AFRIQUE DU SUD Interdiction d'une conférence anti-apartheid
LA GRANDE CONFERENCE antiapartheid qui devait se tenir le 24 septembre au Cap a été interdite par le gouvernement sud-africain. Discutée au congrès du syndicat COSATU en juillet dernier, ce rassemblement devait permettre de réunir plusieurs dizaines d'organisations politiques, syndicales et associatives. Cinq cents délégués étaient attendus pour cette occasion. Le gouvernement a justifié cette décision en arguant que la conférence allait exercer une pression sur l'électorat pour le boycott des prochaines élections municipales. Plusieurs dirigeants syndicaux ont été assignés à résidence.
Prévue pour engager un grand débat sur les perspectives de la lutte contre l'apartheid et sur l'unité du mouvement de masse, cette réunion aurait pu constituer un événement de toute première importance. Le régime a craint que cette initiative ne relance les luttes au moment où il cherche à résoudre toute la question des réglements sur l'habitat (Group Area Act). Il est prêt, en effet, à légaliser l'ouverture de certains quartiers à toutes les races, reconnaissant ainsi une situation de fait. Mais il veut aussi user de tous les artifices pour réduire le nombre de ces non-Blancs habitant jusqu'à présent de manière "illégale" certains quartiers centraux des villes et qui estimés à 7 millions. Des réglements sanitaires ou de sécurité pourraient ainsi être utilisés pour vider certains im-
Il veut également accompagner ces réformes d'un durcissement de la ségrégation de l'habitat pour tout le reste des agglomérations urbaines. Ainsi son projet de loi prévoit qu'un Blanc qui louerait un logement à quelqu'un d'une autre "race" devrait payer une amende allant de 160 à 4 000 dollars. Il prévoit aussi que l'expulsion des intéressés serait beaucoup plus systématique qu'elle ne l'est maintenant. Les personnes demeurant ainsi hors de leur zone raciale sont approximativement estimées à 200 000. Le gouvernement entend aussi s'attaquer aux regroupements de squatters qui forment parfois des bidonvilles gigantesques dans des zones classées pour d'autres usages.