FEMMES Avortement : toujours des problèmes
TOUS LES ANS, plus de 100 000 femmes se font avorter en Espagne mais seulement 18 000 ont pu le faire de façon légale depuis 1985, date à laquelle fut approuvée la loi de dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse. Seulement 5% des avortements sont pratiqués aujourd'hui dans les hôpitaux publics.
Il faut en chercher la raison dans les qu'exercent les milieux conservateurs. La répression qui s'exerce contre les médecins qui pratiquent des avortements hors des cas prévus par la loi (très stricte) va de paire avec la floraison de cliniques privées qui font payer très très cher aux femmes les carences du secteur public. Ainsi, alors qu'un gynécologue a été condamné en avril dernier à 4 ans de prison pour avoir avorté une enfant violée par son oncle, les cliniques privées gagnent l'équivalent de plus de 50 000 francs français par jour en pratiquant des
La situation varie selon les provinces
En Galice, seulement 5% des cas enregistrés entrent dans le cadre légal, la situation est particulièrement critique en Navarre, où l'Opus Dei est très fort, et ou le groupe réactionnaire Action familiale a réussi à paralyser quasi-totalement les interruptions de grossesses légales. Dans cette province seulement 4 gynécologues du secteur public ont osé s'affronter à ce lobby et pratiquent des avertements. Il n'ont cette année réussi qu'à faire 10 interventions alors que 1000 autres se faisaient dans la province de façon illégale dans le même temps.
Autre pays, autres problèmes : plus de 8 millions d'avortements sont pratiqués chaque année en Union soviétique qui compte 280 millions d'habitants. portage paru dans la revue Ogoniok, reprend en les analysant les chiffres donnés par l'Organisation mondiale de la santé. 30 millions d'interruptions de grossesse se pratiquent chaque année dans le monde, cela signifie qu'un quart d'entre est fait en URSS, alors que la population ne repré sente que 5 à 6% de la population du globe. L'URSS a une moyenne d'interruption de grossesses 6 fois supérieure à celle des pays capitalistes développés et ce, en raison du manque de contraceptifs ef-
Selon les statistiques, continue Ogoniok, un tiers des femmes âgées de 15 à 20 ans ont déjà eu un avortement. Entre 70 et 80% des jeunes filles qui sont enceintes pour la première fois interrompent leur grossesse, ce taux monte à 90% dans
Le journal met en avant le manque de politique de planning familial en URSS et la difficulté qu'éprouvent les femmes et les couples en général, pour avoir des enfants véritablement désirés quand ils le veulent.
La difficulté pour avoir accès aux méthodes contraceptives et l'utilisation de moyens traditionnels peu efficaces, font que l'avortement est en fait le moyen de contraception le plus fréquemment utilisé.
Selon l'auteur de l'article, Andrei Popov, médecin, en 1980, dans la fédération de Russie - la plus grande des 15 républiques soviétiques, seulement 25% de la demande en matière de contraceptifs est satisfaite ce qui signifie que "trois femmes sur quatre qui entrerent dans une pharmacie, en sortirent sans contraceptifs.
Dans l'ensemble, nous savons que sur cent femmes, 10 ont pu utiliser des moyens de prévention de la grossesse. Mais qu'est-il advenu des 90 autres ?
Nous arrivons à la conclusion que l'avortement en URSS est un des principaux moyens de planification familiale et, dans ce sens, notre pays est unique au monde", conclut l'auteur.
Plus de la moitié des gynécologues soviétiques se consacrent à pratiquer des avortements et un tiers du total en pratiquent de manière illégale et au tarif fort, bien évidemment et des dizaines de millions de roubles vont ainsi chaque année dans leurs poches.