AFRIQUE La peste des déchets
CONTRATS FRAUDULEUX camouflant les résidus en frêt utile, corruption de fonctionnaires et de gouvernements, décharge des fûts sur les plages, pollution des eaux et des terres sans surveillance, tels sont les ingrédients ordinaires du trafic de déchets toxiques en
Pour l'organisation écologiste Greenpeace c'est "l'absence de mécanismes et de volonté de contrôle des résidus, par les pays producteurs, qui rend possible
La seule chose que les autorités exigent des entreprises qui exportent des déchets toxiques au moment de la sortie des cargos marchands contenant des fûts de résidus est un contrat signé par le gouvernement du pays de réception confirmant son acceptation du chargement.
Pour accorder l'autorisation de sortie, le cadre légal actuel considère comme valables des descriptions aussi générales que "matières organiques, ordures industrielles ou matière inerte", ce qui comprend aussi les substances radioactives, souligne Greenpeace.
A Koko, localité de l'Etat nigérian de Bendel, on a récemment déchargé 4 000 tonnes de produits hautement toxiques. Le gouvernement nigérian a dénoncé le contrat dont il s'avéra que le signataire, l'importateur, lié à l'italien Ambrosini, chef de la "mafia des déchets", était le patron d'une entreprise de construction au capital italien, résidant au Nigéria de puis vingt ans "Ce dernier avait une licence de notre gouvernement pour importer huit catégories de marchandises, mais à la condition qu'elles n'aient pas de caractère toxique, radioactif ni explosif", affirme l'ambassadeur du Nigéria à
Le navire Zanoobia, naviguant sous drapeau syrien, et qui transportait ces déchets a erré pendant 14 mois à la recherche d'un port acceptant cette cargaison mortelle. Il a finalement dû revenir à son port italien de départ, Carrare, où les hommes d'équipage de ce navire fantôme, qui commençaient à souffrir d'inflammations des pieds, de douleurs à l'estomac et de nausées dues à l'effet des toxiques transportés, ont obtenu la permission de débarquer et de se faire soigner.
Les substances reconnues par la législation européenne comme toxiques et dangereuses, métaux pesants, cyanures, composés organiques et inorganiques, organochlores, composés pharmaceutiques, etc., sont en général des produits qui ne se dégradent pas dans le milieu ambiant et causent de graves dommages à tous les êtres vi-
Beaucoup gardent leur toxicité de façon permanente et peuvent provoquer des cancers et des altérations génétiques.
Deux autres cas connus concernent deux cargos allemands, le Karin B. et le Deep sea carrier qui naviguaient dans les eaux internationales après avoir tenté -en vain - de décharger au Nicaragua des résidus toxiques provenant d'industries européennes
La Guinée équatoriale est récemment devenue un haut lieu de la mafia des déchets toxiques. Ainsi la petite île d'Annobon a vu arriver une escouade de prisonniers de droit commun, dont il s'avérerait aujourd'hui qu'ils sont chargés de construire l'infrastructure nécessaire au déchargement de milliers de tonnes de déchets toxiques. Un accord signé entre le Président Obiang et une entreprise nord-américaine, prévoit en effet de déposer 7 millions de tonnes de résidus en dix ans, dont certains suspects d'être radioactifs. Il semble qu'Obiang ait perçu 1,6 million de dollars rien que pour le premier envoi de ces déchets. Il est prévu une cargaison de 720 000 tonnes par an.
Certaines sociétés occidentales ont récemment reconnu qu'elles s'intéressaient à ce projet. Avec cet accord, la Guinée équatoriale fait désormais partie du groupe des pays africains, Bénin, Congo, Guinée Bissau, Gabon, Sénégal, Nigéria, Zimbabwe, Guinée Conakry et
Afrique du Sud, qui se sont transformés en dépotoirs d'ordures toxiques et dangereuses en provenance des pays développés, dans beaucoup de cas contre leur volonté.. et toujours à l'insu de leurs populations.