AUSTRALIE 200 ans? Rien à célébrer...
A l'heure où les puissances impérialistes se congratulent sur leur longévité d'exploiteurs et fêtent leurs anniversaires de conquistadors, l'Australie n'est pas en reste et vient, en fanfare, de célébrer 200 ans de génocide, de racisme et d'impérialisme.
Avec l'établissement de la ville de Sydney en 1788, c'est une guerre d'anéantissement qui commençait contre les peuples aborigènes qui habitaient la grande île et qui furent violés, tués, mis en esclavage, empoisonnés, chassés comme des animaux et dépossédés de leurs terres. Comme en Amérique et dans le Pacifique, les maladies introduites par les colonialistes ont tué une grande partie de la population indigène.
Depuis deux cents ans, les communautés aborigènes ont été spoliées de leurs terres, on leur a refusé le droit égal à l'emploi, les droits politiques, l'éducation. Au lieu de l'auto-détermination et de la restitution de leurs droits, ce bicentenaire a vu les brutalités policières et les dizaines d'aborigènes tués ou emprisonnés dans toute l'Australie. La maladie, la mortalité infantile et le malnutrition sont effrayantes même pour les pays les plus pauvres.
La dépossession, la marginalisation et l'appauvrissement des communautés aborigènes continuent aujourd'hui, justifiées par la propagande répandant l'image de leur arriération culturelle, de leur infériorité, de leur paresse. Les colons anglais ont établi une hiérarchie dans le racisme, les indigènes étant placés tout en bas et les immigrants en provenance d'autres pays que la mère-patrie venant occuper les échelons intermédiaires dans la
AL-MITRAQA N° 5 vient de paraître
Au sommaire de cette publication des organisations de la Quatrième internationale dans la région arabe
(Liban, Tunisie, Etat d'Israël) : - Le soulévement palestinien - Les contradictions politiques et sociales dans l'Etat d'Israël. - Liban : vers l'abîme. - Tunisie : Le coup d'Etat du 7 novembre. - L'impérialisme et la guerre du Golfe - Le discours de Gorbatchev sur l'histoire (SU de la Ql).
Pour toute commande ou correspondance, écrire à AL-MITRAQA, 2 rue Richard-Lenoir, 93108 MONTREUIL, FRANCE soumission. Le travail manuel mal payé a d'abord été réservé aux Irlandais, puis aux derniers arrivants : Européens de l'Est et du Sud, Arabes et Turcs, asiatiques du Sud-Est et îliens du Pacifique. L'hystérie raciste et les pogroms, tels les émeutes anti-chinoi-ses lors de la ruée vers l'or, ont éclaté à plusieurs reprises pendant 200 ans, le chauvinisme pénétrant souvent les rangs ouvriers.
Comme avec le racisme anti-Noirs, les idées de la suprématie anglo-saxonne et de l'assimilation ne sont que le sommet de l'iceberg du chômage, de la ségrégation dans le logement et l'éducation. Malgré des réformes, la politique d'immigration restrictive de l'Australie reste extrêmement raciste.
Née comme tête de point de l'Empire britannique, l'Australie est devenue une puissance impérialiste cadette avec des responsabilités régionales dans le Pacifique Sud et l'Asie du Sud-Est. Le capitalisme australien est l'ennemi des Papous, des Fidjiens, des Philippins, et plus récemment des travailleurs chiliens. Les troupes australiennes n'ont pas seulement servi l'Empire en Afrique du Sud, au Soudan et en Europe, elles ont aussi combattu les luttes de libération nationale en Malaisie, en Corée et au Vietnam. Les incursions militaires australiennes n'ont jamais été défensives, sauf, peut-on argumenter, contre l'impérialisme japonais rival dans les années 40. L'accueil des bases américaines fait partie d'un réseau nucléaire mondial opposé à la paix mondiale et à l'auto-détermination nationale.
Il n'y a donc rien à célébrer en 1988, si ce n'est 200 ans de rebellion, de luttes défensives de survie des communautés noires, de grèves, d'émeutes dans les prisons, de manifestations de femmes. Il n'y a qu'une seule façon de marquer le centenaire, dans le deuil et la lutte, c'est de rejoindre les aborigènes dans leur combat pour le droit à la terre, à la souveneraineté, au simple respect de leur existence.