Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MEXIQUE

Un militant du PRT enlevé

Inprecor n° 279, 9 janvier 1989 · p. 28 · 978 mots

Mexique

A Amnesty international A toutes les organisations de défense des droits de l'Homme A toutes les organisations politiques et syndicales du Mexique et du monde

E CAMARADE José Ramon Garcia Gomez, ancien candidat à la mairie de la ville de Cuautla, dans l'Etat de Morelos, organisateur des Comités de défense de la volonté populaire, créés après le 6 juillet 1988 et dirigeant du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT) dans l'Etat de Morelos, a été enlevé, le vendredi 16 décembre 1988, à 17 heures,

L'enlèvement s'est produit alors qu'il sortait de chez lui, rue Privada de las Palmas, numéro 56, Colonia San José, pour se rendre à une réunion du Front cardéniste de Morelos, dans le centre ville.

Il voyageait seul dans une automobile de marque Volkswagen, modèle 1976 de couleur noire, immatriculée UPW 272 dans l'Etat de Quintana Roo.

Le jour de son enlèvement, son domicile personnel a été surveillé durant toute la matinée par six agents en civils, répartis en deux automobiles, une Ford Fairmont et une Volkswagen, toutes deux blanches et sans plaque d'immatriculation. Les policiers avaient passé la matinée à interroger les voisins sur la vie personnelle et familiale du camarade enlevé.

Nous savons aussi, par des déclarations de la police locale, que d'autres détentions illicites du même type ont eu lieu sur ordre du secrétariat à l'Intérieur du gouvernement (équivalent du ministère de l'Intérieur, ndlr). Aucune procédure judiciaire n'est en cours, aujourd'hui, contre le camarade. Il n'a commis aucun délit. A moins que l'on ne considère comme tel son activité politique contre la fraude électorale.

Pour notre part, nous nous sommes entretenus avec le ministre de l'Intérieur du pays et avec le gouverneur de l'Etat de Morelos qui, l'un comme l'autre, nient avoir connaissance de ces faits, nient l'avoir détenu. Par contre, ils assurent étrangement avoir eu connaissance du fait, qu'au moment de son enlèvement, le camarade disparu se rendait à une réunion dans un autre Etat de la République, l'Etat de Guerrero, à Atoyac, connu comme étant un centre d'activité de groupes de guérilleros.

Nous réfutons cette affirmation policière qui ne vise qu'à couvrir l'enlèvement et à justifier une répression brutale contre notre camarade dirigeant.

Nous informons qu'en ce moment-même, face à la gravité des faits que nous dénonçons, nous sommes en train de demander auprès de la Chambre des députés de

MEXIQUE

JOSE RAMON GARCIA

GOMEZ, dirigeant dans l'Etat de Morelos, du Parti revolutionnaire des travailleurs (PRT) a été enlevé à son domicile le 16 décembre 1988

Sa temme et ses camarades ont lance un appel à l'opinion publique mexicaine et

Internationale pour sa reapparition en vie

Cuauhtemoc Cardenas et

Rosario Ibarra de Piedra, tous deux candidats aux élections présidentielles de juillet 1988,

Monseigneur Mendes

Arceo, évêque de Cuernavaca, ainsi que de nombreux députés fédéraux et des milliers de travailleurs et jeunes du Mexique

Tont déia signé.

la nation, que soit constituée une commission d'enquête sur ces graves événements.

Nous exigeons du gouvernement de Salinas de Gortari la libération immédiate et la réapparition en vie de notre camarade.

C'est pourquoi nous nous adressons à la communauté internationale pour demander sa solidarité immédiate avec notre cause qui est la défense pleine et entière des droits de l'Homme au Mexique, pour que soient organisées des démonstrations et des campagnes de solidarité devant toutes les amgouvernement mexicain à bassades du l'étranger, avec rassemblements et envois de télégrammes à Salinas de Gortari, pour que notre camarade J. R. Garcia Gomez réapparaisse sain et sauf et soit immédiatement remis en liberté.

Signatures :

Ana Santander de Garcia,

Raul Quijada, PRT de Cuautla,

Pour tous renseignements et correspondance :

Victoria Melgar Oberschmidt

93270 Sevran FRANCE

Tel (33-1) 43 85 84 71

L A REACTION à la disparition de

José Ramon Garcia a été immédiate, massive et multiple, à l'image de la puissance du mouvement populaire de Morelos. Des manifestations simultanées ont eu lieu le 18 décembre, à Cuautla et Cuernavaca, la capitale de l'Etat de Morelos. Du 19 au 23 décembre, les autres dirigeants du mouvement populaire ont fait la grève de la faim. Les membres du Comité de base de l'Eglise ont envoyé une pétition à l'évêque de Cuernavaca pour qu'il

Un rassemblement populaire, présidé par Ana Santander de Garcia, sa femme, Cuauhtemoc Cardenas et Rosario Ibarra, tous deux candidats à la présidence de la République, a réuni 4 000 personnes le 24 décembre, pour exiger sa libération immé diate. Dans les jours qui ont suivi, les militants du PRT à Cuernavaca, ont été harcelés par la police qui voulait les forcer à cesser leurs activités et les locaux du PRT à Cuernavaca ont été saccagés, tout le maté riel de propagande de la campagne sur Ramon Garcia a été détruit.

A Mexico, le PRT a interpellé les députés. 4 fractions parlementaires ont présenté une motion à la Chambre pour demander que la Commission des droits de l'Homme du Parlement prenne l'affaire en charge. Cette Commission a envoyé des lettres au secrétariat de l'Intérieur et au gouverneur de Morelos pour exiger une enquête. Devant la pression des forces populaire, le 29 décembre, le secrétaire à l'Intérieur a convoqué le Gouverneur de Morelos et le Procureur gé néral fédéral. Le lendemain, le Gouverneur a nommé un inspecteur spécial pour enquêter sur cette affaire.

Des centaines de militants de syndicats, d'organisations de masse, de partis politiques de gauche ou d'organisations d'Indiens "disparaissent" chaque année au Mexique et dans les autres pays d'Amérique latine. On recense actuellement près de 800 disparus au Mexique.

Pour exiger la réapparition en vie de José Ramon, des télégrammes doivent être immédiatement envoyés à :

- Carlos Salinas de Gortari, Presidente Constitucional Estados Unidos Mexicanos, Palacio Nacional, Mexico, D.F., Mexique ;

- Fernando Gutierrez Barrios, Secretario de Gobernacion, Bucareli

99, Mexico, D.F., Mexique ;

- Antonio Riva Palacio Lopez,

Gobernador Constitucional Estado de Morelos,

Palacio de Gobierno, Cuernavaca,

Morelos, Mexique.

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