Inprecor 1974–2004

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NAMIBIE

Mutinerie de soldats namibiens

Inprecor n° 255, 14 décembre 1987 · p. 28 · 406 mots

Afrique australe

NAMIBIE Mutinerie de soldats namibiens

Plus de 400 membres du bataillon 101 de la Force territoriale du Sud-Ouest africain (SWATF) se sont mutinés et ont refusé de combattre en Angola aux côtés de Jonas Savimbi, qui mène la guérilla contre le gouvernement du Mouvement populaire de libération (MPLA).

Cette mutinerie est le premier acte significatif de mécontentement parmi les forces sud-africaines et leurs alliés à propos de l'invasion du sud de l'Angola.

Cela s'est produit en même temps que croissait l'inquiétude concernant le nombre de pertes sud-africaines dans ce conflit - 25 conscrits, selon les chiffres officiels - et l'aveu de la part des militaires sud-africains que leur intention est de soutenir TUNITA dans sa lutte contre le gouvernement du MPLA, décrit comme "téléguidé par les Russes et les Cubains".

Auparavant, les Sud-Africains proclamaient qu'ils envahissaient l'Angola seulement pour contrer la guérilla de la SWAPO (Organisation du peuple du sud-ouest africain). Un soldat, qui déclare avoir démissionné du Bataillon 101, a affirmé récemment que 400 membres des unités de la SWATF "se sont mis en grève" dans deux localités angolaises.

Un journaliste rapportait aussi qu'on donnait aux membres de cette unité des uniformes de l'UNITA avant de les envoyer en Angola.

Le soldat démissionnaire accusa l'armée sud-africaine d'utiliser les membres du Bataillon comme des "mercenaires de l'UNITA", contre leur gré. "Je suis l'un de ceux qui ont démissioné. J'ai été entraîné à Oluno, dans le but de défendre les frontières namibiennes. En août de cette année on nous a transporté à Mavinga, via Caprivi, pour lutter à notre corps défendant aux côtés de l'UNITA".

Il a dit également que d'anciens guérilleros de la SWAPO, devenus membres du Bataillon 101, avaient été capturés par des troupes des Forces armées angolaises (FAPLA)à Mavinga et remis à la SWAPO et que "les FAPLA utilisent des armes sophistiquées alors que nous ne sommes armés que d'armes légères".

Ce soldat a lancé un appel à tous les Namibiens qui souhaitent rejoindre les forces armées sud-africaines: "Aller combattre la SWAPO en Angola est un crime contre notre société. Y aller et se battre contre les FAPLA, dans leur propre pays, c'est combattre contre la volonté de Dieu". Quant à l'agence de presse angolaise (Angop) elle a fait savoir que président sud-africain PW. Botha "s'est lui-même mis hors-la-loi quand il a traversé illégalement la frontière angolaise, la semaine dernière et s'est rendu dans les régions sud du pays".

(D'après Weekly Mail du 20.11.1987).

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