adopter, à une majorité des deux tiers, la constitution du futur prochain. L'avènement du nouveau gouvernement devrait avoir cantonnées dans deux bases. Plus de 40 000 réfugiés doivent réforme institutionnelle pré-électorale reste à la discrétion de contesté par l'Organisation des peuples du sud-ouest africain
La SWAPO tentera, à l'occasion des élections, de faire légitimer avec un programme économique modéré que la SWAPO aborde réduire au maximum le nombre de voix qui se porteront sur les listes de la SWAPO, et de saboter le processus d'indépendance.
Déjà, les sud-africains nés en Namibie, où qui y ont vécu durant
Par ailleurs, l'assassinat d'Anton Lubowski, l'un des principaux quelques jours avant le retour de Sam Nujoma, président de la
NAMIBIE
Menaces contre le processus d'indépendance
LES ELECTIONS pour une assemblée constituante qui devrait
Etat indépendant de Namibie, auront lieu le 6 novembre lieu en avril de l'année prochaine. Entre temps, les forces sud-africaines devraient être réduites à 1 500 hommes, et pouvoir rentrer dans le pays et s'inscrire sur les listes électorales avant septembre. Une série de lois ségrégationnistes ont été abolies. Mais l'étendue de cette l'administrateur général sud-africain, Louis Pienaar, et du commissaire des Nations Unies, Marti Ahtisaari, ce qui est
(SWAPO), la principale organisation nationaliste sa représentativité populaire parmi la population noire. C'est cette échéance.
L'Afrique du Sud s'emploit, malgré cela, à tout faire pour ces quatres dernières années, sont encouragés à voter.
dirigeants de la SWAPO, le 12 septembre dernier (c'est-à-dire
SWAPO), montre que l'Afrique du Sud et ses partisans en
Namibie ne vont reculer devant rien pour empêcher le succès de la SWAPO.
Ros YOUNG
ANGOLA
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NAMIBIE
18K AVANGO
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Port Elizabeth
Ier octobre 1989
S OUS PRETEXTE de la présen-
Ice de l'Armée Populaire de Libération de la Namibie (PLAN) sur le territoire namibien - autrement dit, en invoquant l'argument que les combattants de la SWAPO se seraient "infiltrés" dans le pays — l'armée sud-africaine a rompu le cessez-le-feu établi le 1er avril, et lancé soudainement une offensive contre les positions du PLAN avec l'accord des Nations-Unies (ONU). Fort du soutien du Premier ministre britannique, Margaret Thatcher, le gouvernement sud-africain a poussé le représentant de l'ONU en Namibie, Martti Ahtissari, à approuver l'intervention de la police, puis de l'armée sud-africaine contre les combattants namibiens.
A travers cette attaque soigneusement orchestrée, les gouvernements de l'Afrique du Sud, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, avec l'appui de la presse internationale, se sont unis pour dénoncer la SWAPO comme étant la seule responsable de la rupture du cessez-le-feu. La SWAPO a été accusée de ne pas avoir respecté la Résolution 435 du Conseil de Sécurité de l'ONU ainsi que les accords de Genève, et en conséquence, de mettre en danger le processus de l'indépendance.
Le but de cette opération était d'isoler la SWAPO sur le plan international. De plus, le régime sud-africain a saisi la possibilité de tester jusqu'à quel point il pouvait manipuler les forces de paix des Nations Unies (UN Transition Assistance Group, UNTAG), afin de rétablir son contrôle sur le processus d'indépendance. Au lieu de soutenir la SWAPO, la majorité des organes de presse internationaux ont accepté la version des événements donnée par l'Afrique du Sud. La machine de propagande sud-africaine a habilement présenté sa propre armée (South African Defence Force, SADF) comme la victime d'une "invasion" de la SWAPO, en la transformant ainsi en défenseur de la démocratie et de l'intégrité de la Namibie. De cette manière, le fait fondamental de la guerre et de l'occupation illégale du pays par l'Afrique du Sud a été complètement escamoté.
Les reculades de l'ONU
Les querelles diplomatiques qui ont suivi les événements portaient sur l'approvisionnement des forces du PLAN dans le cadre du projet de l'ONU pour l'indépendance de la Namibie, sur la résolution 435 (avec tous ses annexes) et sur les accords signés l'année dernière concernant les négociations de paix entre l'Angola, Cuba et l'Afrique du Sud (voir Inprecor numéro 282 du 20 février 1989).
Le gouvernement sud-africain prétend, sans disposer d'aucune preuve, que les combattants de la SWAPO se seraient trouvés en Angola, au nord du 16e parallèle, au moment du cessez-le-feu. En effet, la résolution 435 de l'ONU prévoit l'installation des forces du PLAN seulement dans les bases namibiennes
sous contrôle de l'UNTAG. En dépit de la farouche opposition sud-africaine à cette décision, elle n'a pas été renversée au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. Toutefois, jusqu'au dernier moment, l'ONU a esquivé la question, posée avec force par la SWAPO, de préciser les conditions d'application de cette résolution (1).
La SWAPO a même été accusée de ne pas avoir respecté le Protocole de Genève du 5 août 1988 (signé par l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba), à savoir, un document secret qu'elle n'avait pas signé. Contrairement aux déclarations de l'Etat sud-africain, les accords de Genève ne concernent que les forces du PLAN déjà stationnées en Angola au moment du cessez-le-feu en Namibie, et leur installation en Angola au nord du 16e parallèle (2).
L'Afrique du Sud a essayé d'exploiter cette situation nouvelle afin de modifier en sa faveur les rapports de forces vis-à-vis du PLAN. Cependant, les évé nements ont pris une autre tournure. Les forces du PLAN (soutenues par leurs ré serves installées en Angola) ont repoussé vaillamment l'armée sud-africaine, au point qu'elle n'a pas pu - comme elle aurait voulu - cacher ses lourdes pertes. Tandis que les corps des combattants du PLAN, des civils - et même des Noirs des SADF — étaient déchargés hativement dans des fosses communes, les corps des blancs des SADF étaient ramenés en Afrique du Sud, et enterrés avec tous les honneurs.
L'opération tourne
Au bout d'une semaine d'âpres combats, Sam Nujoma, président SWAPO, déclarait le 4 avril que son mouvement rappelait tous les combattants présents en Namibie afin de "ne pas donner de prétexte à l'Afrique du Sud pour bloquer le processus d'indépendance" (3).
Des réunions de la Commission de conjointe Joint Commission, JMC), composée par Cuba, l'Angola et l'Afrique du Sud, se sont déroulées durant les mois d'avril et de mai, afin d'arrêter les affrontements et permettre au processus de paix de reprendre son cours. La SWAPO n'a pas participé à ces réunions, auxquelles asl'ONU, les Etats-Unis et l'Union soviétique. Elles ont débouché sur des décisions clairement favorables à l'Afrique du Sud, connues sous le nom de "Déclaration du mont Edjo" (d'après le lieu de la conférence). Dans ce cadre on demanda aux combattants du PLAN de quitter la Namibie et de rendre leurs armes aux forces de l'UNTAG, qui leur auraient servi d'escorte pour leur retour en Angola. Cet accord ne fournissait aucune garantie concernant leur intégrité physique et n'imposait aucune restriction à l'installation des troupes sud-africaines (4).
Toute l'opération tourna à la farce. Le SADF (y compris son unité anti-émeute tristement célèbre) apparut dans tous les centres de rassemblement et, bientôt, surgirent des querelles entre le gouvernement sud-africain et l'ONU au sujet des conditions de retrait du PLAN. Autrement dit, la question était de savoir si ses forces devaient se "rendre" et si elles devaient être "interrogées" par le SADF avant d'être livrée à l'UNTAG.
Bien que ces propositions de l'Afrique du Sud furent rejetés, le fait qu'elles puissent être avancées avec une telle arrogance et, surtout, "soutenues" par un large déploiement de troupes, amena les représentants de la SWAPO à considérer tout cela comme un piège. Par conséquent, ils ordonnèrent à leurs unités de rentrer directement en Angola. Seuls cinq combattants blessés furent retrouvés dans les centres de rassemblement.
La Déclaration du mont Edjo
Selon une déclaration de l'Union Nationale des Travailleurs Namibiens (NUNW), rendue publique au mois d'avril : "Ces accords (du mont Edjo) constituent une preuve supplémentaire du mépris avec lequel certains pays considerent la souveraineté du peuple namibien et sa lutte de libération. Les ac cords du mont Edjo avaient pour but de résoudre le problème de la présence armée de la SWAPO en Namibie. Mais la SWAPO - la principale partie en cause dans toute cette question — n'y fut pas invitée"(5).
Avec la faillite de la Déclaration du mont Edjo, et sous la pression du régime sud-africain, selon lequel le processus de paix ne pouvait pas aboutir à cause de la présence des combattants de la SWAPO dans le territoire, un nouveau meeting du JMC se réunit, le 20 avril, à Ruacana, à la frontière entre l'Angola et la Namibie. On décida alors de confiner les troupes sud-africaines bases pendant 60 heures, à partir du 26 avril, afin de permettre aux combattants d'évacuer le pays sans entraves. s'agissait, en réalité, d'une condition imposée par la SWAPO, lors d'une réunion avec les représentants africains, et qui avait eu lieu deux jours auparavant. Puisque les délais se révélèrent insuffisants, le 28 avril une nouvelle réunion au Cap décida de prolonger la mesure jusqu'au 13 mai. Mais, en même temps, le JRM permit aux patrouilles du SADF de sortir de leurs bases pour "vérifier" le déroulement du retrait des combattants. Cela signifiait donner carte blanche à l'armée sud-africaine pour poursuivre sa tactique de terreur à l'égard de la population locale.
1) Background to the fighting in northern Namibia, SWAPO, Londres, 3 avril 1989.
3) Déclaration à la presse de Sam Nujoma, Président
4) Mount Edjo declaration, Namibie, 9 avril 1989
5) Namibian Workers call for solidarity, rapport du
l'URSS, Cuba et l'Angola "lâchent" la Namibie
Il faut maintenant répondre à une question : pourquoi l'Angola, Cuba et l'URSS ont-ils accepté de telles décisions favorables à l'Afrique du Sud? Premièrement, sur le plan du conflit régional, leur objectif principal était la fin de l'agression sud-africaine contre l'Angola. L'indépendance de la Namibie apparaît à leurs yeux comme un problème secondaire, ou même comme un moyen pour atteindre ce but prioritaire. Le gouvernement angolais craignait fortement que l'Afrique du Sud puisse utiliser le prétexte du conflit au nord de la Namibie pour lancer une autre invasion de l'Angola. Deuxièmement, cette attitude pourrait être aussi le produit d'une incompréhension de la réalité namibienne, voire d'une sous-estimation des dévastations et des ravages faits par l'Afrique du Sud.
En dépit des déclarations du Secrétaire général de l'ONU, Perez de Cuellar, qui a critiqué la décision du JMC permettant aux patrouilles sud-africaines de "vérifier" la réalisation des accords, il est évident que l'attitude globale des Nations Unies est celle de parvenir à un règlement du conflit namibien qui serait favorable aux puissances impérialistes. L'UNTAG a été durement critiqué pour son inefficacité et son incompétence. La responsabilité de cette faillite du rôle de l'UNTAG est liée à la décision des cinq membres permanents de l'ONU (EtatsUnis, URSS, Grand-Bretagne, France et Chine) de réduire son contingent de 7 500 à 4 650 hommes, ainsi que son budget. Ils ont aussi exclu la Suède de l'UNTAG, en acceptant l'argument de l'Afrique du Sud selon lequel ce pays appuyerait la SWAPO. Par conséquent, aujourd'hui en Namibie, personne ne se fait plus d'illusions sur le rôle de l'ONU.
Il a fallu une décade pour que la résolution 435 du Conseil de Sécurité de l'ONU commence à être appliquée, et sans doute peu de gens seraient disposés à parier sur son accomplissement. La SWAPO considère cette résolution comme un "énorme compromis" qu'elle a été obligée d'accepter, pour ne pas ap-
- VOICI NOTAE SAUVEUR LE CMEVALIER BLANC paraître comme un obstacle au processus d'indépendance de la Namibie.
En réalité, cette résolution n'est que la version édulcorée d'une résolution précédante (385), approuvé par le Conseil de sécurité en 1976. La résolution 435 fut élaborée par le Groupe de contact occidental, actuellement périmé, en collaboration avec l'Afrique du Sud. Ses concessions à l'égard de cette dernière sont évidentes. Par exemple, elle attribue à l'ONU un rôle de contrôle sur le déroulement des élections qui, en revanche, devraient être organisées par l'Administrateur colonial de l'Afrique du Sud en Namibie, Louis Pie-
Par conséquent, SWAPO été absente des négociations de paix entamées depuis juillet-août 1982. De son côté l'Afrique du Sud, soutenue par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, ayant déclaré qu'elle ne siégerait pas à la même table que la SWAPO, celle-ci n'a donc pas participé aux récentes négociations de paix entre Cuba, l'Angola et l'Afrique du Sud sur la Namibie.
Le spectre d'une crise révolutionnaire
En dépit de tous ces obstacles, l'indépendance de la Namibie peut réalisé, aussi et surtout, grâce au développement du mouvement social en Namibie lors des deux dernières années. A ce propos, un élément important - souvent ignoré — est le débat qui secoue actuellement la SWAPO elle-même et l'approfondissement des mouvements de masse des étudiants et des tra-
La renaissance, dès 1986, de l'Union naux affiliés, ainsi que la montée de l'Organisation nationale des étudiants namibiens (NANSO), ont placé le gouvernement sud-africain et ses alliés occidentaux face à une alternative : soit continuer la guerre, l'exploitation et la répression, jusqu'à l'éclatement d'une crise révolutionnaire dans un futur assez proche, soit accepter les plans de l'ONU
NAMIBIA tout en œuvrant pour que rien ne change après l'octroi de l'indépendance.
Les syndicats et le mouvement des étudiants soutiennent fermement la SWAPO et considèrent la création d'un gouvernement de cette organisation comme la seule alternative viable à l'occupation sud-africaine. Les mobilisations de masse de ces deux mouvements se sont poursuivies après le 1er avril pour protester contre la présence sud-africaine en Namibie et contre ses tentatives de sabotage des élections.
Manifestations massives
Le 18 mai, plus de 19 000 étudiants sont descendus dans les rues pour entamer une grève contre les actions répressives de la police sud-africaine. De son côté, la NUNW avait organisé le 1er avril, une manifestation de 20 000 personnes contre le projet sud-africain de nationaliser la plupart des services publiques namibiens. Dans la région de Kavango, le syndicat des enseignants et celui des travailleurs des services publiques ont organisé, ensemble, une grève contre le licenciement des enseignants et en soutien aux luttes estudiantines.
Il faut ajouter à cela les succès de l'aile militaire de la SWAPO contre l'armée sud-africaine, pourtant mieux équipée. Il suffit de voir le renforcement incessant de l'armée sud-africaine en Namibie pour comprendre que ses déclarations sur la défaite du PLAN ne sont qu'un vœux pieux. Ces dernières ont été très actives dans des actions de sabotage visant des cibles militaires et économiques. Bien que la SWAPO n'ait pas créé de "zones libérées" à l'intérieur du pays, il est tout à fait évident qu'elle n'aurait pu développer, ni poursuivre une lutte armée si longue et dure sans le soutien massif de la population rurale (et surtout des femmes). Cela s'explique aussi par le fait que, en particulier dans le nord, ses combattants sont très souvent d'origine paysanne et peuvent bénéficier de l'aide logistique de leurs familles. De plus, les civils qui manifestaient un certain scepticisme à l'égard du PLAN, ont été poussés à le soutenir, en
raison de la brutalité de la répression sud-africaine.
Cette situation se combine avec l'affaiblissement de l'économie caine dû à la chute du prix de l'or et aux effets des sanctions. Le régime sud-africain doit payer un prix de plus en plus élevé pour l'occupation de la Namibie et la poursuite de la guerre contre l'Angola. La défaite infligée à son armée, l'année dernière en Angola, par les troupes angolaises et cubaines, ainsi que la victoire remportée par le PLAN à Cuito Canavale, ont poussé les Sud-Africains à reprendre les négociations (voir "Angola l'accord tripartite". Inprecor numéro 282
Le retrait des troupes cubaines d'Angola
Soutenu par les Etats-Unis et la Grand-Bretagne, le régime sud-africain pouvait négocier avec l'Angola et Cuba sur la base d'une position de force, en dépit de son affaiblissement militaire. Les Etats-Unis et l'Afrique du Sud parvinrent ainsi, en échange de l'indépendance de la Namibie, à atteindre leur but traditionnel : le retrait des troupes cubaines de l'Angola.
Cet accord fut chaleureusement appuyé par Margaret Thatcher, qui crut y trouver une confirmation de l'efficacité de sa politique de la "diplomatie deviendra un argument à exploiter par les capitalistes afin d'abandonner les sanctions et d'oublier l'apartheid. En effet, l'Afrique du Sud est déjà prête à utiliser l'indépendance de la Namibie pour obtenir de nouveaux crédits bancaires sur le plan international. D'autre part, l'URSS — à la fois pour développer sa politique de rapprochement avec l'Occident et pour réduire de manière drastique son intervention financière et économique en Afrique méridionale, notamment en Angola - est à l'origine des concessions faites à Pretoria, par les Angolais et les Cubains. La Namibie n'est plus qu'un pion dans ce jeu.
Un des pires éléments de la résolution 435, est l'ambiguité à propos de la reconnaissance de la souveraineté namibienne sur Walvis Bay et les îles du littoral. Par conséquent, l'Afrique du Sud refuse de reconnaître ces territoires comme appartenant à la Namibie. Walvis Bay représente le seul port du pays s'ouvrant sur des eaux profondes et la seule alternative au transport par les chemins de fer, à travers l'Afrique du Sud. Ici transitent environ 86 % des exportations de la Namibie (notamment uranium, diamants, et autres minéraux), et se trouvent les seules industries de traitement et d'emballage du poisson. Walvis Bay et plusieurs iles du littoral furent annexées par l'Afrique du Sud, en 1977 (sur la base d'un accord colonial britannique du XIXe
Maintenant, africain affirme vouloir négocier le destin de Walvis Bay et des îles avec un gouvernement "ami".
Les résidents de Walvis Bay (environ 20 000 personnes) élections, mais les électeurs noirs - qui constituent plus de la moitié de la population et soutiennent dans leur grande majorité la SWAPO — se rendront presque certainement en Namibie pour voter. Les Sud-Africains veulent garder le contrôle de Walvis Bay même après la déclaration formelle de l'indépendance afin de pouvoir étrangler économiquement la Namibie au cas où un gouvernement de la SWAPO devait mener une politique opposée à ses intérets.
D'autre part, Walvis Bay est le siège principal des installations militaires du SADF, et c'est ici que ses troupes se sont retirées, au lieu de quitter la Namibie comme prévu par l'ONU. Il semble que le gouvernement sud-africain ait depensé 22 millions de rands (environ 11 million de dollars) afin de renforcer et mieux équiper ses installations militaires dans cette enclave. Il a aussi délimité une zone de 300 km autour de la côte de Walvis Bay et des îles, interdisant ainsi la pêche namibienne. Dans une résolution séparée de 1978 (432), le Conseil de sécurité des Nations Unies déclarait ce territoire comme appartenant intégralement à la Namibie et demandait son rattachement au reste du pays. Mais rien n'a été entrepris pour l'appliquer. En particulier, les Etats-Unis et la GrandeBretagne (qui étaient renseignés sur les mouvements dans l'Océan indien et l'Atlantique méridional, grâce aux radars des navires sud-africains stationnées à Walvis Bay) ne prirent pas la moindre initiative dans ce sens (7). Lors de la guerre des Malouines, la flotte britannique put utiliser les installations africaines de Walvis Bay comme base
Le Kœvot, l'unité anti-émeute de sud-africaine, représente un autre aspect fondamental du conflit. Créé en 1979 par le ministère de la Défense, et fort de 3 000 hommes, sa fonction devrait être de dénicher les combattants du PLAN, mais en réalité, son activité principale se réduit à la répression et à l'exercice de la terreur contre la population civile qui soutient la SWAPO. La liste des tortures, des meurtres, des destruction de villages, avec les corps des combattants de la SWAPO liés aux véhicules militaires et d'autres horreurs de ce genre ne fait qu'augmenter (8).
Ces actes de brutalité sont perpétrés par des officiers sud-africains blancs, par des Namibiens noirs (dans la plupart des cas issus des provinces d'Ovambo et Kavango) et par des Angolais, ex-militants de l'UNITA et du FNLA (9). Selon les plans de 'ONU, le Kovct devait être dissout, mais en réalité, ses membres furent incorporés dans forces de la police locale sud-africaine
| (SWAPOL), sous prétexte de les employer à des fins civiques et d'empêcher leurs actions armées contre la SWAPO pendant la campagne électorale
Le résultat est qu'aujourd'hui le Kœvot est responsable du maintien "de la loi et de l'ordre" lors de la campagne électorale. Aucune pression n'a été faite ni sur l'Afrique du Sud ni sur son agent namibien, Louis Pienaar, dans le but de dissoudre le Kœevot. De leur côté, les forces de paix de l'ONU demeurent pathétiquement inefficaces face aux centaines de cas d'intimidations et de violences effectués par le Kœvot et l'armée sud-africaine depuis le er avril dernier.
D'ailleurs, le déroulement des élections n'est pas encore tout à fait clair. Le 24 avril, Pienaar a rendu publique la procédure des élections. Du premier coup, cela paraît assez raisonnable : le droit de vote est fixé à 18 ans. Pour voter, il faut être né en Namibie ou être le fils naturel de quelqu'un né en Namibie, ou encore être résident dans le pays depuis quatre ans (avec le droit de procéder en appel dans un délai de 21 jours, en cas de non-enregistrement ou de refus).
Des élections suspectes
Mais les omissions sont inquiétantes. Le projet de loi électorale ne prévoit pas l'enregistrement des électeurs par ordre alphabétique, ce qui constitue la condition fondamentale de toute élection sérieuse. Il n'y a donc aucun moyen de savoir si quelqu'un a été rayé de la liste, ni si d'autres y ont été enregistrés plusieurs fois. Récemment, des membres SADF ont été vus dans les cimetières en transcrivant les noms gravés sur les tombes... on peut bien s'imaginer dans quel but ! De plus, le contrôle des papiers d'identité demeure très vague.
Si le projet de loi électorale n'est pas modifié, il est évident que le vote ne sera pas "libre et impartial" (10). Le représentant de l'ONU doit maintenant approuver la proposition de Pienaar concernant les élections et, sur la base de l'expérience passée, il est peu probable qu'il s'y oppose.
En même temps, l'Afrique du Sud cherche à enregistrer sur la liste électorale, un grand nombre de non-Namibiens, tels que les bandits angolais de l'UNITA ou des militaires des troupes d'occupation. D'autre part, la poursuite de la terreur dans le pays a empêché jusqu'à maintenant, le retour des exilés namibiens (dans la plupart des cas,
6) Déclaration du secrétaire général pour les consultations informelles du Conseil de sécurité, 4 mai 1989.
7) "Walvis Bay threat to SWAPO", Alternet, 26 mai 1989.
8) "Dreaded Kavct to help with UN plan ?", Action on Namibia, Spring 1989.
9) UNITA : Front national pour l'indépendance totale de l'Angola ; FNLA : Front de Libération nationale de l'Angola. Courants nationalistes reactionnaires, soutenus par les Etats-Unis et l'Afrique du Sud.
10) International Newsbriefing on Namibia, Londres, mai 1989. L'ébauche de la Déclaration a été refusé par la SWAPO, le NUNW, le Conseil namibien des Eglises et le Centre d'assistance légale, mais on n'en connait pas encore le sort définitif.
membres de la SWAPO), qui aurait dû commencer le 15 mai, mais qui a été enfin renvoyé indéfiniment par le Haut commissariat des réfugiés de l'ONU (UNHCR). La prolongation de ce délai est évidemment favorable à l'Afrique du Sud. Le retour du groupe dirigeant de la SWAPO, et notamment du président Sam Nujoma, soulèveront inévitablement un grand mouvement populaire. Actuellement, 40 000 exilés namibiens ont présenté une demande de retour auprès de l'UNHCR, et le quartier général de la SWAPO, installé provisoirement à Luanda, a déclaré être prêt à retourner dans le pays après l'établissement d'un pont aérien (11).
Refus d'abroger
Les centres de rapatriement ont été établis dans le pays par le Conseil des Eglises en Namibie, qui agit en tant que collaborateur de l'UNHCR. Il s'agira de la plus importante opération de rapatriement par pont aérien, effectuée jusqu'à maintenant par le UNHCR en Afrique. Mais des fortes réserves demeurent au sujet de la sécurité des exilés dans ces centres, à cause de l'activité du Kœevot. Le retard dans le processus de rapatriement est lié aussi au refus de Pienaar d'abroger toute une série de lois racistes et opprimantes, comme prévu par la résolution 435, sous prétexte qu'il ne faudrait abolir que les lois concernant les élections. Par exemple, il a refusé de supprimer la loi AG8, qui établit la ségrégation raciale dans les écoles, et des administrations "ethniques" séparées. Le 6 juin dernier, l'amnistie a été proclamée pour tous les militants de la SWAPO arrêtés en Namibie et 36 lois racistes (sur les 59 existantes) ont été supprimées Mais la loi AG8 demeure toujours en vi-
Puisque le régime sud-africain admet que des élections "libres et impartiales" donneront la victoire à la SWAPO, il cherche maintenant à en limiter la portée. Les élections se dérouleront sur une base proportionnelle et une majorité de deux tiers de l'Assemblée constituante sera nécessaire pour l'approbation de
Si seulement la SWAPO frôle, sans l'atteindre, le deux tiers de l'Assemblée, elle sera l'otage des petits partis alliés à l'Afrique du Sud qui exerceront leur droit de veto sur chacune de ses propositions. L'approbation de constitution sera vraisemblablement un beaucoup plus prévu par les accords de l'ONU. Et encore il ne faut pas exclure la possibilité d'une nouvelle invasion du pays par l'Afrique du Sud, ni une intensification des actions du Kævæt et du SWAPOL déstabiliser, déjà expérimenté en Angola et au Mo-
Plus de 50 partis participent aux élections, avec des listes indépendantes ou dans le cadre d'alliances, ce qui représente un nombre fantastique pour un pays dont la population ne dépasse pas 1,5 millions d'habitants. Dans la plupart des cas, ces partis sont petits, ont une base ethnique locale et une influence très faible. Depuis août 1988, Louis Pienaar cherche à les unir dans un front commun opposé à la SWAPO.
Sabotage des élections
Le principal SWAPO est l'Alliance démocratique de Turnhalle (DTA). Non pas à cause de son influence parmi la population (en réalité très faible), mais plutôt à cause des millions de rands qu'il reçoit de l'Afrique du Sud. Il s'agit d'une organisation totalement alliée au régime de Prétoria et soutenue activement par le SADF et le Kœvct. En 1978, la DTA fut installée au "gouvernement" par l'Afrique du Sud, mais son action fut rapidement paralysée par le boycottage de la SWAPO.
Un soutien financier est aussi donné à la DTA par ses sympathisants d'extrême droite ouest-allemands. La DTA s'est souvent distinguée pour ses actions répressives contre la SWAPO. Elle possède sa propre "force de police" et ses T-shirts sont portés par les troupes du Kœevot et du SADF lors des mee-
L'essentiel de l'économie namibienne est contrôlée par des puissances étrangères comme l'Afrique du Sud et la Grande-Bretagne. Avant de démissionner, en mars dernier, le gouvernement fantoche de l'Afrique du Sud a élaboré un plan prévoyant la privatisation de tous les services publics, y compris la santé, les postes et télécommunications, l'eau et les transports. Le NUNW, la fédération des syndicats, a justement dénoncé cette mesure comme une tentative de boycottage du processus d'indépendance et a lancé la menace d'une grève générale au cas où le projet n'était
Si ces privatisations sont effectuées avant les élections, les Sud-Africains seront en mesure de boycotter tous les services essentiels. D'autre part, leur éventuelle re-nationalisation, après les élections, ne se ferait sans doute pas sans une compensation financière très onéreuse pour le futur gouvernement de
La campagne électorale a été ouverte officiellement le 1er juillet, avec un scénario marqué par l'affrontement entre deux forces principales : la SWAPO et l'Afrique du Sud. Malgré sa propagande tapageuse, toute la stratégie de la DTA se réduit à essayer de limiter l'ampleur de la victoire de la SWAPO, qui a de fortes chances de s'imposer (13).
11) Finalement, le rapatriement d'une partie du groupe dirigeant de la SWAPO a eu lieu le 12 juin (voir "SWAPO leaders home from exile to start poll préparations*, Financial Times du 19 juin 1989). Sous la pression de l'Afrique du Sud, l'UNHCR n'a pas permis aux représentants de l'Eglise namibienne de rencontrer les exilés rapatriés dans les cinq points
12) "Namibia's election line-up", Action on Namibia,
13) Un aspect de cette politique de "diviser pour régner", visant surtout l'opinion publique internationale, con-
En effet, la SWAPO représente le seul véritable mouvement national en Namibie. Comme dans tout mouvement national, il inclue un large spectre de courants politiques, parmi lesquels une mouvance socialiste de gauche très iml'indépendance, SWAPO devra gérer la situation peu enviable d'un pays dont l'économie est complètement Sud (la plupart des aliments et des biens de large consommation sont importés de l'Afrique du Sud). Dans l'immédiat, la SWAPO dispose de marges nœuvre très limitées. Dans ces conditions, elle a déjà affirmé sa volonté de maintenir un système d"économie mixte" dans le pays, de ne pas nationaliser les compagnies étrangères et de se borner à exproprier les latifundia des propriétaires absentéistes (14). En tirant la leçon des destructions provoquées par l'exode massif des forces coloniales en Angola et au Mozambique, La SWAPO tente maintenant de rassurer la communauté blanche inquiète pour son avenir dans une Namibie indépendante.
La lutte se poursuivra après l'indépendance
La lutte se poursuivra certainement après la déclaration formelle de l'indépendance. Dans un premier temps, la tâche principale de la SWAPO ne sera pas celle de nationaliser les multinationales, mais plutôt celle de développer la participation des masses à la reconstruction du pays et de stimuler leur auto-organisation afin que la majorité noire puisse avancer ses propres revendications et défendre le nouvel Etat indépen-
La SWAPO a l'avantage de pouvoir tirer les leçons des autres pays africains devenus indépendants dans la récente période. Si la SWAPO réussi à maintenir son influence de masse, et à expliquer à la population quels sont les choix possibles à chaque étape, et comment les réaliser, elle pourrait alors résister à toute tentative de destabilisation. Dans ce cadre, elle doit respecter l'indépendance des mouvements syndical et étudiant, et appuyer la construction d'un Ceci dit, l'avenir de la Namibie, ainsi que des autres Etats de la région, reste lié à la défaite du capitalisme en Afrique du
Julllet 1989 siste à présenter la SWAPO comme une organisation tribale" de l'ethnie Ovambo située dans le nord du pays. Cette affirmation est démentie par le large soutien quotidien de l'ensemble de la population noire de la Namibie.
14) "Namibia's economic prospects brighten up", Luanda, 28 novembre 1988 (il s'agit d'un document du Bureau politique du Comité central de la SWAPO). Selon une estimailon dela SWAPO, les latifundia appartenant aux propriétaires absentéistes atteignent 48% des fermes gérées par les Blancs. Voir aussi "La SWAPO joue la modération". Le Mondedu 6 juillet 1989.