Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AMERIQUE LATINE

De plus en plus pauvres

Inprecor n° 275, 31 octobre 1988 · p. 26 · 373 mots

AMERIQUE LATINE De plus en plus pauvres

UN DOCUMENT préparé par le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), prouve qu'en Amé rique latine, les pauvres deviennent vraiment de plus en plus pauvres, alors que les riches deviennent de plus en plus

D'après ce rapport présenté à la première Conférence sur la pauvreté en Amérique latine, qui s'est tenue au mois d'août dernier à Cartagena (Colombie), à la suite d'une initiative lancée en 1986 par le Président colombien Virgilio Barco : de 1980 à nos jours, en huit ans, le nombre de pauvres en Amérique latine est passé de 130 à 165 millions, soit une augmentation de 27%. De 1960 à 1980, en vingt ans, il y avait eu une augmentation de 16%, le nombre de pauvres passant de 112 à 130 millions de personnes. Selon les estimations du PNUD, ils seront 240 millions en 1990, soit une augmentation de 45%.

Des critères très concrets ont été retenus pour définir la pauvreté : les sous-alimentés (40% des ménages) ; les chômeurs (44% de la force de travail est sans emploi ou sous-employée) ; les mal-logés (68 % de tous les logements). Même les pays relativement plus riches sont touchés. En Argentine, un ménage sur cinq (7,6 millions de personnes) vit dans un logement surpeuplé, dans des conditions hygiéniques déplorables, pas assez de revenus, et la scolarisation des enfants est insuffisante.

Parmi les pauvres, on peut distinguer cinq catégories: le secteur marginal, ceux qui ont hérité d'un état de "pauvreté

; les personnes touchées par la crise actuelle ; celles qui ont perdu leur emploi à cause de la disparition de certains secteurs économiques et l'introduction de technologies nouvelles ; les femmes et les enfants ; les populations indigènes ou d'autres couches soumises à des discriminations raciales, linguistiques, sociales ou historiques.

La situation des pauvres s'est aggravée avec la réduction drastique des investissements sociaux des dernières années. Le PNUD estime que la région a accumulé une dette sociale de 280 milliards de dollars, soit 40 % du Produit national brut (PNB) régional. Il est évident qu'il est impossible de s'acquitter à la fois de cette dette-là et de la dette extérieure qui s'élève à 410 milliards de dollars, soit 58 % du PNB régional.

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