LE 9 FEVRIER, les forces de la police spéciale péruvienne ont investi les locaux de la Confédération paysanne du Pérou (CCP) à Pulcallpa. Notre camarade Hugo Blanco, secrétaire à l'organisation de la CCP a été alors arrêté avec Luis Testa de la Torre, secrétaire départemental de la CCP et militant du Parti d'unité mariatéguiste. (PUM)
S ELON DES TEMOINS, Hugo a
été tondu et encagoulé, ce qui laisse à penser que la police entendait le faire "disparaître", c'est-à-dire, l'assassiner.
Pendant près de 48H, nous avons été sans nouvelles de lui, la police et l'armée niant l'avoir en leur pouvoir. Dans la soirée du 10 février la CCP nous a informés que les forces spéciales reconnaissaient détenir Hugo Blanco. II est emprisonné au secret à Pulcallpa, accusé de "rébellion armée".
La CCP nous a fait savoir que la police prétendait l'avoir arrêté à la tête d'un "commando armé" paysan, en possession d'une mitraillette et laissait entendre qu'il serait lié au Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA), une organisation de guérilla péruvienne.
Ces assertions sont fausses mais le gouvernement du "démocrate" Alan Garcia qui est au mieux avec l'Internationale socialiste dont l'APRA est membre, n'est pas à un mensonge près.
Hugo Blanco est internationalement connu comme dirigeant révolutionnaire et dirigeant paysan.
Il est pour la première fois emprisonné de 1966 à 1969, alors qu'il dirige les occupations de terre dans la vallée de la Convenciòn. Condamné à mort par les militaires, il est libéré en 1969 grâce à une grande campagne internationale.
Un révolutionnaire exemplaire
En 1973, il est de nouveau arrêté et expulsé vers le Chili. Lors du coup d'Etat de Pinochet, il est expulsé vers la Suède. De retour au Pérou, il est élu député au Parlement. Malgré cela, il sera de nouveau déporté. il est de nouveau élu député de 1980 à 1985.
Le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), la section péruvienne de la IVe Internationale, décide alors de rentrer dans le PUM et Hugo siège au Comité central. Mais, surtout il s'investit dans la CCP.
Les réactions internationales à son incarcération ne se sont pas fait attendre. Les sections de la IVe Internationale y ont investi toutes leurs forces dès le 9 février.
• En Suède - où vécut Hugo Blanco - un rassemblement a été organisé à l'initiative de nos camarades, de la Jeunesse communiste et d'associations protestantes. Le Parti communiste a posé une question au Parlement suédois quant à son sort. Nos camarades et la famille de Hugo ont entrepris des démarches auprès de la socialdémocratie et du gouvernement.
• Amnesty International a immédiatement réagi ; la Croix-Rouge a fait de même.
• En Belgique, nos camarades ont déposé une requête auprès du Parlement européen.
• En Suisse, nos camarades ont contacté le Parti socialiste, dont la sec-
Il faut
sauver
Hugo
Blanco !
tion de Genève a demandé une entrevue à l'ambassade du Pérou.
• En Allemagne, les Verts ont déposé une requête auprès du Parlement européen. Plusieurs rassemblements ont été organisés.
• En Espagne, nos camarades de la LCR ont aussitôt informé le PSOE, le PCE, I'UGT et les Commissions ouvrières. Un rassemblement s'est tenu le 13 février à Madrid.
• En France, une délégation conduite par le représentant de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), celui de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et Alain Krivine pour la LCR, s'est rendue le 13 février à l'ambassade du Pérou. Des contacts ont été pris pour que le PS intervienne auprès de l'APRA.
• En Amérique latine et aux EtatsUnis, de nombreuses réactions de protestations ont été enregistrées.
Seule, une campagne internationale
A cette riposte fait écho l'organisation d'une grève générale au Pérou contre les exactions de la police et l'armée.
On apprenait que dans la nuit du 13 au 14 février, le dirigeant du syndicat des mineurs, Saùl Cantoral, avait été assassiné, sans doute par un escadron de la mort lié à l'APRA, le commando Rodrigo Franco. Ce meurtre ne peut qu'aggraver nos craintes pour la vie d'Hugo Blanco.
Voilà vingt ans, une campagne internationale avait arraché notre camarade des mains des militaires. Aujourd'hui encore, seules la mobilisation et la solidarité peuvent le sauver.