137)

1697

INDE

1005

2210

(1330)

CHINE

2240

01

TAIWAN

(5144)

ASIE

11 376

Puissance totale PED : 23643 Mw

NB: Ne sont pas pris en compte. dans les réacteurs en construction.

ceux dont la réalisation, l'achèvement ou la mise en service sont compromis ou au moins largement différés (Iran, Libye, Philippines et pour le Brésil Angra-lil, pour le Mexique Languna-Verde-il).

mation de sa valeur militaire, du prestige et du pouvoir qu'en retirent certains et des pressions pour le La vendre provenant de l'industrie nucléaire des pays industrialisés. Les centrales au charbon semblent prometteuses, car elles peuvent produire de l'électricité à meilleur prix à court terme, si les conditions locales le permettent. Mais, en dernière instance, toutes les sources d'énergie non renouvelables - telles que le charbon, le gaz naturel et l'uranium - sont sujettes à des augmentations des coûts de production, et dès lors de prix, lorsque les réserves s'épuisent d'accès plus difficile. La meilleure alternative aussi bien à l'énergie produite par des combustibles fossiles que par le nucléaire, c'est l'électricité produite par des sources renouvelables. le nombre de sites favorables est limité. coûteux.

4847 Mw

82 M w BRESIL

JBA CORÉE DU SUD 9265 (4765

Mw 80%,

81 MW 13838 installee : 55%) 18685 en construction (45%)

NUCLÉAIRE DES PED EN en Twh ( milliards de kwh) ARGENTINE 5.7 8,9 % CORÉE DU SUD 26,1 40,5% teurs). et sont cléaire des PED. L'énergie hydroélectrique en est une, mais duite. En outre, à cause de son fonctionnement centralisé, l'énergie hydroélectrique nécessite des systèmes de distribution

La production directe d'électricité à partir de l'énergie solaire ne possède aucun de ces désavantages. La lumière solaire ne devient pas plus rare parce qu'on l'utilise ! La production directe d'électricité solaire ne provoque pas tous les problèmes d'environnement associés au charbon - l'effet de serre, les des génératrices. pluies acides et les effets sur la santé - qui peuvent être attribués aux émissions de gaz carbonique, de dioxyde de souffre et d'oxyde d'azote. Et à la différence des centrales hydroélectriques et des centrales nucléaires, la production directe d'électricité d'origine solaire ne nécessite pas de grands investissements de capitaux : la lumière solaire est largement distribuée et donc elle peut être collectée localement en quantité répondant à la demande locale. Ceci élimine aussi les forts coûts de distribution de l'électricité à partir d'une

RÉPARTITION DE LA PRODUCTION D'ÉLECTRICITÉ

1986 PAKISTAN 0,5 0,7% BRESIL 8,1 0,2 % IN DE 5,1 7,9 % TAIWAN 26.3 41,8 % Total: 64,4 Twh Total : 64,4 Twh produits par 22 réacteurs, soit 4,3 % de la production électronucléaire de l'ensemble du monde (1 500 Twh et 394 réacNB : Los 4 premiers producteurs des PED : Taiwan. Sud Corée, Argentine et Inde, avec une puissance installée de 12 244 Mw. soit 94 % des PED, ont fourni 63.8 Twh, soit 99.1 % de la production électronusource centrale et il en découle que de vastes dépensés ne sont pas nécessaires avant que l'électricité ne puisse être pro-Dans les PED la production d'électricité centralisée tend à servir prioritairement les zones urbaines et les industries. Une partie importante de la population vit dans les zones rurales, l'électricité est soit absente soit produite par des génératrices fonctionnant avec de l'essence ou du mazout, source très coûteuse d'électricité. Quand elle est disponible dans les zones rurales, l'électricité est utilisée presque exclusivement pour communication et pour des pompes à eau. Ce type de besoins peut être satisfait par de l'électricité produite par des cellules photovoltaïques, à un coût qui est nettement inférieur à l'électricité produite par L'énergie solaire Diverses entreprises américaines et japonaises annoncent maintenant des cellules photovoltaïques, faites avec du silicium amorphe, qui devraient atteindre dans quelques années, en tenant compte des niveaux de production anticipés, le prix de 1 dollar par watt à l'ensoleillement maximum. A ce prix, les cellules photovoltaïques pourront concurrencer au plan du prix la production d'électricité nucléaire, spécialement lorsque cette dernière exige la construction d'un nouveau réseau de distribution. De nombreux PED se trouvent dans des zones tropicales et subtropicales soumises à un niveau élevé d'ensoleillement

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exigé par les cellules photovoltaïques. De plus, ces techniques (y compris des piles rechargeables par des panneaux solaires) peuvent être appliquées à des utilisations d'une grande importance dans les PED, en quantité limitée mais avec succès.

L'énergie solaire n'est pas seulement une bonne alternative à l'énergie nucléaire ; plus fondamentalement elle est incompatible avec cette dernière. L'énergie solaire possède un bon rendement au niveau des coûts quand elle est décentralisée (taillée pour la demande locale et sans système de distribution coûteux).

Au contraire, les systèmes tionnels de production d'énergie, et avant tout, ceux incluant des centrales nucléaires, se fondent sur de très grandes centrales desservant des lieux très

Un choix difficile

L'incompatibilité provient du qu'un PED qui s'engage sur un programme d'électrification doit choisir : si l'engagement est pris de développer un système décentralisé, les gigantesques pour un réseau et des centrales nucléaires

La valeur de chaque forme d'énergie pour le développement de l'économie et la défense de l'environnement d'un PED ne peut être déterminée qu'en comparant l'impact de formes alternatives d'énergie. Une nouvelle agence internationale est donc nécessaire qui puisse traiter complètement de toutes les formes d'énergie (et pas seulement du nucléaire comme l'AIEA, lobby pronucléaire). Une approche raisonnable réside dans une collaboration internationale en vue d'une utilisation élargie de l'énergie sous la forme la plus appropriée au développement de son économie et à la qualité de son environnement. Si ces critères sont utilisés, il n'y aura pas de place pour l'énergie nucléaire dans le tiers-monde.

Mars 1987

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