AFRIQUE DU SUD Nelson Mandela en résidence surveillée NELSON MANDELA, malade et âgé de soixante-dix ans, vient d'être placé dans une clinique du Cap. Selon le gouvernement sud-africain, il ne serait plus question de le renvoyer dans sa prison, une fois convalescent. Condamné à perpétuité pour "haute trahison", Mandela est en prison depuis 24 ans. Il symbolise l'irréductible opposition entre le régime d'apartheid et le mouvement national noir. Après avoir refusé pendant des années, tout éventuelle grâce, le régime de Prétoria avait fini par proposer son élargissement s'il renonçait aux thèses de l'ANC sur la violence.
Aujourd'hui, le gouvernement sud-africain prend une initiative plutôt spectaculaire alors que le mouvement de masse marque le pas. Depuis un an, Botha souffle le chaud et le froid. D'un côté, il promulgue une nouvelle loi du travail anti-syndicale et répressive, il multiplie les entraves aux activités de mouvements comme le COSATU et le Front uni démocratique (UDF) et, de l'autre, il accepte la fin de la ségrégation dans certaines zones commerciales, entame les négociations sur la Namibie et, voici quelques jours, accorde la grâce des "Six de Sharpeville" Il est significatif qu'une partie de l'électorat afrikaner tend à glisser vers la droite au profit du Parti conservateur alors qu'une partie de l'électorat traditionnel du parti libéral PFP s'est reportée sur le Parti national de Botha. La semi-libération de Nelson Mandela a donc une signification contradictoire. Mais cela ne retire rien au fait que sans la solidarité internationale, elle n'aurait jamais eu lieu. C'est précidément parce que Mandela est un symbole que Prétoria a pris cette décision. *