ISRAEL Trafic de main-d'œuvre
DEPUIS LE DEBUT de l'Intifada en décembre 1987, beaucoup de travailleurs palestiniens ont manifesté leur opposition à l'occupation israélienne en arrêtant d'aller travailler en Israël même.
De telles actions sont extrêmement difficiles à mener : il n'existe pas de structures syndicales puissantes, pas de fonds de grève, les grévistes doivent subsister, tant bien que mal, eux et leurs familles, etc. Ces ouvriers subissent d'énormes pressions de la part des employeurs israé liens, de la police ou de l'armée, centaines d'entre eux, baptisés "meneurs" par les autorités, sont incarcérés.
En dépit de toutes ces pressions, le mouvement se poursuit et l'absence des travailleurs palestiniens se fait sentir sur l'économie israélienne, notamment dans l'agriculture et la construction où ils fournissaient d'habitude la main-d'œuvre bon marché assurant la forte rentabilité et la compétitivité de ces secteurs.
Depuis le début du soulèvement, les pertes des employeurs israéliens sont estimées à près de 100 millions de dollars. Les patrons ont commencé à faire pression sur le gouvernement pour obtenir la permission "d'importer" un grand nombre de travailleurs étrangers afin de remplacer les Palestiniens. Cette idée a obtenu le soutien d'Ariel Sharon (grand humaniste devant l'Eternel), qui est maintenant à la tête du ministère du Commerce et de
Le pays sur lequel Israël paraît avoir jeté son dévolu n'est autre que le Portugal. Déjà, des travailleurs portugais - qui jouent ainsi sans le savoir, un rôle peu glorieux de briseurs de grêve - commencent à arriver depuis quelques mois. Si les patrons israéliens parviennent à leur fin, c'est-à-dire à organiser le trafic à grande échelle, leur nombre devrait s'accroître en
forte proportion dans les mois qui viennent. Pour ceux qui sont d'ores et déjà sur place, la Terre promise est loin d'être le Paradis. Une large partie de leur salaire est déduite arbitrairement par les employeurs, pour "frais" en tous genres, et ils sont parqués dans des logements insalubres, dans la plus pure tradition des marchands de sommeil. Beaucoup d'entre eux, qui sont venus en Israël sur la base des promesses mirifiques de ces nouveaux marchands d'esclaves, souhaiteraient retourner au Portugal. Mais sans doute les patrons avaient-ils prévu leur réaction, puisque beaucoup de ces travailleurs se sont vu retirer leur passeport, afin de les empêcher de retourner au pays.
Les organisations qui en Israël soutiennent les Palestiniens des territoires occupés ont pris contact avec les syndicats et les organisations ouvrières portugaises afin d'agir ensemble.