APRES PLUS DE DEUX ANNEES pasMayekiso et ses co-accusés, Paul Tshabalala, Richard Mdakane, Obed Bapela et Mzwanele Mayekiso (son frère cadet), ont été libérés sous caution le 12 décembre
Mayekiso, ancien mineur, puis ouvrier à l'usine d'automobile de Toyota, avait organisé le Syndicat des métallurgistes et travailleurs assimilés (MAWU). Il fut le représentant du MAWU lors des discussions pour l'unité syndicale qui conduit à la formation du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU). Par la suite, le Syndicat des travailleurs de la métallurgie (NUMSA), second syndicat en importance du COSATU, élut Mayekiso comme secrétaire général en
Mayekiso a joué un rôle important dans les luttes au township d'Alexandra, après la grève générale du Transvaal de septembre 1984 et également lors de la "guerre des six jours", en février 1985. Il fut arrêté et torturé plusieurs fois.
Sa dernière arrestation remonte au 12 juin 1986, à son retour de Suède. Il fut détenu sans charges jusqu'à la fin de cette année, par la suite, il fut inculpé par la Cour suprême de Johannesburg de "trahison" puis de "subversion" et de "sédition", et risquait la peine de mort.
Il était accusé d'avoir rendu ingouvernables les quartiers résidentiels d'Alexandra en "établissant des organes de pouvoir populaire", en organisants les habitants, en lançant un "boycott des loyers" etc.
Sa libération est donc une victoire pour tous ceux qui se sont impliqués dans l'importante campagne de solidarité internationale qui s'est organisée pour exiger cette libération. Mais sa remise en liberté sous caution est assujettie à des conditions draconiennes. Le Cour suprême qui a décidé d'ajourner son procès jusqu'en février 1989, lui a interdit, ainsi qu'à ses coaccusés, d'entrer ou de séjourner dans le township d'Alexandra ; de tenir des réunions ou rassemblements avec plus de 10 personnes ; de donner une quelconque interview à la presse ou de tenir une conférence de presse ; de quitter la région de Witwatersrand sans autorisation de l'officier chargé de l'enquête sur leur cas. Par ailleurs, les 5 devront se présenter tous les jours à la station de police de la ville de Hillbrow où ils sont assignés à résidence.
En revanche, le 8 décembre 1988, le plus long procès de l'histoire de l'Afrique du Sud, s'est terminé trois ans après avoir commencé à la Cour suprême de Pretoria. 4 dirigeants du Front démocratique uni (UDF) ont été condamnés : 12 ans de prison pour Patrick Lekota, secrétaire général de I'UDF, 10 ans de prison pour Popo Molefe, secrétaire aux relations publiques et Moss Chikane, secrétaire du Transvaal , 6 ans de prison pour Thomas Manthata. militants anti-apartheid furent condamnés à des peines plus légères, 11 ont été relâchés. Ils risquaient tous la peine de mort.
Les militants inculpés étaient accusés d'avoir participé aux actions de protestation organisées en septembre 1984 à Vaal, dans le triangle à l'est de Johannesburg. •