URUGUAY question du pouvoir"
Entretien avec Julio Marenales,
fondateur du MLN - Tupamaros. JULIO MARENALES est l'un des fondateurs et dirigeants historiques du Mouvement de libération nationale MLN-Tupamaros, avec Raul Sendic, Manera et Fernandez Emprisonné une première tuis à la fin des années soixante, il sera "otage" de la dictature de 1972 à 1985. Il est membre du Comité central et du Comité exécutif du MLN. Il a bien voulu recevoir Inprecor à Montevideo, et nous a donné cette intervlew.
• INPRECOR : Après 11 ans de dictature, les militaires ont quitté le gouvernement en 1983. Des élections ont été organisées, et la bourgeoisie est revenue aux commandes directes de l'Etat. Les organisations politiques ont été légalisées, les exilés et les militants emprisonnés sont aujourd'hul en liberté. Mais aucune sanction n'a été prise contre les militaires coupables de violations des droits de l'Homme, la situation économique confinue de se détériorer et les travailleurs continuent de payer la crise comme dans les an-
Comment le MLN-Tupamaros caractérise-t-il l'étape actuelle que vit l'Uruguay ?
- JULIO MARENALES: Le MLN caractérise la situation actuelle en distinguant la situation politique de la situation économique, bien qu'elles soient intimement liées.
Du point de vue politique, nous faisons la différence entre la situation politique actuelle et celle de la dictature. Nous sommes en ce moment dans le local du MLN, c'est un exemple de ce changement!
Mais moi je préfère parler de "légalité en vigueur" plutôt que de démocratie, ce terme est plus approprié.
Sous la dictature, il n'y avait plus de partis politiques et la plupart des syndicats étaient interdits. Vers la fin, lorsque la détérioration de la situation économique et politique s'est accentuée, les militaires ont amorcé un mouvement de re-
Run certain espace permettant la réorganisation du mouvement ouvrier est apparu. n'a pas été sans discussions parmi les travailleurs. Ceux qui pensaient qu'il faut profiter de cet espace l'ont emporté.
Il y a une différence fondamentale entre aujourd'hui l'époque de la dictature de ce point de vue. Aujourd'hui, de manière générale, nous n'avons pas de problème pour fonctionner, nous pouvons avoir des activités publiques, même si les médias nous ferment la porte ( nous ne passons pas dans les médias, même en payant !).
du point de vue économique, nous ne voyons aucune différence,
Best d'ailleurs partagée par l'ensemble de la gauche. Nous qualifions cette situation de continuité économique. Le projet néo-libéral de la dictature reste en vigueur, c'est toujours le projet du gou-
Dans la conception libérale de l'économie, la classe capitaliste doit faire le maximum de bénéfices pour pouvoir accumuler. Cette accumulation ne sera pas investie dans le domaine productif, mais dans le secteur spéculatif et financier (quand l'argent ne quitte pas le pays !).
Le gouvernement Sanguinetti poursuit avec acharnement cette même politique. Récemment, il a fait une émission bidon de bons qui ont été immédiatement achetés ! C'était une démonstration de la réalité de ce qu'ils font : spéculer au lieu d'investir; ces bons n'étaient en rien productifs.
Le projet d'enrichisement des classes riches par l'accumulation est en pleine expansion. Le gouvernement s'est engagé dans une politique d'exportation, au mépris du marché intérieur. Pour être compétitives, ces exportations uruguayennes ont besoin d'un plafonnement des salaires, le gouvernement l'a imposé.
En 1985, le salaire des travailleurs était évalué à 36 ou 37% de celui de 1958. Celui de 1987 sera de 52 % de celui de 1971, ce sont là des chiffres officiels de la CEPAL (1). Le gel des salaires date de 1983.
Lorsque les militaires ont quitté le gouvernement, les différentes forces politiques se sont regroupées autour d'un certain nombre d'accords dans la CONAPRO
(2). Cette coordination a passé des compromis (avec les partis traditionnels Blanco et Colorado, notamment) et avec le patronat, sur le problème des salaires, pour maintenir ce faible pouvoir d'achat des travailleurs.
Nous l'avions appris en prison : vers la fin nous avions le droit d'écouter les informations radio-télévisées (coupées, bien sûr !) et nous entendions les déclarations des divers secteurs du patronat qui reconnaissaient que le pouvoir d'achat était bas. C'était unanime !
La politique gouvernementale n'a jamais été d'essayer de faire correspondre le salaire réel et le salaire nominal, elle a joué le maintien des salaires juste en dessous du niveau de vie minimum. Dans certains cas ça n'a même pas été le cas !
Dans sa course aux exportations, que fait le gouvernement ? Pour continuer à être compétitif sur le marché international, il ne pense qu'à bloquer les salaires et à délaisser le marché national.
La Centrale nationale des travailleurs (CNT) (3) avait présenté un plan basé sur la relance du marché intérieur, en proposant que les millions de dollars qui sont versés tous les ans en paiement des intérêts de la dette extérieure soit investis dans ce marché national, pour augmenter les salaires, les retraites et autres allocations, accroître le pouvoir d'achat de la masse du peuple, élever le niveau de la consommation actuelle et relancer le mécanisme économique.
Le gouvernement n'a pas accepté un tel projet. Quand les travailleurs se sont mobilisés à cause de la situation économique, le gouvernement a employé la force au lieu de réviser les salaires. Les travailleurs s'affrontent donc au gouvernement et non pas au patronat. Ils ont perdu dans 144 conflits en 1986, et chaque fois ils se sont trouvés nez à nez avec le gouvernement, maître du jeu.
Certains secteurs patronaux auraient été disposés à céder et à concéder des aug. mentations salariales, mais le gouvernement les en a empêchés. Certaines entreprises ajustent de leur côté les salaires des employés, mais ce sont des cas exceptionnels. Généralement, c'est le gouvernement qui établi t les normes salariales.
• Quelle est la situation du mouvement ouvrier en Uruguay aujourd'hui ? Quelles séquelles a laissé la dictature ?
- Politiquement, nous définissons l'étape actuelle comme un reflux.
Les 11 années de dictature militaire ont pesé lourd sur le mouvement popu-
1) CEPAL: Commission économique de l'ONU pour l'Amérique latine.
2) CONAPRO : C'est une coordination de forces politiques bourgeoises traditionnelles (les partis Blanco et Colorado) et de gauche reformistes, ainsi que de syndicats, réunie à la fin de la dictature. Elle faisait des promesses notamment en ce qui conceme la dette extérieure, le jugement des militaires, etc. Aucune de ces promesses, on le sait, n'a été tenue par le gouvemement.
3) CNT : Centrale nationale des travailleurs, confédération unique des travailleurs uruguayens, dingée par le Parti communiste.
Julio Marenales laire. Le MLN, contrairement à d'autres organisations de gauche, dit que la violation des droits de l'Homme n'a pas été le fait d'excès commis par certains individus, mais que l'institution armée a développé une politique répressive, en fonction d'un projet plus ambitieux qui voulait détruire ces organisations pour pouvoir développer son plan économique. C'est une divergence que nous avons avec une partie de la gauche.
Cette politique de répression a eu comme effet la disparition des organisations de résistance sous la dictature, nous en subissons toujours les séquelles.
Pour donner un exemple, prenons la nouvelle génération qui manque d'expérience ; ce sont des jeunes qui étaient des adolescents lors du coup d'Etat. Pendant ces années de dictature, leur expérience politique ou syndicale a été limitée. La dictature a aussi laissé des séquelles idéologiques. Le niveau de la lutte des classes en 1968 et dans les années qui ont suivi était différent : on vivait de grands conflits (occupations d'usines, affrontements avec la police, affrontements sociaux généralisés en Uruguay, au point que nous pensions vivre une situation pré-révolu-
Les traces de la dictature jouent dans l'échec des conflits du travail. Les travailleurs ne voient pas d'issue par le biais des mécanismes traditionnels de lutte syndicale (débrayages, grèves).
La concertation organisée par la CONAPRO, et que la plupart des organisations de gauche ont essayé de prolonger dans le temps, sans la contrepartie de la mobilisation et en se limitant aux accords de sommet, a eu des effets de démobilisation.
Le mécontentement de la base a des racines objectives, voilà pourquoi les conflits se sont multipliés, parfois de façon simultanée. Mais il n'y a pas eu de plan général de mobilisation, pour frapper tous en même temps. Cela a engendré la dispersion, et les conflits ont été liquidés les uns après les autres. La CNT n'a pas mobilisé. Le MLN pense que face à la situation actuelle, la CNT aurait dû agir autrement. Il n'existe pas de plan global de mobilisation. C'est la bataille que mènent nos camarades dans cette centrale, pour éviter la parcellisation des luttes qui
Nous pensons que la lutte syndicale et avoir comme seul but certaines conquêtes, que nous qualifions de transitoires et circonstancielles. Sans leur ôter de l'importance, elles sont pour nous, un pont pour développer un travail politique et approfondir politique de la grande masse des travailleurs.
Aujourd'hui comme hier notre objectif demeure la question du pouvoir. Tout ce que faisons sur le front de masse est inscrit dans notre conception stratégique révolutionnaire, notre action sur ce terrain ne peut donc pas être qualifiée de réfor-
• Quelle stratégie le MLN développe-t-il dans la période actuelle ?
- Politiquement, nous posons le pro-
"grand front" (4) (Frente grande), très large, qui ferait des propositions économiques et politiques. Ce qui est loin d'être une proposition révolutionnaire ou comportant des caractéristiques socialistes.
Mais c'est une proposition qui peut être acceptée par certains secteurs sociaux frappés par la crise. Ce front doit fondamentalement être anti-fasciste et antidictatorial ; pour être large, il doit avoir un programme minimum. Ce qui ne signifie en rien que nous ayons perdu de vue nos objectifs profondément révolutionnaires, mais nous intervenons à différents I niveaux, au moins sur trois plans
- D'abord pour la constitution de ce "Frente Grande" large ;
- Ensuite pour une intervention plus stricte et adaptée à la lutte de classe sur le front ouvrier et syndical. On pourrait citer notre intervention dans le Mouvement pour la terre, qui n'est pas exclusivement composé de militants du MLN, même si nos camarades y ont des responsabilités importantes. (5)
- Ensuite c'est une problématique plus rigoureuse dans le MLN lui-même, et dans le cercle de sympathisants qui l'entoure.
Nous essayons d'embrasser différentes problématiques politiques, avec des structures organisationnelles qui nous permettent de viser de larges secteurs, ce qui, je le répète, ne se fait pas aux dépens de nos objectifs concrets concernant la prise du pouvoir. Nous essayons de développer un processus d'approfondissement des propasse par une formulation compréhensible pour de larges secteurs peu politisés. Nous travaillons en
La situation que connaît actuellement l'Uruguay n'est pas favorable à notre discours. Les discours réformistes, moins profonds et moins radicaux passent bien mieux ! Nous devons être très attentifs. Nous essayons de indirectement, en diffusant le maximum de matériel sur la Révolution nicaraguayenne, par exemple. Nous avons fait des retirages de nos vieilles publications (ce qui a beaucoup dérangé !), même si elles datent, elles conservent toute leur actualité. Nous faisons donc passer par ce biais un message que nous ne pouvons pas formuler directement. Mais ni l'armée ni les services spéciaux ne se laissent embobiner !
• Pourquol n'êtes-vous pas dans le "Front large "(Frente Amplio-F.A.) ?
- Notre entrée dans le "Front large" est bloquée par ce qu'a signifié et signifie Même si aujourd'hui nous sommes loin de constituer l'instrument adéquat pour faire objectif ! L'appareil répressif n'a pas d'illusions sur nos intentions. Nous sommes des troubles-fêtes ! Nous portons toute la charge de notre histoire passée, notre bagage pèse lourd dans l'unité du "Front large"!
Les groupes qui mettent un veto à notre intégration au F.A. exigent de nous une autocritique, que nous nous repentions
4) Frentre Grande", proposition mise en avant par le MNL en contrepoint au Front large" (Frente Amplio), coalition existant depuis les élections de 1971, où se retrouvent le PC, le PS, la Démocratie chrétienne. L'entrée du MNL y est bloquée, certaines organisations exigent de lui une "autocritique" publique sur la lutte armée et sa pratique dans le passé. Nos camarades du PST-U (section urugueyenne de la IVe Interationale) ont aussi demandé d'y adhérer.
5) C'est Raul Sendic, fondateur et leader historique du MNL-Tupamaros (emprisonné jusqu'en 1985) qui par ticipe depuis les années 60 au Mouvement de la terre doni il est l'un des dirigeants historiques. Il dirigea notamment le mouvement des travailleurs de la canne à sucre, dans la région de Bella Union (nord du re il était encore militant du FAD qui fut une des compoqui fut une des composantes essentielles du MNL. lors de sa création.
de notre passé. Ils exigent que nous présentions des candidats aux élections. Nous avons souvent appuyé des candidats, mais nous ne nous présentons pas. Ils exigent de nous des discours électoralistes et réformistes. Nous avons commencé un bilan autocritique à l'intérieur du MLN, nous ne l'avons pas fini. Mais nous n'allons pas tirer les mêmes conclusions
Le MLN ne présentera pas de candidats aux élections. Nous avons notre propre capital politique, et dans un pays où la recherche de voix pousse à des actes extrêmes, nous ne faisons pas cadeau des nôtres ! Nous sommes conscients que le climat électoral permet le travail politique et nous lui donnons l'importance qu'il mérite. Les élections représentent un thermomètre politique qui permet de calculer l'avancée de larges secteurs.
Mais nous ne courons pas après des postes officiels ! Il est important qu'il y ait des élus des secteurs populaires, et nous les appuyons.
Qui sait si nous pourrons entrer dans le F.A. ? Nous sommes un poids décisif. Par exemple pour l'élection municipale de Montevideo, nous représentons ou 40 000 voix et si le résultat n'est pas falsifié, nous pouvons être un facteur dé terminant. Nous devons donc agir avec soin. Le MLN a toujours eu une façon un peu "rude" de faire de la politique, il doit la garder. C'est un peu "l'éléphant dans le magasin de porcelaines", c'est un antid'échecs, le MLN - Tupamaros se réorganise. Quel bilan en tirez-vous ? Comment renaît le MLN dès 1985?
- L'échec de 1972 nous l'avons surtout ressenti comme un échec militaire. Du point de vue politique cela a été différent, même si nous avons disparu comme or-
AMRO> - SUELDOS Montevideo. Fresque du Frente Amplio ganisation. Il y a eu une terrible "diaspora" des Tupamaros, en prison, en exil partout dans le monde, et nous avons vécu des réalités très différentes pendant longtemps.
Quand le MLN a commencé à se réorganiser, à faire des réunions publiques, ce que nous appelons les "mateadas", ou à discuter dans les réunions du F.A. avec des syndicalistes, nous avons senti que quelque chose existait toujours autour de nous. Nous sommes donc arrivés à la conclusion que certains facteurs indispensables pour la réorganisation du MLN étaient
Notre trajectoire passée est bien évidement un élément de poids. Dans notre bilan autocritique nous reconnaissons que le travail de masse dans les années 70
Nous avons fait ce travail de masse avec notre appareil politico-militaire : de la propagande armée, des occupations d'usines, des discussions avec les travailleurs. Nous avions maintenu le travail de l'organisation légale du MLN à l'époque, le Mouvement du 26 mars. Nos camarades travaillaient dans les syndicats. Mais nous sommes conscients que c'était insuffisant, malgré les gens que nous draî-
Les camarades qui se sont intégrés après 1985 ne l'ont pas fait pour ce que nous faisions à l'époque (nous venions de démarrer !), mais à cause de ce que nous avions fait dans le passé. Les jeunes étaient toujours sensibles à ce qu'avait été le MLN dans le passé, à la problématique qu'il avait soulevée, notamment sur la
Par ailleurs, la répression a commis une grande erreur en Uruguay, contrairement à l'Argentine (et ils le savent !), en laissant vivre tant de nos camarades. En prison les militaires nous disaient souvent : "comme on n'a pas pu vous tuer à temps, nous allons vous rendre fous !". Ils ont développé toute une politique pour nous déstabiliser psychiquement. S'en
FONDO MONETARIO
DEUDA EXTERNA
DE HAMBRE Y DESOKUPAGION
NO PAGAR LA DEUDA
ROMPER DON ES
prenant à tous les militants, pas seulequi constituaient une sorte de "noyau".
Ces deux facteurs - le passé et les erreurs de la répression - expliquent ce phénomène de réorganisation et peuvent surprendre des mouvements révolutionnaires, même en Amérique latine.
La croissance du MLN dans les années 60-70, prouve que nous ne nous sommes pas trompés, notre poussée actuelle le confirme ! Il y a un espace politique en Uruguay pour une organisation comme nous, que nous soyons capables ou pas de l'occuper correctement, c'est un autre problème. Mais il y a une nécessité historique de ce type de mouvement, c'est évident. Le MLN est le fruit de décennies d'affrontements sociaux et de luttes en
Le MLN était né du regroupement de camarades qui venaient de différents secteurs de la gauche. Notre première Con vention (janvier 1966) suivait une période de discussion intense dans ce que nous appelions "la coordination" (el coordinador), qui regroupait des camarades en rupture avec le PS, le PC - regroupés dans ce qui s'appelait le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) - ou d'autres groupes comme Resistencia obrera qui est devenu le Mouvement d'action populaire (MAP), ainsi que des syndicalistes indépendants ou du FAU.
Dans cette "coordination" une analyse assez exhaustive de la réalité Uruguayenne, a été faite et nous en avons tiré des conclusions qui nous ont permis de créer le MLN, même si ces définitions étaient insuffisantes, comment le disent certains camarades (6). Ce qui a divisé notre première Convention c'était le problème de la nécessité ou pas d'une organisation politico-militaire. La discussion tournait autour de, la constitution d'un appareil politico-militaire ; celle d'un parti. C'est la première thèse qui l'a emporté en 66.
Le MLN tirait sa force de ses militants politiques expérimentés, mais ces origines diverses étaient aussi son talon d'Achille, nous n'avions pas eu le temps d'homogénéiser tout ça ! Il y a eu une dispersion du point de vue idéologique et politique à cause de nos origines diverses et la dictature, l'exil et la prison ne nous ont pas aidés. Mais si les résolutions écrites en 66 étaient insuffisantes, il faut se rappeler que le MLN se profilait comme organisation clandestine. Il fut connu par un accident imprévu au cours d'une opération armée ! Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Aujourd'hui nous avons formé des structures (Comité central et Comité exécutif). Dans ce cadre, nous, les "vieux" nous n'avons intégré que tout récemment
Montevideo, 12 septembre 1987 propos recueillis par C. Garmendia
6) La deuxième Convention (Congrès) du MIN dans la légalité a eu lieu en août 1987.